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Pendant la grande peste de Marseille, l’Église était là

Vitrail représentant un malade de la peste dans la collégiale Notre-Dame des Marais (Villefranche-sur-Saône).

Face au coronavirus, plusieurs évêques de France ont pris des mesures de protection. Mais ce n’est pas la première fois que le pays doit faire face à une épidémie. Il y a tout juste trois siècles, les évêques avaient déjà dû réagir pendant la peste en Provence et dans le Languedoc.

Alors que plusieurs diocèses de France ont mis en place des mesures afin de limiter la propagation du coronavirus, ce n’est pas la première fois que l’Église de France doit faire face à une épidémie. En 1720, une épidémie de peste sème la terreur dans le Midi de la France, gagnant Marseille et s’étendant jusqu’à Arles. On raconte que le fléau tue plus de mille personnes chaque jour. Mais même au plus fort de l’horreur, de nombreux religieux et hommes d’Église se sont distingués par le soin apporté aux malades.

À Marseille, le comportement exemplaire des jésuites et des dominicains leur vaudra un éloge public. Mgr de Belsunce, évêque de la ville, se fait lui aussi remarquer pour son dévouement auprès des malades, lui qui leur rend visite malgré le risque terrible de contagion pour leur administrer les derniers sacrements. Le 1er novembre 1720, il consacre sa ville au Sacré-Cœur de Jésus et partage son patrimoine afin d’apporter une aide matérielle à ceux qui en ont besoin. On rapporte qu’une cinquantaine de religieux, comme le jésuite Claude-François Millet, meurent au cours de l’épidémie pour avoir été au chevet des pestiférés.

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Mgr Jacques de Forbin Janson, archevêque d’Arles, semble avoir agi à l’instar de Mgr de Belsunce avec lequel il correspond. On raconte qu’il se démène au service des malades. L’abbé Trichaud, historien de l’Église d’Arles, « transmet l’image d’un prélat parcourant les rues d’Arles et allant auprès des moribonds, vendant ses chevaux, ses voitures, son argenterie pour venir en aide à la population. Tous ses domestiques seraient morts et il dut aller se réfugier dans la maison de son archidiacre, l’abbé de Saint-Andiol ». Cependant, ses sources ne sont pas connues et des versions contradictoires existent.

Détail insolite, en raison du caractère exceptionnel de l’épidémie, l’évêque permet de « faire gras » pendant le Carême – même le vendredi – dans les lieux touchés par la contagion. Il organise plusieurs processions en l’honneur de saint Roch, avec exposition de ses reliques, et fait également faire un vœu à saint François Régis dans l’église des jésuites. Imitant Mgr de Belsunce, il introduit le culte au Sacré-Cœur de Jésus dans son diocèse et organise une procession d’action de grâces une fois l’épidémie terminée.

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