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Cet ordre qui a presque vu le jour dans un resto

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Photo d'illustration.

Encore actifs dans différents pays du pays du monde, les religieux de Saint-Vincent de Paul fêtent les 175 ans de leur fondation. Saviez-vous que sans une rencontre informelle au restaurant, cette oeuvre n’aurait peut-être jamais vu le jour ?

Il y a 175 ans, naissaient les religieux de Saint-Vincent de Paul. Cet ordre qui a pour mission d’évangéliser les familles des milieux populaires compte aujourd’hui 184 religieux actifs dans le monde. Cette fondation n’aurait sans doute pas vu le jour sans… un passage au restaurant. Taratata, on vous explique.

La congrégation doit beaucoup au vénérable Jean-Léon Le Prevost. Dans les années 1830, ce trentenaire originaire de Normandie, homme de lettres émigré à la capitale, fréquente les théâtres et les cercles littéraires où se croisent artistes et penseurs tels que Franz Liszt, Henri Lacordaire et Frédéric Ozanam. On y discute poésie, politique, romantisme naissant, catholicisme… En France, à ce moment-là, avec les débuts de l’industrialisation et l’exode rural, la société se transforme radicalement. Se construisent d’un côté une riche bourgeoisie industrielle, de l’autre une classe ouvrière précaire. En 1833, Frédéric Ozanam, figure de proue du catholicisme social, lance la Conférence de charité qui deviendra plus tard la Société Saint-Vincent de Paul, au service des personnes en situation précaire.

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Bref, il y a fort à faire, et c’est ce qui remplit le cœur de Jean-Léon Le Prevost. Converti récemment, il souhaite vivre sa foi plus concrètement. C’est dans un restaurant de la rue des Canettes (VIe), situé à quelques encablures de l’église Saint-Sulpice, que tout va se jouer. Ce troquet est en effet fréquenté par Frédéric Ozanam et sa bande d’amis. Et si les deux jeunes gens s’étaient déjà croisés dans les salons littéraires, c’est ici même qu’ils font plus ample connaissance et que Le Prevost est invité à rejoindre les rangs de la petite société naissante au détour d’une rencontre. Comme quoi, Dieu parle par l’assiette.

Il s’y engage avec zèle durant plus de dix ans, s’occupant des malades, des orphelins, des enfants qui travaillent dans des conditions misérables. Et c’est fort de cette expérience qu’il sent un appel à fonder « une société nouvelle de religieux qui soient entièrement consacrés à ces œuvres [… ]. Ce serait là, ami, les vrais moines du dix-neuvième siècle ». Le 3 mars 1845, Jean-Léon Le Prevost, Clément Myionnet et Maurice Maignen, trois laïcs, se recueillent devant la châsse de saint Vincent de Paul, rue de Sèvres (Paris) et reçoivent la bénédiction de Mgr Angebault, évêque d’Angers. C’est le tout début des religieux de Saint-Vincent de Paulls essaiment ensuite au Brésil, au Canada, en Italie, au Congo, en Côte d’Ivoire.

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