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Les reliques, support de la foi des croyants

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Depuis le Moyen Âge, le corps des saints et les lieux de pèlerinage sont des sources immuables de ferveur. Afin de les protéger et de les honorer avec respect, des joyaux inestimables ont été conçus pour contenir toutes formes de reliques : les reliquaires. Petit tour d’horizon de la relation de l’homme à ces objets précieux.

Les reliques, du latin reliquiae, « restes », sont des biens matériels ou des parties du corps laissés par une personne vénérée. Dans la tradition catholique, en l’occurrence, il s’agira par exemple du crâne ou autres ossements d’un saint. Il suffit parfois d’un morceau de tissu d’un vêtement qu’a porté un saint ou bien d’un objet lui ayant appartenu. Si le Moyen Âge est la période faste des reliques cette pratique existe toujours. Elle a gagné en pratique à la période du haut Moyen Âge avec le culte des saints et des martyrs.
Mais il faut remonter aux martyrs des premiers siècles pour connaître l’origine du culte des reliques. Les catholiques venaient prier et entendre la messe sur leurs tombeaux. Nombre d’églises en possèdent, de plus ou moins anciennes. Le 29 juin dernier, le pape François lui-même offrait un reliquaire avec des ossements de saint Pierre au patriarche œcuménique Bartholomeos Ier de Constantinople. Récemment encore, des reliques du père Jerzy Popieluszko, de saint Jean Paul II ou encore des saints époux Martin ont été exposées à la vue des fidèles.

Entre dévotion, miracles et ferveur

Les principales reliques sont évidemment celles du Christ et comptent parmi les plus nombreuses de la chrétienté. C’est par exemple en l’honneur de la Sainte Couronne et d’un fragment de la Vraie Croix que le roi saint Louis édifia à Paris la Sainte-Chapelle, consacrée en 1248. Si la vénération des reliques est un véritable support à la foi des fidèles c’est aussi grâce aux nombreux miracles qu’on leur attribue (ou à la foi qu’elles ont en tout cas suscitée). Parmi eux, la guérison probante de Pauline Jaricot, en 1835, grâce aux reliques de la petite sainte du curé d’Ars : sainte Philomène, vierge et martyre des premiers siècles. Frappée d’une maladie de poitrine et contrainte à rester en fauteuil, elle obtint sa guérison après une journée entière de prière auprès des reliques de la sainte. De retour en France, elle fit connaître sainte Philomène au curé d’Ars, qui ne se lassa pas de recevoir ses grâces.

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D’autres miracles lui sont attribués suite à la vénération de ses reliques. Ceux-ci commencent le jour où Don François de Lucia, prêtre de Mugnano (Italie), recherche un reliquaire pour son église. Touchée par son nom, il porte son choix sur les reliques de sainte Philomène qui iront alors dans l’Église des Grâces de Mugnano. À son arrivée, une succession de miracles surviennent aussitôt, suite à la prière fervente de certains fidèles venus s’y recueillir : la guérison d’une enfant aveugle, celle d’un fils estropié ou encore d’un homme impotent depuis plusieurs mois. Ceci est un exemple parmi tant d’autres, tant les grâces sont courantes après la vénération d’une relique.

Les reliques, signe d’un humanisme chrétien

La vénération des reliques s’inscrit dans la continuité de la vie sacramentelle de l’Église tout en restant distincte des sacramentaux. Ceux-ci sont en effet bien définis par l’Église et ne sauraient se mélanger à toute forme d’émergence de croyance populaire. Les sacramentaux désignent toute sorte de bénédiction, telle une dédicace d’église ou la bénédiction des saintes huiles pour les objets, ou celle qui a vocation à consacrer une personne à Dieu (à ne pas confondre avec l’ordination sacramentelle) ou encore la prière d’exorcisme. Le Catéchisme de l’Église catholique (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1674) précise ainsi que « la catéchèse doit tenir compte des formes de la piété des fidèles et de la religiosité populaire. Le sens religieux du peuple chrétien a, de tout temps, trouvé son expression dans des formes variées de piété qui entourent la vie sacramentelle de l’Église, tels que la vénération des reliques, les visites aux sanctuaires, les pèlerinages, les processions, le rosaire, les médailles etc. ».

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Afin d’en expliquer la légitimité, le texte ne manque pas de préciser que l’acception de la religiosité populaire est « un ensemble de valeurs qui, avec sagesse chrétienne, répond aux grandes interrogations de l’existence. Le bon sens populaire catholique est fait de capacité de synthèse pour l’existence. C’est ainsi qu’il fait aller ensemble, de façon créative, le divin et l’humain, le Christ et Marie, l’esprit et le corps, la communion et l’institution (…). Cette sagesse est un humanisme chrétien mais aussi pour le peuple un principe de discernement, un instinct évangélique qui lui fait percevoir spontanément quand l’Évangile est le premier servi dans l’Église, ou quand il est vidé de son contenu et asphyxié par d’autres intérêts. »
Forte de ce pan de la culture chrétienne, l’Europe possède un grand nombre de reliquaires plus ou moins fastueux. Le MuCEM de Marseille expose d’ailleurs actuellement, jusqu’au 2 septembre, une série de reliquaires venus des quatre coins de l’Europe. On peut y voir une boîte-reliquaire qui contient des souvenirs de lieux saints visités comme le Saint-Sépulcre ou le tombeau de Lazare ; des bras-reliquaires qui empruntent leur forme à la relique qu’ils contiennent (le bras étant un reste insigne, au même titre que le cœur, la tête, la langue, la main ou la jambe) ; un reliquaire en forme d’ostensoir afin de magnifier la relique en lieu et place du corps du Christ.
Les incroyables reliques retrouvées par sainte Hélène en Terre Sainte :
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