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Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi : « Une unique vie, faite des mêmes aspirations et des mêmes buts »

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DES COUPLES QUI INSPIRENT (4/5) Chaque semaine pendant l’été, Aleteia vous propose de découvrir la vie d’un couple inspirant. Premiers époux à être béatifiés en tant que couple par Jean Paul II en 2001, Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi ont mené « une vie ordinaire vécue de façon extraordinaire », selon les mots du Pape lors de leur béatification. Ils sont la preuve éclatante que malgré les tribulations de la vie conjugale, la sainteté est accessible en couple.

Ce n’est pas un hasard si la fête des bienheureux époux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi a été fixée au jour de leur mariage, le 25 novembre. De cette manière, Jean Paul II a montré que la béatification peut être atteinte en couple et que le mariage est un chemin de sanctification. Lors de la cérémonie, le Pape s’est ainsi adressé aux familles : « Nous avons aujourd’hui une confirmation singulière du fait que le chemin de sainteté accompli ensemble, comme couple, est possible, beau, extraordinairement fécond, et qu’il est fondamental pour le bien de la famille, de l’Église et de la société ».

Luigi, avocat romain de la première moitié du XXe siècle, et Maria, femme de lettres diplômée d’une école de commerce, parents de quatre enfants, sont un magnifique exemple de couple profondément uni, dont les buts ultimes étaient la foi, l’espérance et la charité.

Une relation de couple exemplaire mais pas « toute rose » non plus

On aurait tendance à imaginer que le quotidien d’un couple proclamé bienheureux ne soit que vie de prière intense et communion parfaite entre les époux, le tout auréolé d’un puissant amour à la limite de la mièvrerie. Or il n’en est rien. Si le couple Quattrocchi est d’une incontestable exemplarité, il a dû faire face, comme tout couple, à quelques adaptations.
Exemplarité d’abord dans le profond respect qu’ils se portaient mutuellement et dans l’attention qu’ils prêtaient l’un à l’autre. Après la mort de son mari, Maria écrira :

« Nous avions tout en commun, dans un échange constant de valeurs effectives et affectives, avec une unique vie, faite des mêmes aspirations et des mêmes buts, dans un respect réciproque et un immense amour. Chaque moment de conversation, d’échange, d’attention mutuelle, de proximité, avait une saveur de nouveauté. Au cours de ce presque demi-siècle de vie commune, je l’affirme devant Dieu, nous n’avons jamais connu un moment d’ennui, de satiété, de fatigue ».

Un de leurs enfants renchérit en témoignant de la charité présente au sein même du couple : « Leur vie de couple fut un véritable concours de respect, de donation, de dépendance amoureuse et d’obéissance réciproque, dans une recherche commune de ce qui était le mieux pour l’autre ». Amour et charité qui n’ont pas empêché quelques points de désaccord. Comme par exemple le tabac. Fumeur invétéré depuis sa jeunesse, Luigi a arrêté de fumer à la naissance de leur aîné, pour montrer l’exemple. Puis il a repris une fois les enfants grands, au grand dam de Maria ! Cependant, les dissensions ne duraient guère longtemps, grâce aux pardons demandés et octroyés, et à la force puisée dans leur vie spirituelle.

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Autre sujet d’adaptation : leur cheminement spirituel, pas toujours au même rythme. Tous deux membres du Tiers-Ordre franciscain, Luigi et Maria menaient une vie très pieuse. Tous les soirs, la famille récitait le Rosaire, et tous les matins, le couple assistait à la messe. Maria raconte : « La journée commençait ainsi : messe et communion ensemble. Sortis de l’église, il me disait bonjour comme si la journée ne commençait que maintenant ». Tous les mois, ils faisaient une retraite ensemble à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Cependant, en août 1918, Luigi passa par une période difficile que l’un de ses fils évoque ainsi : « Notre père a traversé un moment de crise spirituelle aiguë, liée à la rude ascèse spirituelle entamée par sa femme sous l’impulsion apostolique du père Mateo. Il s’est laissé prendre par un moment de découragement et il a fini par avoir « peur de Dieu », presque comme d’un rival qui, attirant trop haut son épouse, la lui dérobait d’une certaine manière. » Mais le couple avait le ressort nécessaire pour traverser cette épreuve. C’est son épouse, finalement, qui « l’a aidé à dépasser cet obstacle dû à la nature et à se laisser, lui aussi, attirer par l’Esprit ».

Des époux bienheureux mais non dénués d’émotions

Ce n’est pas parce qu’ils sont bienheureux qu’ils n’ont pas éprouvé de sentiments contradictoires, que l’on pourrait juger indignes d’eux ! Oui, Luigi et Maria ont été véritablement ouverts à la vie et l’ont prouvé par le sacrifice admirable qu’ils étaient prêts à faire en refusant l’avortement malgré les complications de la quatrième grossesse. Néanmoins, Maria ne fut pas épargnée par le désarroi qui l’envahit quand elle apprit qu’elle attendait leur deuxième enfant. « Qui me donnera la force de penser à deux enfants? De supporter la fatigue physique et physiologique de la grossesse et du reste? Crois bien que je suis vraiment désespérée », écrit-elle à son mari en déplacement en Sicile.

Courtesy of The Association of Luigi and Maria Beltrame Quattrocchi
Luigi and Maria Quattrocchi

Quant à Luigi, il semble que l’entrée en religion de ses enfants ait été à la fois une grande joie et une véritable épreuve. La même année, en 1922, les deux garçons, Filippo et Cesarino, ont manifesté le désir de se donner à Dieu. Le premier rentra au séminaire et le second se fit moine bénédictin. « Le départ de la maison des deux garçons produisit un vide énorme », raconte leur sœur Stefania. « Celui qui s’en ressentit le plus, jusqu’à en avoir des maux physiques, ce fut papa ». Puis en 1927, c’est au tour de Stefania d’embrasser la vie religieuse au couvent des Bénédictines de Milan. Enrichetta, la petite dernière, qui deviendra laïque consacrée, rapporte : « Le départ de ma sœur fit dans le cœur de papa une déchirure extrêmement violente. J’ai encore dans les yeux, à plus de soixante-dix ans de distance, les pleurs silencieux et pudiques de mon père agenouillé, tandis que de l’autre côté de la grille, se déroulait la cérémonie de prise d’habit de sa fille ».

Foi, espérance et charité

Les époux Quattrocchi ont fait des trois vertus théologales les maîtres-mots de leur existence. Ils témoignent en effet d’une vie de foi hors du commun, nourrie quotidiennement par l’Eucharistie, la prière et les sacrements. Une foi incroyablement féconde puisque tous leurs enfants vouèrent leur vie au Christ. « De ce terrain spirituel si fertile sont nées des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, qui démontrent combien le mariage et la virginité, à partir de leur enracinement commun dans l’amour sponsal du Seigneur, sont intimement liés et s’illuminent réciproquement », dira le Pape Jean Paul II dans son homélie de béatification. Une foi à la fois discrète et lumineuse, comme en témoigne cet ami de Luigi, athée et franc-maçon, se confiant à l’un des fils Quattrocchi : « Vois-tu, durant toutes ces années où nous avons travaillé ensemble, ton père ne m’a jamais cassé les pieds avec des sermons. Mais je veux te dire que c’est par sa vie que j’ai découvert Dieu et que j’ai aimé l’Évangile ».


Ils ont également manifesté une espérance à toute épreuve, cristallisée dans le choix que le couple a posé lorsque la quatrième grossesse, ainsi que la vie de Maria, étaient fortement compromises en raison d’une anomalie placentaire. Lorsqu’on leur déclara que seule une interruption de grossesse pourrait éventuellement sauver la mère, ils refusèrent catégoriquement. Une chape de plomb s’abattit alors sur le couple, dont la force provint uniquement de leur confiance illimitée en Dieu, quoi qu’il advienne. Finalement, la mère et l’enfant en réchappèrent.
Le couple, enfin, faisait preuve d’une grande charité. Maria faisait le catéchisme et participait à de nombreux mouvements d’action catholique. Luigi s’impliqua au sein de nombreuses associations paroissiales et nationales, notamment dans l’association scoute naissante, l’ASCI, dont il fut le Conseiller général jusqu’en 1927. Pendant la guerre, Maria s’engagea volontairement comme infirmière de la Croix-Rouge pour porter secours aux blessés. Le couple cacha des Juifs et d’autres personnes poursuivies par le régime fasciste. Selon Luigi, ce sont par nos actes que nous témoignons véritablement de notre foi chrétienne. Il écrit : « Nous ne devons pas cacher nos sentiments religieux, nous devons les professer publiquement, mais, avant tout et principalement, nous devons le faire par nos œuvres. C’est par l’honnêteté et l’esprit chrétien qui imprègnent notre conduite dans les relations humaines, par le désintéressement, l’amour envers le prochain, la charité vécue et mise en pratique que nous faisons profession d’hommes aux convictions religieuses ».
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