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Véronique Lévy en lutte contre les robots

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Le dernier livre de Véronique Lévy « Jésus ou les robots » (Cerf, 2019) se penche sur une société désaxée de son centre : Dieu le Père.

Connue pour sa conversion fulgurante et ses écrits aux timbres poétique et mystique, Véronique Lévy a publié cette année ses réflexions sur l’actualité, à l’image d’un journal de bord. Car de l’été 2016 à l’automne 2018, les événements ont été nombreux et n’ont pas manqué de provoquer une certaine gêne envers ceux qui refusent les concessions d’une époque sourde et reine de son avenir. Jésus-Christ ou les robots renvoie au choix qu’elle a posé plus jeune, enfant, quand elle a décidé de refuser d’être emmenée par les « robots ». Un choix qu’elle aurait pu ne pas tenir si elle n’avait pas mis sa confiance en Dieu.

Mais qui sont ces robots ?

Le titre du livre, aux accents bernanosiens, rappelle celui de La France contre les robots, dans lequel le polémiste alertait déjà des dangers de la modernité et incitait le lecteur à préserver ses oreilles de ses chants de sirène, voire à se les boucher pour recouvrer sa voix. « Un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble. La Force fait tôt ou tard surgir des révoltés, elle engendre l’esprit de Révolte, elle fait des héros et des Martyrs. La tyrannie abjecte du Nombre est une infection lente qui n’a jamais provoqué de fièvre. Le Nombre crée une société à son image, une société d’êtres non pas égaux, mais pareils, seulement reconnaissables à leurs empreintes digitales ».

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C’est à l’horizon de ce monde toujours en marche que Véronique Lévy répond et se révolte, justement, à cause de tyrannies qui ne disent pas leur nom. Elle dénonce par exemple le clonage, coupé de Dieu, qui ne ferait que créer un être « sérialisé à l’effigie de Narcisse défiguré de sa grimace imperméable à toute communion ». Quand on sait qu’en novembre dernier, des jumelles génétiquement modifiées naissaient en Chine (et sans doute en vue d’augmenter leurs capacités intellectuelles), on se dit que ce n’est plus excentrique de dénoncer tous les travers du progressisme ambiant, mais bien nécessaire et urgent. L’avortement des embryons et la mort des plus faibles incarnent sous sa plume « le sang des innocents, sacrifiés sur l’autel du Meilleur des mondes » qui crient vers « Son cœur ». Mais encore, l’écrivain se livre à des dialogues avec les Femen ou les djihadistes, dans la miséricorde et l’interrogation face aux dérives de leurs combats.

Des vers peuvent-ils aider à conquérir l’Amour ?

Au-delà de ses chroniques, qui ressemblent à un journal de bord chargé de guérir les blessures glanées ici et là sur le champ de bataille de l’actualité, Véronique Lévy laisse aussi s’élever une voix humble. Cachée, comme souvent, derrière la Face du Christ, elle se veut à la fois Son bouclier et Sa servante (au sens noble du terme), pourvu de chercher la Loi de Son Amour et de pouvoir y demeurer. Mais comment retrouver Sa présence dans ce monde aux abois ? Dans une Église parfois fébrile quand elle commence à prendre conscience de l’ampleur de ses responsabilités ? « Jésus ne demeure qu’en notre amour, et dans ce monde, “l’Amour n’est pas aimé”… » déclare-t-elle, amère, sachant bien que Son « Royaume n’est pas de ce monde », mais qu’ »Il porte le monde… ».

Quelques poèmes, en forme de dialogues ou faits de vers concis, parsèment ses interrogations et sa recherche. Comme s’ils étaient l’expression la plus appropriée pour dire le besoin de se remettre à plus grand que nous, et de Lui parler. Au détour de son inspiration et de son espérance, l’auteur ne manque pas de rendre hommage aux prêtres et de murmurer un chant d’amour pour la France.

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Sous cette forme singulière, propre à sa personnalité, ce nouvel essai de Véronique Lévy tente d’apprivoiser le lecteur au bénéfice de se remettre à des mains plus expertes que celles que pourraient avoir les robots. Et à regarder toujours en vérité le monde et à l’aimer.

Jésus-Christ ou les robots, Véronique Lévy, éditions du Cerf, février 2019, 20 euros.

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