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Le baptême du Seigneur, mystère de solidarité avec les pécheurs

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En plongeant dans le Jourdain, le Christ inaugure sa vie publique dans l’eau de nos misères humaines. Il rejoint les pécheurs sur le lieu-même de leur existence concrète.

Le dimanche qui suit la solennité de l’Épiphanie, l’Église fête le baptême de Notre Seigneur. L’Épiphanie était sa manifestation à toutes les nations. Le baptême constitue le commencement de sa vie publique. Les deux événements sont donc liés, même si l’âge du principal protagoniste n’est pas le même à l’occasion des deux événements !

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Une première apparition surprenante

Pour la première apparition publique du Christ, le lecteur de l’Évangile est surpris d’avoir affaire à une manifestation aussi peu éclatante. En cette journée inaugurale, le Messie descend en effet dans les mêmes eaux que celles où plongent les pénitents qui confessent leurs péchés ! Stupéfiant préambule du ministère public du Sauveur du monde !

Le Baptiste lui-même n’est pas loin d’en être scandalisé. En fait, ce geste paradoxal de la part de Jésus s’explique par sa solidarité avec les pécheurs. Car le Christ n’est pas solidaire des hommes seulement en pensée ou en paroles. Il vient nous rejoindre sur le lieu même de nos existences concrètes. Il partage tout avec nous, les hauts comme les bas, à l’exception du péché bien sûr. Entre lui et nous, c’est à la vie, à la mort !

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Le point le plus bas de la terre

La vallée du Jourdain est le point le plus bas de la terre : Jésus ne pouvait opérer meilleur choix pour signifier et réaliser cette descente du Verbe parmi nous. Durant sa vie publique, il ne restera pas, tel un enfant sage, dans le Temple de Jérusalem en tant que hiérophante. Sa mission le conduira au contraire le long des routes escarpées et cabossées qu’emprunte l’humanité, et sur lesquelles elle tente, cahin-caha, de rejoindre le port de l’éternité.

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Mais ce qu’il faut surtout retenir du mystère du baptême du Seigneur, c’est la mission qu’il inaugure, et que le Père l’a chargé de réaliser : reprendre à bras-le-corps toute la Création qui s’était détournée de Lui, afin de la Lui ramener. Cette mission requérait donc que le Christ la soulevât, non pas en l’agrippant par l’encolure, ou en la hissant à lui comme par une poignée, ainsi qu’on le fait avec un colis ou une valise, mais en la prenant sur les épaules. Or, pour réaliser pareille tâche, le Messie devait se baisser au niveau de la brebis blessée, gisant à terre. Ce qui explique que l’Oint du Seigneur se soit fait solidaire des hommes, au point de descendre aussi bas que leurs péchés les avaient conduits.

Une préfiguration de la Croix

Cependant, la plongée dans le Jourdain n’était que la préfiguration de la descente vertigineuse du Fils dans les ténèbres de la Croix. Sur le Golgotha, il goûtera pleinement le fruit amer du péché. Mais c’est là également qu’il ressaisira intégralement la créature par-dessous, afin de la ramener au Père. Là, il sera pleinement configuré aux pécheurs qu’il est venu appeler. Là, sur le Calvaire, il les rejoindra sur le lieu même de leur déréliction — mais ce sera pour les amener à la Résurrection.

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« Ce sont nos maladies qu’il portait, nos douleurs dont il prenait la charge. » dit l’Écriture du Serviteur souffrant. Cette prophétie s’applique sans peine au ministère de Jésus. Les eaux du Jourdain ne devaient pas particulièrement briller par leur propreté tandis que Jean le baptisait. Aujourd’hui encore, en ces temps d’apostasie de grande ampleur, nous baignons tous, d’une façon ou d’une autre, dans le grand fleuve de l’indifférence religieuse. Dieu est devenu un étranger sur cette terre. Le Créateur n’est plus chez lui au sein de la Création ! Il nous a voulu libres : Il est servi !

Un mystère qui irrigue nos existences

Les difficultés rencontrées sur nos chemins de foi ne sont pas inutiles pour autant. Car si la Providence a placé nos existences dans un monde aussi sécularisé que le nôtre, dans une société livrée aux idoles, n’est-ce pas pour que nous continuions l’œuvre du Fils ? Comme lui, nous avons à nous rendre solidaires de nos frères en quête d’une improbable espérance, d’un amour vrai, non frelaté. À l’instar de Jésus, ne désespérons pas d’évoluer dans les eaux croupissantes d’un monde ignorant les sources de la vraie joie.

Aussi, si notre vie de foi nous paraît parfois ardue, crucifiante, cela tient à ce que le Ressuscité désire que nous l’aidions à porter l’incrédulité du monde. Ce qui suppose que nous « descendions » à notre tour, de sorte à vivre côte à côte avec nos frères, à les rejoindre aussi loin qu’ils soient tombés dans l’incroyance, de la même façon que le Messie descendit jadis dans les eaux du Jourdain.

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