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Tallandier lance une collection dédiée à la spiritualité et l’histoire religieuse

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L’ancien directeur général de la librairie La Procure, François Maillot, rejoint les éditions Tallandier pour lancer une collection dédiée à la spiritualité et à l’histoire religieuse. Entretien.

Aleteia : Après votre expérience à la direction de la librairie La Procure, vous voilà directeur éditorial chez Tallandier. Quel y sera votre rôle ?
François Maillot : Je suis arrivé chez Tallandier pour développer une ligne d’essais et une ligne de spiritualité. Les essais que je publierai seront résolument orientés autour d’auteurs développant une pensée chrétienne ou humaniste. Les ouvrages de spiritualité seront essentiellement chrétiens, mais je ne m’interdirai pas quelques incursions dans d’autres traditions. Et puis je publierai, comme tout le monde dans la maison, de l’histoire et je m’intéresserai au domaine de la psychologie.

Tallandier n’était pas connu pour ses publications dans le domaine de la spiritualité. Qu’est ce qui l’a poussé à étoffer son offre ?
Xavier de Bartillat, le patron de Tallandier, me disait depuis des années qu’il souhaitait aller sur ce créneau pour lequel il a de l’intérêt à titre personnel ; mais aussi parce que le marché de l’histoire se réduisant, la maison se devait trouver d’autres terrains d’expression. Nous avons très rapidement trouvé un accord pour commencer une aventure commune.

Quelles sont les nouveautés de cette rentrée dans la collection que vous dirigez ?
Nous avons ou nous allons publier trois essais sur cette fin d’année de trois magnifiques écrivains que je suis heureux d’accueillir chez Tallandier : Christiane Rancé nous a donné un vibrant Lettre à un jeune chrétien qui permettra aux jeunes et aux moins jeunes de retrouver le sens du christianisme dans notre société. François Sureau a sorti Pour la liberté, texte magistral qui nous alerte sur les dérives de certaines réponses législatives au terrorisme : nous ne gagnerons pas cette bataille en piétinant nos principes. Enfin, Fabrice Hadjadj publie cette semaine son livre le plus politique : Dernières nouvelles de l’homme (et de la femme aussi). Dans cette collection je n’oublie pas le livre de Christophe Dickès, L’Héritage de Benoît XVI, dont je n’ai pas été l’éditeur, mais un relecteur attentif !

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Dans la ligne “spiritualité”, nous allons sortir deux livres très différents : La Voix contagieuse, homélies du sublime écrivain qu’est le frère Cassingena-Trévedy, moine bénédictin de Ligugé : une cure d’altitude spirituelle et littéraire ! Et puis, dans le courant du mois d’octobre, paraîtra Le Corps, un chemin de prière d’Annick Chéreau et le carme Pierre Milcent. À l’heure de la vogue pour la méditation, c’est un livre pionnier sur la manière d’intégrer notre corps dans la prière, dans la grande tradition chrétienne.

Plus globalement, comment se porte le secteur de l’édition religieuse ?
Comme toute l’édition hors best-sellers, BD et jeunesse, c’est un secteur qui souffre de la baisse du nombre de lecteurs. Mais c’est un secteur dynamique. La production française est très riche et diversifiée.

L’Église prend elle selon vous assez au sérieux la question du livre dans la propagation de la foi ?
Je suis toujours étonné de voir que les homélies ne renvoient quasiment jamais les fidèles à un livre. Il faut dire que de nombreux prêtres n’ont plus le temps de lire, ce qui est inquiétant. Mais ce matin, j’étais chez les Carmes à Avon pour la solennité de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et le célébrant a cité Pascal, Jean de La Croix et Thérèse d’Avila ! J’étais aux anges…

Dans le domaine religieux, avez-vous un récent coup de cœur littéraire à partager avec nous ? Et un coup de cœur littéraire dans le domaine non religieux ?
Je vous propose deux romans qui ont tous les deux une tonalité spirituelle : Bakhita de Véronique Olmi, chez Albin Michel, qui raconte la vie de sainte Joséphine Bakhita, esclave noire convertie au catholicisme est devenue religieuse. Le texte est d’une force inouïe. Et puis le roman de Réginald Gaillard au Rocher, La Partition intérieure : il nous donne la preuve que la foi peut être intégrée à part entière dans une œuvre littéraire sans tomber dans la bondieuserie : c’est admirable.

Propos recueillis par Benjamin Fayet.

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