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Bob Dylan, source d’inspiration pour les chrétiens ?

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Un philosophe américain a décortiqué dans un article de blog les multiples références bibliques présentes dans les textes du chanteur Bob Dylan.

Le 3 novembre prochain, Columbia Records sortira Trouble No More (2017), un coffret de lives et d’enregistrements de studio de “l’époque chrétienne” de Bob Dylan (1979-1981). Car oui, Robert Zimmerman a partagé sa quête spirituelle dans ses chansons. Francis J. Beckwith, un professeur de philosophie de l’université de Baylor, le rappelle sur un blog hébergé par l’hebdomadaire américain, National Catholic Reporter. Il y rappelle avec de nombreux détails la portée spirituelle des chants composés et interprétés par le lauréat du prix Nobel de littérature en 2016.

Converti à l’évangélisme

L’auteur de l’article prend pour point de départ la conversion de l’artiste au protestantisme évangélique dans la fin des années 1970. Une religion qui est alors assimilée à la droite américaine, tandis que le chanteur incarne la contre-culture de gauche. Tant et si bien que de 1979 à 1981, Dylan ne chante plus uniquement que des musiques chrétiennes. Un changement qui fait scandale dans le monde de la musique. Plusieurs de ses proches, comme John Lennon, vont alors prendre leurs distances avec lui. Il n’en a cure. L’artiste sort trois albums, mêlant gospel et rock chrétien durant cette période : Slow Train Comingi, Saved et Shot of Love. 

Pourtant, l’auteur rappelle que la spiritualité était déjà présente dans ses chansons. Dès son cinquième album, Bringing It All Back Home, sorti en 1965, Bob Dylan passe d’une musique engagée à une écriture plus « abstraite » voire « surréaliste ». Elle est tournée vers la conscience, selon le philosophe, qui cite comme exemples « Mr. Tambourine Man »« Gates of Eden », « My Back Pages »  et « It’s Alright, Ma (I’m Only Bleeding) ». Deux ans plus tard, en 1967, John Wesley Harding regorge d’allusions bibliques et religieuses. Les biographes de Dylan pensent que le chanteur lit déjà sérieusement la Bible à ce moment-là.

Pour Francis J. Beckwith, la mesure de Dylan est un retour perpétuel aux sources : l’Écriture, la tradition populaire, les normes américaines, les grands livres, etc. Celles-ci ne sont pas des pièces de musées à admirer, mais sont, comme le voulait saint Augustin « vivants comme vous ou moi ». De plus, ses combats progressistes, comme ceux pour les droits civiques, ont toujours été reliés à des idéaux bibliques de justice ou d’équité. C’est particulièrement vrai dans des morceaux comme « Blowin’ in the wind »« The first one now will later be last », ou « When The Ship Comes In », où nous pouvons entendre l’artiste chanter : « Like Pharaoh’s tribe they’ll be drownded in the tide, and like Goliath, they’ll be conquered » (« Comme la tribu de Pharaon, ils seront noyés dans la marée, et comme Goliath, ils seront conquis »).

Tempest, un album plus chrétien qu’il n’y paraît

Surtout, cette spiritualité se prolonge jusqu’en 2012 avec l’album Tempest, qui tire son nom de la célèbre pièce de William Shakespeare et dont la portée biblique est ignorée. La chanson éponyme, qui dure quatorze minute et raconte le naufrage du Titanic, narre en réalité l’effondrement du monde moderne et le jugement divin à venir. C’est notamment très clair dans ce passage :

« Le capitaine, à peine respire
Agenouillé au volant
Au-dessus de lui et sous lui
Cinquante mille tonnes d’acier

Il regarda son compas
Et il regarda son visage
Aiguille tournée vers le bas
Il savait qu’il avait perdu la course

Dans l’illumination sombre
Il se souvenait des années passées
Il a lu le Livre de l’Apocalypse
Et il a rempli sa coupe avec des larmes »

Francis J. Beckwith y voit une source d’inspiration pour les chrétiens. Selon lui, se trouve dans ce passage l’idée d’un retour aux sources comme condition nécessaire au progrès, idée développée dans la Bible. « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir », affirme Jésus dans l’évangile de Matthieu (Mt 5, 17), tandis que dans son second épitre aux Thessaloniciens, Paul écrit : « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre. » (2 Thessaloniciens 2, 15).

 

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