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Les 5 raisons qui font du pape François un favori pour le Prix Nobel de la paix

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Depuis 1901, le Prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».

Le jury se réunira pour isoler cinq noms, puis un comité nommé par le parlement norvégien aura la tâche de choisir le lauréat du Nobel de la paix. Son nom sera connu le 6 octobre. Les bookmakers britanniques ont isolé plusieurs favoris, parmi lesquels figurent les Casques blancs en Syrie, l’association américaine anti-Trump « American Civil Liberties Union », Angela Merkel, mais aussi le pape François. Et ils ont cinq bonnes raisons de croire que ce pourrait être lui qui l’emporte cette année.

  1. Il se prononce pour l’accueil des réfugiés

Il a publié en août un texte engagé en faveur des migrants, et défendu le regroupement familial, la libre circulation des hommes, le droit du sol ainsi que le respect des cultures d’origine. Il a pris position pour la délivrance de « visas temporaires » accordés aux réfugiés de guerre. Depuis longtemps, le pape promeut une « culture de la rencontre ». Il a prié en novembre 2014, lors du 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin, « pour que se développe toujours plus une culture de la rencontre, susceptible de faire tomber tous les murs qui divisent encore le monde, et pour que jamais plus des innocents soient persécutés et parfois tués pour leurs croyances ou leur religion. Nous avons besoin de ponts, pas de murs ».

Dans cette optique, il a vertement critiqué le projet de construction du mur entre États-Unis et Mexique. Enfin, en septembre 2017, le Pape a dit espérer que Trump revoie sa décision de mettre fin au programme conçu par l’administration Obama qui protégeait les enfants de migrants illégaux aux États-Unis.

  1. Il défend la lutte contre le réchauffement climatique, un enjeu géopolitique qui fait l’unanimité

Avec son encyclique, Laudato Si, il est à l’origine de la vulgarisation du concept “d’écologie intégrale”, qui prend en compte le respect de la vie humaine et de l’environnement. Le 11 septembre dernier, dans l’avion qui le ramenait de Colombie, le Saint-Père a répondu à ceux qui doutent de la responsabilité de l’homme dans le changement climatique. Il les a encouragés à « aller chez les scientifiques et leur demander. Ils parlent très clairement,  sont très précis. […] Chacun de nous a une responsabilité, plus ou moins grande. Une responsabilité morale. En acceptant l’opinion ou en prenant des décisions. Nous devons prendre cela au sérieux. L’histoire jugera les décisions. »

Lors de la première visite du président américain en Europe, en mai 2017, Donald Trump a fait cadeau au souverain pontife des cinq livres écrits par Martin Luther King. De son côté, le Pape a offert au président américain les textes qu’il avait écrits à l’occasion de la journée mondiale de la paix, dont une lettre sur la défense de l’environnement – alors que Trump est plutôt climato-sceptique

  1. Il soutient les combats pour la paix en Amérique latine, menés par les précédents lauréats du Nobel

Évoquant un “monde assoiffé de paix“, le Pape, en voyage à Cuba en septembre 2015, a cité les relations davantage apaisées entre les États-Unis et Cuba comme un « exemple de réconciliation pour le monde entier ». « Le monde a besoin de réconciliation devant la troisième guerre mondiale en morceaux que nous sommes en train de vivre », a-t-il complété.

Le Saint-Père a envoyé un message aux participants du XVIe Sommet mondial des lauréats du prix Nobel de la Paix, qui s’est déroulé à Bogota en Colombie, début février 2017. Le Pape les a encouragés « dans leurs efforts pour promouvoir la compréhension et le dialogue entre les peuples », a écrit le cardinal Parolin, le secrétaire d’État, au nom du Pape. Il a exprimé son espoir « que les efforts en Colombie pour construire des ponts de paix et de réconciliation puissent inspirer toutes les communautés » pour qu’elles s’élèvent au-dessus de leurs divisions.

  1. Il soutient des réfugiés et des persécutés d’une autre confession que la sienne

Fin août, le pape François a de nouveau lancé un appel en faveur de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie. Majoritairement bouddhiste, ce pays considère les Rohingyas comme des étrangers. « Je voudrais exprimer aux Rohingyas toute ma proximité, et nous tous, demandons au Seigneur de les sauver, et de susciter des hommes et femmes de bonne volonté pour les aider. Qu’ils leur donnent de pleins droits, prions pour nos frères Rohingyas ». De même, il avait reçu au Vatican en avril 2016 trois familles musulmanes de réfugiés syriens, en provenance du camp de Lesbos, en Grèce.

  1. Il ne court pas après le prix

Ce n’est pas la première année que le Pape figure parmi les favoris du Nobel de la Paix. Répondant aux questions d’un journaliste argentin, en juillet 2015 au Vatican, le pape François avait réagi à ces rumeurs : « À dire vrai, cela ne fait pas partie de mon agenda. Sans pour autant les mépriser, je n’ai jamais voulu recevoir de tels prix ou distinctions. Plus largement, à propos du Prix Nobel, je crois qu’il revient à tous de s’engager pour la paix. Car la paix est le langage qu’il faut parler. »

 

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