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Épouse et mère : comment concilier les deux à l’arrivée du premier enfant ?

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Réinventer sa vie d’épouse après l’arrivée de bébé et ne pas délaisser son couple... Un vrai défi pour les jeunes mamans... En effet, les premiers mois de bébé sont compliqués pour les jeunes parents. De mamans témoignent de leur expérience pour mêler parentalité et relation de couple. Le mot clé ? L'indulgence !

L’aventure de la maternité chamboule la vie d’une femme… Celle de son mari également ! Le couple qui jusque-là ne faisait qu’un -par définition- doit apprendre à composer avec ce petit-être qui s’impose tant par ses câlins que par ses cris ! A chacun de trouver sa place dans ce nouveau schéma familial, et cela n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Rencontre avec Émilie, Camille, Sarah et Amélie, quatre jeunes mamans qui nous prodiguent leurs bons conseils et témoignent de leur vécu.

Accepter que l’idée que l’arrivée de bébé chamboule tout !

Oui, autant s’y préparer si vous attendez un heureux événement, l’arrivée d’un bébé au sein d’un ménage est comparable à un tsunami et bouleverse les repères de tout le monde ! Un petit être vient, du haut de sa cinquantaine de centimètres, s’immiscer au cœur d’une relation qui jusque-là se résumait à beaucoup d’amour, d’attentions réciproques, de temps trouvé l’un pour l’autre…

Sarah a trouvé très rudes les premières semaines post-accouchement : “Notre couple a toujours été jusqu’à présent très stable, solide et serein. L’arrivée de ce bébé qui chamboule tout, qui fait que l’on passe de deux à trois, qu’on n’est plus seulement un couple mais des parents… a mis notre couple à l’épreuve. Après une grossesse alitée et un accouchement très difficile, nous avons eu du mal à nous retrouver. Entre les nuits écourtées, les séquelles physiques pour moi, la difficulté à s’occuper d’un nouveau-né et le fait que bébé dorme dans notre chambre, notre vie de couple a été mise entre parenthèse pendant cette période.”

Oui, comme si cela ne suffisait pas, ce nouveau membre de la famille risque fort de vous réveiller toutes les 2 ou 3 heures pour réclamer vos bras, du lait et des câlins ! Un changement auquel il faut se préparer pour mieux s’adapter à ce nouveau rythme sur le moment.

“Notre vie à deux a vraiment été bouleversée par la venue de notre premier enfant, nous explique Camille. On ne s’attendait pas à être aussi fatigués tous les deux ni à dormir de façon si hachée. Du coup, passés les premiers jours où la fatigue est encore peu présente, notre temps de couple était assez réduit : on avait du mal à prendre nos repas ensemble et nos heures de coucher différaient puisque j’allaitais puis endormais la petite souvent pile au moment où mon mari se couchait. Il a fallu plus de deux mois pour que je puisse me coucher en même temps que mon mari. Cela commençait à faire long !”

Attention à ne pas pour autant généraliser, l’adaptation peut également se passer tout en douceur. Émilie, bien aidée par son mari, garde un bon souvenir de ces premières semaines. Souvent, aussi, à l’arrivée du deuxième ou troisième enfant, cela se passe plus facilement car nos rôles de pères et de mères ont déjà été apprivoisés et adoptés.

Sortir de la fusion maman/bébé et impliquer le papa au quotidien

Un conseil à retenir : veiller à ne pas exclure le papa et l’impliquer au maximum dans sa relation avec vos enfants ! Et ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. En effet, la fusion qu’une maman a souvent de manière assez instinctive et naturelle avec son bébé peut être plus difficile à appréhender pour les pères, privés des joies (et des aléas, certes !) de la grossesse, de l’allaitement, etc.

Mesdames, impliquez donc vos époux dès le premier enfant ! Cela vous soulagera, il se se sentira utile, et tout le monde en sortira gagnant. Les premières semaines, véritable compensation à toute notre fatigue, c’est une vraie joie pour une maman de choyer son bébé. Notre temps, notre énergie et notre tendresse sont entièrement déversés sur notre bébé. Le soir venu, difficile alors de se montrer disponible et en forme pour nos époux.

Ainsi, pour ne pas délaisser ces derniers… impliquons-les. Pour certains hommes, cette relation père/enfant n’est pas forcément évidente les premiers mois. Les gestes sont quelquefois compliqués à trouver, surtout avec un nourrisson. Il s’agit alors d’y aller en douceur. Pourquoi ne pas proposer à votre mari, par exemple, de s’occuper du bain le week-end ? L’occasion d’un moment de complicité rien que pour eux deux… qui vous laissera du temps pour vous !

Vous pouvez également répartir les biberons à donner (en cas de naissance multiple, ne lui laissez plus le choix), les couches à changer, les berceuses à chanter (les voix d’hommes calment souvent plus vite les nourrissons par leur puissance et leur chaleur !)… Leur donner des tâches précises et ne pas forcément attendre que tout leur vienne intuitivement.

Gilles, l’époux d’Émilie, nous glisse un conseil : “il faut confier une journée l’enfant au papa pour qu’il se rende compte de ce que c’est”… Cela sent le vécu ! Le mari de Camille n’a pas hésité : “Plusieurs fois le week-end, il a sorti les deux monstres pour me permettre de me reposer plus de dix minutes à la suite”. Si votre mari n’en a pas l’idée… n’hésitez pas à lui faire lire l’article, le message passera subtilement !

Ne pas parler uniquement “bébé”

Camille conseille judicieusement de ne pas focaliser uniquement autour du bébé – aussi merveilleux soit-il ! “Au bout de quelques semaines, et surtout après le retour du papa au travail, on redécouvre que son mari a une vie en dehors du duo maman/bébé et qu’il est important de lui accorder de l’attention quand il rentre, en lui posant des questions toute bêtes : “Alors ta journée ? Tu as bien travaillé ? Content de toi ?” Du coup, on sort de la fusion avec son bébé et on prend conscience du monde autour. Et en fait, on retrouve ses réflexes ante-bébé et notre complicité d’antan”.

Organiser un voyage –même lointain– ou un projet commun (déménagement, travaux…) qui ne tourne pas autour du bébé peut nous aider à varier les sujets de conversation et nous décentrer de la maternité le temps d’un moment en tête-à-tête. Camille conseille ainsi de “se prévoir dès la naissance un temps en amoureux, même si celui-ci est hyper lointain. À la naissance d’Élisabeth, j’ai commencé à planifier un séjour de 4 jours en amoureux à Londres, pour l’année d’après. C’était un peu ma soupape de sécurité, et même si rien n’a jamais explosé, j’avais le sourire dès que je pensais à ce futur voyage en amoureux !”.

Un projet personnel pour vous, en tant que femme, indépendamment des enfants, peut être très épanouissement. Vous avez toujours rêvé de commencer un instrument de musique ? Écrire un roman ? Lancer un site internet ? C’est le moment ! (Enfin, attendez peut-être que bébé fasse ses nuits).

Être indulgente avec soi-même et se donner du temps

Retrouver une vie d’épouse après une naissance est important mais il faut également savoir être indulgente avec soi-même et se laisser du temps… Donner la vie n’est pas un acte anodin et fatigue beaucoup le corps et l’esprit ! “Aux trois mois de mon fils environ, je me sentais mieux physiquement. Une bataille à la fois, j’ai donc attendu d’aller mieux pour essayer de retrouver ma forme et faire des efforts pour mieux m’habiller, me faire belle….”

Il peut arriver que ce nouveau corps que nous laisse bébé après son arrivée soit difficile à choyer car on ne l’aime pas et cela nous désarme. De fait, le corps marque concrètement notre passage du statut de jeune femme à celui de mère, marques physiques mais mentales également. Il est alors important de parler de sa fatigue et de ses émotions à son mari, ses amies, sa famille… afin de ne pas craquer et comprendre que beaucoup de femmes traversent les mêmes étapes.

Camille, elle, n’a jamais eu de complexes sur son corps post-accouchement : “pas que j’aie perdu tous mes kilos d’un coup, ni retrouvé mon tonus musculaire, mais mon mari m’a toujours trouvée jolie et n’arrêtait pas de me le dire. Et ça c’est hyper important !” Elle conseille de prendre du recul et de “ne surtout pas paniquer les premières semaines en comparant sa vie d’avant le bébé et sa vie actuelle. “Tout change très vite et les premiers jours/semaines/mois ne préfigurent en rien de la vie à venir.”

Prendre soin de soi… C’est bon pour le moral !

Amélie est de nature soigneuse et féminine et pourtant, après la naissance, elle reconnaît que prendre soin d’elle a été plus compliqué au démarrage : “Comment vous dire que le vernis était le cadet de mes soucis et mon maquillage devenu le strict minimum ?!”

Entre le lait à donner toutes les trois heures, les couches, les courses, le linge, les coliques en fin de journée… Les congés-maternités devraient peut-être être rebaptisés « travaux-maternité » ! Cela ne doit pas pour autant empêcher de prendre soin de soi surtout quand il n’y a pas d’autres enfants à la maison. Profitez-en pour faire découvrir à votre bébé l’univers des salons de coiffure et des instituts de beauté… Très précieux pour le moral ! (et moins calorique que le chocolat)

Émilie n’a pas attendu longtemps pour s’y rendre : “À la sortie de la maternité, la coquetterie est passée par un rdv chez le coiffeur. Comme j’avais été alitée à 5 mois de grossesse, c’était nécessaire pour mon mental.” Camille, elle aussi, a très vite retrouvé sa coquetterie de femme “Très rapidement en fait, au bout de deux ou trois semaines, j’en ai eu besoin. Quelques jolis vêtements, des shampoings réguliers qui évitent les cheveux gras et un savon qui sent bon, cela change la vie d’une jeune maman. Et puis le papa est gentiment étonné de nous voir ainsi, et ça booste !”

Une nouvelle coupe de cheveux, quelques nouveaux vêtements… Cela vous semble superficiel ? Pourtant, rien de tel pour dynamiser sa féminité et ne pas s’oublier entre les couches et les taches de lait sur l’épaule ! Prendre soin de soi est également une façon de prendre soin de son mari.

Passer du temps à 2… sans le bébé, comme avant

Sarah le sait, le fait de ne pas avoir eu de vie intime pendant toute une partie de la grossesse et plusieurs mois après l’accouchement a été dur à vivre pour son mari. “Ce qui nous a aidé, c’est de se prévoir des sorties à deux. Nous avons commencé aux 1 mois de bébé. Une sortie à deux, cela permet de vivre autrement que par et à travers son enfant, ça recrée des moments de complicités et également des souvenirs rien qu’à deux. Nous avons récemment passé tout un week-end en amoureux et cela fait un bien fou.”

Comme le dit Camille : “Dès qu’on retrouve des soirées en tête-à-tête, c’est magique : on en profite encore plus qu’avant l’arrivée des enfants.”

Accepter son nouveau statut, celui de maman, en n’oubliant pas celui d’épouse !

“Aujourd’hui ma vie de maman et de femme est assez équilibrée mais c’est également car j’y prête une grande attention, témoigne Sarah. Les premiers mois ont été riches d’enseignement, je me suis dit que je ne voulais pas “perdre” mon mari avec l’arrivée de cet enfant. Tant que les deux parents ont conscience qu’il ne faut pas se laisser aller dans leur couple et qu’il est important de le préserver, il n’y a pas de raison de ne pas réussir à trouver un équilibre.”

L’équilibre est délicat à trouver, mais il se trouve. Il faut, déjà, accepter son nouveau statut, puis l’apprivoiser, avec l’aide de son mari. Cet exercice est à renouveler à chaque nouveau “tsunami” dans une vie (déménagement, maladie, nouvel enfant… voir deux en même temps…).

Tout comme il n’y a pas de mère parfaite, l’épouse modèle n’existe pas, il n’y a pas de “recette miracle”… Sachons peut-être simplement être humbles et demander de l’aide au Seigneur pour répondre à nos devoirs d’état de mère et d’épouse, tout en trouvant une joie profonde dans l’accomplissement de nos devoirs quotidiens.

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