Aleteia

Père Gautier Mornas : « La publicité est un bon moyen pour parler de Dieu »

Share
Comment

L'exposition itinérante « Dieu dans la pub » démontre que l'humour est un moyen efficace pour parler de Dieu.

Depuis juillet 2013, l’exposition « Dieu dans la pub » rencontre un franc succès. Pour sa pour sa 15destination, elle s’arrête à Clermont-Ferrand. Jusqu’au 26 septembre, puis du 2 au 11 octobre prochain, les Clermontois pourront l’admirer au Centre Diocésain de Pastorale de leur ville. Rencontre avec le père Gautier Mornas, qui a initié l’exposition.

Aleteia : Comment vous est venue l’idée d’associer Dieu et la publicité et de monter cette exposition ?
Père Gautier Mornas : C’est arrivé quand j’étais étudiant en art sacré à l’Institut catholique de Paris (ICP). Pour valider mon année, comme dans beaucoup de formations, je devais rendre une dissertation. Je n’avais aucune envie de faire un énième commentaire sur un tableau de la renaissance très connu. Un jour, en sortant de l’ICP et en entrant dans le métro, je suis tombé sur une pub pour Europe 1. Il s’agissait d’une statue de la Vierge-Marie. J’ai alors proposé à mon professeur de travailler sur le thème des représentations chrétiennes dans la publicité. J’avais déjà une quinzaine de pages à lui monter et je lui ai proposé de creuser.

Quand j’ai commencé mon sacerdoce à Périgueux, j’ai rencontré un fidèle qui travaillait pour Fromarsac, l’entreprise qui produit notamment St Môret. Il m’a alors proposé de faire une exposition sur le thème de « Dieu et la pub ». Dans la ville, il y a beaucoup de touristes. Ils ont trouvé ça original. Nous avons eu 20 000 visiteurs en deux mois. Parmi eux, beaucoup souhaitaient avoir la même exposition chez eux. Voilà comment finalement cette idée m’a dépassé. C’est une drôle d’aventure. La publicité s’avère être un bon moyen pour parler de Dieu. J’ai eu des propositions de partenariat avec Culture pub et KTO TV quand j’ai fait l’exposition à Paris en 2014. Ces derniers m’ont proposé de réaliser 40 émissions vidéos. Puis, il y a eu le livre publié aux éditions du Cerf en 2016, Dieu dans la pub.

Votre exposition comporte quatre parties : « Et Dieu créa… », « Autour de Jésus… », « Au plus haut des cieux… » et « Des hommes et un Dieu ». Comment avez vous opéré ce découpage ?
Deux amis, Damien et Karine, m’ont aidé. Nous avons surfé pendant deux mois sur le web et avons récolté 400 pubs et ce découpage s’est rapidement imposé car il s’agissait des thèmes parmi les plus utilisés. Très vite, j’ai réalisé qu’il y avait quatre types de références au christianisme. Il y a d’abord tout ce qui a trait à la Genèse, que ce soit l’Eden et l’arche de Noé. Ensuite, la figure de Jésus est très présente, notamment avec des scènes emblématiques des Évangiles. Le monde invisible des anges et des archanges revient également souvent. Et pour finir, dans les pays catholiques, on retrouve fréquemment les figures ecclésiastiques.

Votre exposition s’est enrichie des vidéos réalisées pour Culture pub et la Web TV, KTO TV. Qu’apportent-elles de neuf ?
L’exposition a rencontré un large public. Avec les vidéos, notamment pour KTO, j’utilise la pub afin de diffuser le message chrétien. C’est plus ludique et cela donne au spectateur des clés pour comprendre. Car, la publicité n’est pas un choix, elle est subie. Nous sommes en permanence confrontés à elle. Les spots que je réalise sont presque des catéchèses et des supports à la foi chrétienne.

Quel accueil votre exposition a-t-elle rencontré auprès des catholiques ?
Le plus souvent l’exposition est présentée dans une église. L’accueil a été différent d’une ville à l’autre. Il y en a où il y a eu énormément de bienveillance, comme à Paris. Mais par endroits, certains y ont décelé une forme de blasphème sans même avoir vu l’exposition. Globalement, les réactions ont été positives dans 95% des cas.

La publicité est perçue par certains comme l’arme du matérialisme et de la société de consommation. N’avez-vous pas peur avec votre exposition de faire entrer les marchands dans le Temple ? 
Il y avait des marchands dans le Temple bien avant moi et un autre les a chassé il y a 2 000 ans. La société de consommation est là, que nous le voulions ou non. Soit nous l’ignorons et elle continue d’exister sans se préoccuper de nous. Soit nous l’utilisons. J’ai choisi cette seconde option, de l’utiliser pour de bonnes fins, c’est-à-dire pour servir Dieu.

Propos recueillis par Kévin Boucaud-Victoire. 

Tags:
pub
Newsletter
Get Aleteia delivered to your inbox. Subscribe here.
[See Comment Policy]