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L’incroyable histoire du père Sam, aumônier du Jour J, sauveteur du “vrai” soldat Ryan

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Le père Francis Sampson, aumônier de la 101e division aéroportée, a été l’artisan du sauvetage du "vrai" soldat Ryan, Frederick "Fritz" Niland de son nom à l’état civil. Mais ce ne fut pas le seul fait d’armes de cette figure héroïque.

Parmi les hommes de la “101e Airborne” parachutés en Normandie le 6 juin 1944 se trouve un parachutiste pas comme les autres : le père Francis L. Sampson, 32 ans. Dès qu’il touche terre, la première chose que doit faire le père Sampson – plus connu sous le nom de père Sam – est de rechercher activement son autel portatif, perdu pendant le saut. Dans le noir, au milieu des explosions et des tirs ennemis, ce n’est pas chose aisée. Mais il parvint à le retrouver.

L’universalité de l’Église dans les tranchées

Il n’est pas au bout de ses peines. À peine arrivé sur le sol français, alors qu’il se trouve dans une ferme au chevet de blessés, il tombe sur deux soldats allemands. Ceux-ci s’apprêtent à le fusiller contre un mur quand un troisième soldat lui sauve la vie in extremis, en convainquant ses camarades de ne pas tuer un prêtre.

“Ce fut émouvant d’être un témoin de l’universalité de l’Église ce jour-là”, écrira plus tard le père Sam dans ses mémoires, relatant son sauvetage par un frère catholique engagé dans le camp ennemi.

Une homélie puissante

Quelques jours plus tard, le père Sam célèbre la messe pour des infirmières dans une église ravagée par les bombardements. Il ne reste que deux murs, mais le crucifix et les images de saint Pierre et saint Paul sont intacts : un miracle aux yeux de tous.

Dans ces ruines, le père Sam prononce cette courte homélie :

“L’image du Galiléen nu pendu à la croix a toujours inspiré un grand amour et une haine farouche. Néron chercha à faire de la croix une image odieuse en y condamnant les chrétiens à mort, les recouvrant de poix et illuminant Rome de ces croix vivantes en flammes. Julien l’Apostat martela qu’il mettrait tout en œuvre pour que le monde oublie le Crucifié, mais avant de mourir sur le champ de bataille, il admit dans son dernier souffle : “Tu as vaincu, Galiléen”. Les communistes interdisent la croix car ils ont peur de la puissance qu’elle pourrait exercer contre leurs desseins diaboliques. Hitler a essayé de remplacer l’image de notre Seigneur sur la croix par une vulgaire croix gammée. Invectives, philosophies biaisées, violence, manigances diaboliques… tout a été mis en œuvre pour arracher le Christ de la croix, et la croix de l’église. Et pourtant… à l’image des bombes lâchées sur cette chapelle, ces manœuvres n’ont eu pour seul effet que de faire ressortir la croix plus encore, la rendant plus visible que jamais. Nous voyons la véhémence et la violence avec lesquelles des hommes insensés s’attaquent à la croix que nous aimons et nous comprenons d’autant plus son importance. Chacun de nous possède cette image imprimée dans son âme. Tout comme cette chapelle, nous sommes des Temples de Dieu. Et quelles que soient les attaques, les tragédies, les bombes, les épreuves extérieures auxquelles nous sommes confrontés, l’image du crucifié reste ancrée au plus profond de nous, si tel est notre désir. À présent, au pied de cette croix, renouvelons les vœux de notre baptême. Promettons de garder toujours cette image dans nos cœurs.”

C’est lui (et non le personnage incarné par Tom Hanks dans le film Il faut sauver le soldat Ryan), qui est chargé ensuite de retrouver Fritz Niland, le véritable “soldat Ryan”, dont deux frères avaient été tués les 6 et 7 juin, tandis qu’un troisième, combattant en Asie, était présumé mort au combat.

Dans la légende

Le père Sampson est capturé par les Allemands en décembre 1944 en Hollande lors de l’opération Market Garden et passe quatre mois dans un camp de prisonniers. Une fois libéré, il retourna au front avec sa mythique division. Il apparaît en belle place dans le célèbre ouvrage de Cornelius Ryan Le jour le plus long, paru en 1959, retraçant en détail le récit du Débarquement.

Il servit également en Corée. Par la suite, il fut nommé à la tête des aumôniers de l’armée américaine en 1967, sans cesser pour autant de rendre visite à ses camarades parachutistes au Vietnam. Il est décédé en 1996.

L’année prochaine marquera le centenaire de sa naissance, et des hommages sont en préparation pour cet homme qui a laissé une profonde empreinte dans l’histoire militaire américaine.

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