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La résurrection d’un sanctuaire vieux de 1 600 ans

Crédit Régis Rigaut
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Entre Marseille et la Sainte-Baume, le prieuré Saint-Jean-de-Garguier a été totalement réhabilité. Désormais, c’est un couple radieux qui en assure l’animation et le rayonnement.

Ils sont passés des quartiers nord de Marseille où ils habitaient à la douce vallée de l’Huveaune de Gémenos dans les Bouches du Rhône. Amaury et Marie-Axelle Guillem ont posé leurs valises il y a deux ans au prieuré Saint-Jean-de-Garguier, un sanctuaire méconnu dédié à saint Jean-Baptiste, 1 600 ans après qu’il a été élevé au rang d’évêché. Leur rôle est d’y animer la vie diocésaine.

Pour ces parents de cinq enfants, la mission était de taille : cette petite chapelle érigée à la place de l’ancien temple romain et élevée en 417 au rang d’évêché était ainsi devenue la paroisse la plus ancienne connue du diocèse. Puis elle a été, pendant six siècles, un lieu hospitalier. Les 300 ex-voto peints qui ornent les murs de la chapelle témoignent des guérisons reçues en abondance. La Révolution a mis un terme au rayonnement de la paroisse et fait cesser l’œuvre hospitalière.

Un second souffle

C’est en 1952 que le dernier propriétaire, la famille de Cazeneuve, l’a léguée au diocèse. Il aura fallu attendre jusqu’au jubilé de l’an 2000, que Mgr Panafieu, archevêque de Marseille, choisisse le prieuré comme “porte sainte”, pour lui redonner vie.

Après dix ans de travaux, le lieu était prêt pour un nouvel élan. Les Guillem ont alors quitté leur tour rose de Marseille pour s’installer dans la vallée et animer les lieux. Accueil d’associations d’Église, de groupes scouts, d’aumônerie, de retraitants ou de randonneurs, animations spirituelles, il a fallu faire connaître le prieuré comme lieu d’hébergement, de prière et de pèlerinage.

Une charité universelle aux périphéries

Parallèlement à cette mission, Amaury et Marie-Axelle demeurent fidèles à leur engagement antérieur au sein de l’association Le Rocher, association catholique d’éducation populaire, dont les membres s’installent au coeur des quartiers sensibles pour œuvrer à leur réhumanisation. Ainsi poursuivent-ils leur mission entreprise dans les quartiers Nord, en accueillant à Saint-Jean-de-Garguier les familles qu’il y côtoyaient. « Nous avons été très touchés de savoir que les plus pauvres ont toujours été accueillis dans ces murs, dont saint Benoît Labre. Aujourd’hui nous vivons une charité universelle, des familles de Marseille, majoritairement musulmanes, viennent se ressourcer. Nous leur faisons visiter la chapelle, et elles s’arrêtent devant la Sainte Vierge. On prie ensemble ! Ce n’est pas toujours si simple : avec les randonneurs, on a parfois l’impression de ramer davantage que dans les cités pour parler de la foi ! » s’amuse Amaury.

Véritable écrin dans la vallée, le prieuré Saint-Jean-de-Garguier reprend vie, petit à petit. « L’évêque nous a dit que nous étions ici aussi le visage de l’Église » commente le jeune père de famille.

Mariés depuis 2008, le couple profite d’une vie de famille plus posée que celle imposée par le rythme des quartiers nord. Peut-être resteront-ils au prieuré encore quelques années pour vivre encore davantage cet appel reçu. Aux portes de Marseille, ce haut lieu de pèlerinage à saint Jean-Baptiste retrouve sa vocation spirituelle et son rayonnement, au-delà de ses collines.

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