Aleteia

Dépression saisonnière : la détecter et la traiter

© Shutterstock
Share
Comment

Hypersomnie, prise de poids et appétit vorace sont les premiers symptômes qui doivent vous alerter à l’approche de l’hiver. S’ajoutent à eux d’autres symptômes comme le moral en berne ou la libido diminuée qui laissent présager une dépression saisonnière ou hivernale. Suivez nos conseils pour passer le cap de l’hiver dans la joie et la bonne humeur.

Une fois l’automne installé et à l’approche de l’hiver, vous avez le moral dans les chaussettes surtout le soir, vous dormez plus que d’habitude (hypersomnie) mais avec des troubles du sommeil, votre appétit est augmenté (notamment pour les hydrates de carbone ou glucides) avec comme conséquence une prise de poids, votre libido est diminuée, vous êtes constamment fatigué(e) ou agité(e), vous n’avez pas d’énergie et êtes peu concentré(e) lorsqu’il le faudrait, vous êtes irritable, vous avez des idées noires… Peut-être souffrez-vous d’une dépression saisonnière ? A distinguer du simple coup de blues post-vacances, post-rentrée et pré-hivernal !

Les symptômes de la dépression saisonnière

Pour diagnostiquer la dépression saisonnière, d’autres éléments, autres que ceux précédemment cités, doivent vous mettre la puce à l’oreille. Si vous êtes une femme et que cet état dépressif revient tous les ans (depuis au moins deux ans) à la même période à savoir à l’automne et en hiver durant 4 mois, il y a fort à parier que vous souffriez de dépression saisonnière. Cette maladie est difficile à distinguer de la dépression majeure. Ce n’est qu’au fil du temps que l’on peut l’identifier comme saisonnière. En général, la première dépression de ce type apparaît entre 20 et 30 ans et se répète au fil des années.

Les causes de la dépression saisonnière et son évolution

Très longtemps, on a pensé que la dépression saisonnière était directement liée au manque de lumière au cours des mois d’hiver. Il y avait en effet une prévalence de ce trouble dans les pays des latitudes nordiques. Cependant deux études ont été menées, l’une aux USA et l’autre au Canada, et amènent à une conclusion qui exclurait un lien entre latitude et dépression saisonnière. En attendant d’autres études plus approfondies, le postulat du manque de lumière reste admis. Un dérèglement de notre horloge biologique interne et du rythme circadien (événements biologiques périodes) pourrait induire une dépression saisonnière.

Dans le cadre de cette maladie, l’horloge interne est dans l’incapacité de se recadrer avec les différents changements de l’alternance jour/nuit alors qu’en temps normal elle se resynchronise en permanence sur un cycle de 24 heures. Lumière, activité sportive et température extérieure, que l’on appelle les synchroniseurs, jouent un rôle important et agissent simultanément pour garder le moral au top et une horloge interne bien réglée.

Traiter la dépression saisonnière avec la luminothérapie

Bien que le lien entre lumière et prévalence de la dépression saisonnière n’ait pas été formellement établi, l’un des traitements pour soigner cette maladie reste cependant la luminothérapie (ou photothérapie), autrement dit le traitement par la lumière ! La luminothérapie agit pour resynchroniser l’horloge interne et les rythmes circadiens. Ce traitement consiste à s’exposer aux rayons d’une lampe qui reproduit la lumière blanche naturelle du jour. Sans émission d’UV nocifs, pour être efficace, elle doit produire un minimum de 10000 lux, autrement dit l’équivalent d’un matin de printemps ensoleillé. Ce traitement est à effectuer le matin durant 30 minutes à 60 minutes selon la distance entre vos yeux et la lampe. Le taux de réussite de la luminothérapie oscillerait entre 60% à 90%.

Gardez à l’esprit que c’est un traitement médical. Hors de question donc de se faire sa propre prescription. Consultez d’abord un médecin qui vérifiera si votre état de santé ou les médicaments (éventuels) que vous prenez ne sont pas contraire à l’utilisation de cette méthode. À titre préventif, la luminothérapie est déconseillée en cas de glaucome, de cataracte, de dépression bipolaire et de traitement médicamenteux photo-sensibilisant.

Côté pharmacothérapie, les antidépresseurs de deuxième génération (tels que les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine ou ISRS) auraient une action mais les cas cliniques sont peu nombreux. De plus, ces médicaments provoquent des effets secondaires (par exemple perturbation du sommeil) et dans le cas des études cliniques réalisées, de nombreux patients ont abandonné en cours de route. Demandez conseil à votre médecin et ne prenez jamais de médicament sans avis médical.

Sortez, bougez, limitez la lumière bleue des écrans

Une autre manière douce qui permet de lutter contre la dépression saisonnière est la balade quotidienne. Sortez de votre maison, ouvrez les fenêtres, profitez au maximum de la lumière du jour. Prenez votre petit déjeuner sur votre balcon, votre terrasse ou votre jardin. Le soir, limitez la lumière bleue des écrans. Cette lumière retarde l’horloge interne et l’endormissement. Pour retrouver cette lumière naturelle chez vous, remplacer vos ampoules classiques par des ampoules à « spectre complet » ou « plein spectre » différente des ampoules « lumière du jour ». Les ampoules à spectre complet reproduisent la lumière du jour de meilleure qualité que celle des mentions « lumière du jour ». Attention cependant à ne pas les jeter dans les poubelles classiques. Elles contiennent des vapeurs de mercure. Il existe aussi des ampoules de luminothérapie. Dans tous les cas, vérifiez auprès du constructeur que la longueur d’onde soit comprise entre 400 et 750 nanomètres pour éviter les UV nocifs.

La prise régulière d’une supplémentation en vitamine D reste une piste à explorer. Sachez qu’un quart d’heure par jour d’exposition au soleil (manches relevés et si possible jambes dénudées) suffirait à synthétiser la vitamine D nécessaire à notre organisme et par voie de conséquence à notre moral.

Newsletter
Get Aleteia delivered to your inbox. Subscribe here.
[See Comment Policy]