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Pourquoi est-ce si important de faire des câlins à un enfant ?

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Geste en apparence anodin, le câlin est primordial chez l'enfant. Il l'aide à se détendre, à reprendre confiance en lui et à se construire. Entretien avec Catherine Aimelet-Périssol, médecin homéopathe, psychothérapeute et spécialiste des émotions.

Au-delà d’un simple geste, le câlin est déclencheur de nombreux bienfaits chez un enfant, notamment dans la petite enfance. Depuis le plus jeune âge avec le peau-à-peau, préconisé à la naissance d’un nourrisson, à l’allaitement maternel, en passant par le besoin d’un bébé d’être bercé, le câlin a vraiment un impact sur la santé des enfants. Différentes études montrent le bénéfice de l’affection portée à un enfant, sur son état physique et psychique. Le câlin est aussi une façon de le rassurer, de le consoler et de lui permettre d’évoluer en toute quiétude. Au fil du temps, l’enfant comprend et connaît ses besoins en terme de câlins.

S’il est moins demandeur, le parent ne doit pas le contraindre en le câlinant alors qu’il n’en ressent pas l’envie ou qu’il n’en émet pas la demande. Mais pourquoi est-ce si important de faire des câlins à un enfant ? Décryptage avec Catherine Aimelet-Périssol, médecin homéopathe, psychothérapeute et co-auteure de “Émotions : quand c’est plus fort que moi” (éditions Leduc.S).

Quels sont les bienfaits physiques d’un câlin chez un enfant ? Et psychologiques ?

Catherine Aimelet-Périssol : Le câlin, en l’entourant d’une présence physique, assure à l’enfant un sentiment de sécurité. Il peut être vu comme une prolongation de l’expérience initiale du fœtus (vie intra-utérine), puis du nourrisson, porté dans les bras, en contact avec la peau et l’odeur de sa mère, puis de ses proches. Ce sont là des stimuli archaïques indispensables à la construction du rapport de l’enfant à la réalité de son monde environnemental puis affectif.

Il est possible aujourd’hui de « lire » dans le corps et donc dans le cerveau les effets du câlin : détente, relâchement des tensions qui favorisent développement des capacités cognitives. Sur le plan psychologique, les atouts du câlin suivent les bienfaits physiques en favorisant le sentiment de confiance qui se construit dans le temps au fil des expériences, surtout physiques avant de devenir plus cognitives. Ainsi, la capacité à attendre, y compris un câlin, fait partie des apprentissages nécessaires à la construction de son être.

Certains moments sont-ils plus favorables pour faire un câlin à un enfant ?

Catherine Aimelet-Périssol : Donné à bon escient, c’est-à-dire quand l’enfant éprouve un sentiment d’insécurité, il l’apaise temporairement, lui donnant ainsi le temps de pouvoir élaborer une réponse plus personnelle à la situation qui l’inquiète. Pour le nourrisson, le câlin fait partie des gestes de soin au quotidien : la mère ou les autres adultes câlinent en prenant le bébé avec douceur, en lui parlant comme une chanson, en le massant pendant la toilette…

Le câlin est donc associé au soin et met l’accent sur une notion essentielle : l’attention portée à l’enfant. Ce qui met en valeur le temps qui lui est consacré, mais aussi la responsabilité du parent à être véritablement présent dans le soin et non de ne faire que son devoir de parent pour être un bon parent.

Un câlin a-t-il une durée minimum pour être “efficace” ? Et combien de câlins par jour sont préconisés ?

Catherine Aimelet-Périssol : C’est l’enfant qui connait mieux que le parent la durée pertinente d’un câlin pour retrouver son assurance intérieure. Quelques secondes pour les uns, beaucoup plus longtemps pour les autres, selon la nature de l’insécurité. Dans ce cadre, le nombre de câlins n’a pas de réponse puisqu’ils sont liés aux événements en cours.

Doit-on, à partir d’un certain âge, laisser l’enfant venir à nous au lieu d’aller vers lui ?

Catherine Aimelet-Périssol : Au risque de déplaire au parent, ce n’est pas le parent qui « donne » de la sécurité à l’enfant mais celui-ci qui, bien entouré, va construire lui-même son sentiment de sécurité et ainsi les réponses qui lui conviennent. De façon spontanée, un enfant qui aura reçu le soin et le câlin adapté à son besoin d’assurance de façon temporaire et adaptée aux situations réelles, cherchera sa liberté d’expression pour construire sa confiance en lui-même. Donc, au fil des années, l’enfant va acquérir l’autonomie de sa demande de câlins. Il est essentiel que le parent ait cette conviction que l’enfant sait mieux que lui ce qui va dans le sens de sa vitalité. Sa recherche d’autonomie est naturelle et ne doit ni être forcée ni retenue.

Le câlin ne doit pas être vécu par l’enfant comme la privation d’une liberté mais comme un temps de repos, de retrouvailles avec une odeur, un contact ressourçant mais temporaire. A défaut, il peut devenir dépendant de cette réassurance par un tiers plutôt que de chercher à construire de son propre chef des repères qui vont le rassurer lui-même. Car c’est cette construction qui est source de confiance. Il devra pouvoir avoir la liberté de “s’auto-câliner” et de venir chercher auprès de son entourage un câlin temporaire.

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