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Les nouveaux évêques invités par le pape François à sortir des sentiers battus

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Comme chaque année, le Saint-Père a fait ses recommandations aux nouveaux successeurs des apôtres. Ils les appellent à lutter contre l'immobilisme et la routine.

Le pape François, dans un nouvel rappel des devoirs et missions d’un bon évêque, a énuméré devant eux la semaine dernière les cinq qualités fondamentales : l’humilité, l’obéissance, le respect de l’Évangile dans chaque projet entrepris, une forte intimité avec le Seigneur, et surtout une bonne dose de souplesse pour faire d’eux non des pères autoritaires mais des pasteurs qui savent écouter, comprendre, et guider leurs brebis selon la volonté de Dieu. Toutes ces qualités permettent de ne pas être esclaves du passé, de croire que “les mêmes solutions sont valables partout, que l’on a toujours fait comme ça et que nous perdons notre temps”, a déclaré, le 14 septembre, le Saint-Père aux quelques 114 évêques du monde entier nommés durant l’année écoulée.

Cette audience est chaque année une nouvelle occasion pour le souverain pontife de s’assurer que les nouveaux évêques seront “des témoins humbles et courageux du Ressuscité, non pas de manière isolée, mais avec l’Église” ; des hommes “à la hauteur du regard de Dieu” ; “des semeurs confiants de la vérité” capables de “prendre de la hauteur par rapport aux bassesses et petites prétentions” ; et toujours prêts “à renoncer, à se sacrifier, à mourir, à se consumer” pour Dieu et son troupeau, comme il avait souligné  avec force aux membres de la Congrégation pour les évêques chargée d’examiner à la loupe les candidats pressentis, et de les lui proposer.

Le discernement contre “l’immobilisme”

Cette année, le Pape a choisi d’insister sur l’importance du discernement “pastoral” mais également “spirituel” — “grâce de l’Esprit au saint peuple de Dieu” — qui renvoie à une “action communautaire” de l’évêque, c’est-à-dire à une action qui “ne fait abstraction ni des avis de vos prêtres et diacres, ni du Peuple de Dieu et de tous ceux qui peuvent vous offrir une contribution utile”. Sur ce point, le Pape est catégorique : un bon évêque, ne saurait jouer les “pères autoritaires” — “padre-padrone” comme on dit en italien — qui n’ont pour seul point de référence qu’eux-même. Car sa mission, a-t-il rappelé — “celle qui vous attend”, a-t-il dit aux nouveaux évêques — n’est pas de porter ses “propres idées et projets, ni des solutions conçues abstraitement par celui qui considère l’Église comme son jardin” mais d’offrir “humblement, sans protagonisme ni narcissisme” son “témoignage concret d’union avec Dieu, servant l’Évangile qui est à cultiver et qu’il faut aider à grandir dans vos situations spécifiques”, a-t-il ajouté.

À la lumière de cette mission, et comme antidote à “l’immobilisme” du “on a toujours fait comme ça”, le Pape encourage les nouveaux évêques à une attitude qui “ne se limite pas à appliquer de schémas”. Il les invite à ne pas avoir peur “de partager, et parfois modifier” leur propre discernement avec les autres, à avoir “le courage” de se demander si les propositions d’hier “sont encore évangéliquement valides”. Mais surtout, en digne successeurs des apôtres, ces nouveaux évêques sont appelés à ne jamais perdre de vue le sens premier de leur mission qui  est “d’offrir aux gens — aujourd’hui comme hier confus et perdus — ce que Lui, Jésus, a su donner : la possibilité de rencontrer personnellement Dieu, de choisir sa voie et de progresser dans son amour”, leur a-t-il bien recommandé avant de les quitter.

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