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L’œuvre méconnue d’Yvonne de Gaulle

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Elle est affectueusement surnommée "Tante Yvonne" par les Français. La femme du général de Gaulle a accompagné son mari à toutes les étapes de sa vie politique, mais c’est par sa fille, Anne, porteuse de la trisomie 21, qu’Yvonne de Gaulle a su œuvrer personnellement et discrètement.

Un bien qui ne fait pas de bruit. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Yvonne de Gaulle crée une fondation qui porte son nom pour favoriser l’accueil de jeunes filles handicapées. Une initiative en lien avec son histoire personnelle. En effet, Anne, le troisième enfant des de Gaulle, est née avec le gène de la trisomie 21. Pour le couple, accueillir au sein de leur famille une enfant handicapée est une épreuve divine. « Yvonne de Gaulle cachait sa fille, pour la préserver. Elle culpabilisait beaucoup. Elle pensait que c’était de sa faute, car à l’époque le handicap d’un enfant était toujours la faute d’un parent ! Elle voulait comprendre », explique aujourd’hui Stéphanie qui travaille pour la Fondation Anne de Gaulle.

Yvonne de Gaulle a toujours eu les moyens humains et financiers de s’occuper de sa fille. Anne, née en 1928, avait une gouvernante qui s’occupait d’elle au quotidien, jusqu’à sa mort, à l’âge de 20 ans. Mais la femme du Général a bien conscience d’être privilégiée, et que beaucoup de familles pauvres n’ont d’autre choix que de placer leurs enfants handicapés dans des asiles psychiatriques. Alors en 1947, elle crée une fondation dont la vocation est d’accueillir des jeunes femmes handicapées, issues en priorité des familles défavorisées.

Aidée par son mari et par Georges Pompidou qui assure la fonction de trésorier, elle donne une dimension chrétienne à sa fondation, tenue par des religieuses. Aujourd’hui la Maison Vertcoeur, à Milon-La-Chapelle dans les Yvelines, est restée fidèle à l’élan d’Yvonne de Gaulle. Bien que des laïcs aient remplacé les religieuses à la direction, des sœurs de Saint-Jean viennent proposer aux résidentes des temps de prière. Ouvert à toutes les confessions, un autre Foyer d’accueil médicalisé (FAM) a vu le jour à Versailles en 2011.

Le général de Gaulle, qui entretenait une relation très affectueuse avec sa fille écrivait : « Cette enfant était aussi une grâce. Elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut. »

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