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PMA : les trois raisons simples pour lesquelles l’Église y est défavorable

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La secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a confirmé ce mardi 12 septembre sur l'antenne de RMC/BFMTV que la PMA serait ouverte à toutes les femmes à partir de 2018 à l'occasion de la révision des lois de bioéthique. Une décision à l'impact sociétal fort sur laquelle l'Église propose une grille d'analyse exigeante.

Le projet avait été annoncé durant la campagne d’Emmanuel Macron, répété après son élection, il n’a donc été que confirmé et précisé ce mardi 12 septembre au matin par Marlène Schiappa, interrogée par Jean-Jacques Bourdin : la procréation médicalement assistée (PMA) sera bien ouverte à toutes les femmes à l’horizon 2018, c’est à dire étendue aux lesbiennes et aux femmes célibataires.

Ni dogmatique, ni moraliste, pleinement consciente des souffrances engendrées par l’infertilité, l’Église demeure pourtant opposée à cette pratique au nom de sa haute considération de la dignité de tout être humain. Une vision exigeante, source de nombreuses incompréhensions, que l’on peut synthétiser en trois points.

1 – Respecter l’intégrité de l’embryon :

La vie humaine doit être respectée dès sa conception. Compte tenu de cette vision fondamentale, l’Église ne peut accepter une pratique médicale qui conduit à la destruction des embryons surnuméraires qui ne seront pas implantés après fécondation in vitro (FIV) et ne seront pas l’objet de “projets parentaux”. “De cette perspective où l’on reconnaît l’être et la dignité de l’embryon humain comme valeurs absolues, découle le plein respect de son inviolabilité” rappelait l’Académie pontificale pour la vie lors de sa XIIe assemblée en 2006.

2 – Associer la fécondité à l’union des corps : 

La vie humaine résulte de l’union charnelle d’un homme et d’une femme. Au nom de sa vision de l’amour et du mariage, l’Église demeure fidèle à cette anthropologie naturelle et ne valide pas en conséquence la technicisation de la reproduction humaine. “L’amour est essentiellement don, et l’amour conjugal, en amenant les époux à la “connaissance” réciproque qui fait qu’ils sont “une seule chair”, ne s’achève pas dans le couple ; il les rend en effet capables de la donation la plus grande qui soit, par laquelle ils deviennent coopérateurs avec Dieu pour donner la vie à une autre personne humaine” affirmait saint Jean Paul II dans l’exhortation apostolique Familiaris Consortio de 1981.

3 – Protéger la filiation des enfants : 

Le cas particulier de l’insémination artificielle avec donneur (IAD) brouille la filiation des enfants. Ce cas, incontournable dans le cas des lesbiennes et des femmes célibataires qui bénéficieront de l’ouverture annoncée par Marlène Schiappa, prive délibérément l’enfant de la figure paternelle. “La fécondation artificielle hétérologue lèse les droits de l’enfant, le prive de la relation filiale à ses origines parentales, et peut faire obstacle à la maturation de son identité personnelle” indique l’instruction Donum Vitae de 1987.

C’est donc une vision haute de la dignité humaine, du caractère inviolable de la vie, de la protection de l’enfance, de la grandeur du mariage et de la beauté de la sexualité, qui guide la position exigeante de l’Église. Position que l’on pourrait résumer à une phrase : l’enfant est un don, pas un dû.

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