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Pape François : “Mon voyage en Colombie est un voyage un peu spécial”

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À bord de l’avion le conduisant à Bogota, le Saint-Père a souligné le caractère particulier de son 20e voyage apostolique alors que la Colombie se trouve dans une période délicate de son histoire.

Bien qu’il ait pour ambition d’annoncer l’Évangile, le voyage du pape François en Colombie est un voyage “un peu spécial” car il doit “aider” ce pays à “progresser sur le chemin de la paix”, a reconnu le Saint-Père devant la presse. C’était à bord de l’avion le conduisant à Bogota, première étape de son 20e voyage apostolique à l’étranger, son septième en Amérique Latine  après le Brésil (en 2013), l’Équateur, la Bolivie et le Paraguay (en 2015), Cuba (en 2015 et 2016), le Mexique (en 2016). Après Bogota, il se rendra à Villavicencio, Medellín et Carthagène des Indes. Il est le troisième pape à se rendre dans le pays après Paul VI en 1968 et Jean Paul II en 1986.

À bord de l’avion, le souverain pontife a demandé aux journalistes de prier pour le Venezuela et sa stabilité “à travers le dialogue de tous”, pays qu’il devait survoler, après l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal, Porto Rico (États-Unis), auxquels il a adressé, comme à chacun de ses voyages, un télégramme de salutations.

La veille – autre habitude avant de partir – le souverain pontife est allé se recueillir et déposer une gerbe de fleurs, aux pieds de l’icône de Marie « Salut du Peuple romain » (Salus populi romani), à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome,  pour lui confier le bon déroulement de son voyage. Voyage qu’il a présenté lui-même dans un message vidéo publié le 4 septembre, le plaçant sous le signe de la paix, de la guérison et de la réconciliation, dans un pays affligé par plus de 60 ans de conflits meurtriers.

Faire le premier pas

“Faisons le premier pas” est le thème de ce nouveau voyage du pape François en terre sud-américaine. Il intervient neuf mois après l’accord de paix de la Havane conclu entre le gouvernement de Bogota et la guérilla des FARC, et au lendemain d’un accord de cessez-le-feu bilatéral à Quito (Équateur), entre Bogota et l’Armée de libération nationale (ELN). Interrogé sur les enjeux de cette visite, Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a confirmé à Radio Vatican le caractère essentiellement pastoral de celle-ci – “comme, du reste, toutes les visites du Pape” – dont le but est de “confirmer et encourager les frères dans leur foi, vivifier leur charité, et les stimuler à vivre dans la joie de l’espérance chrétienne”.

Néanmoins il ne conteste pas l’importance d’un tel voyage à un moment “si particulier” pour la Colombie : “Cela lui donne effectivement  un accent particulier, important”, a-t-il reconnu, car le Pape, “comme pasteur de l’Église universelle et comme chef spirituel, veut soutenir ce processus, l’encourager, afin que le peuple colombien, après toutes ces luttes, après toutes ces destructions, ces souffrances, puisse connaitre une nouvelle réalité, une réalité de paix et de concorde”.

Le pays se trouve dans une phase délicate, signer un document ne suffit pas : “Il y a tout un chemin à faire à partir de cette signature (…) un chemin qui doit s’accomplir au quotidien, qui doit impliquer tout le monde, impliquer le cœur et l’esprit”, a poursuivi le cardinal Parolin. Et d’ajouter : « Je crois que le devoir, la mission fondamentale, de l’Église, en ce moment précis, est de favoriser la réconciliation. Ce point est crucial car il ne saurait y avoir de vraie paix, de paix vivante, bien réelle, en Colombie, sans réconciliation. Et naturellement,  la capacité de donner et de recevoir le pardon est un des grands outils de cette réconciliation”. Ce dont l’Église en Colombie est bien consciente, affirme-t-il, pour avoir vécu dans un contexte de conflit et de violence qui l’a en partie touchée, mais sans jamais “se laisser intimider, ou effrayer”, continuant d’accompagner ses fidèles, les encourageant à ne pas perdre espérance, et travaillant sans répit pour la défense et la promotion de la dignité de la personne, pour la défense et la promotion des droits de l’homme.

“Un moment de grâce” pour tout le continent

Oui la visite du pape en Colombie sera essentielle pour la réconciliation nationale, a prédit quelques jours plus tôt Mgr Fabio Suescún Mutis, directeur exécutif de la visite, en se faisant l’écho du “grand désir” des colombiens que celle-ci puisse “faire beaucoup de bien aux cœurs des hommes et à l’avenir de la Colombie”. Faire le premier pas, selon la devise de ce voyage, est “un désir, une décision qui se prend dans la vie”, a-t-il insisté sur Radio Vatican, “c’est prendre la décision de laisser tomber une situation qui ne convient pas, et prendre le chemin de l’avenir avec foi et espérance”. Ce dont la Colombie a bien besoin, a-t-il estimé.

Mais pour Mgr Suescún Mutis, cette visite du Pape en Colombie est “un moment de grâce”, “un cadeau de Dieu” également pour les peuples latino-américains en général, pour qu’ils “fassent revivre la foi qu’ils ont reçue et gardent comme un trésor”, mais qu’ils doivent concrétiser, rendre bien réel, dans la recherche de la justice et de la réconciliation, et le souci du bien commun pour tous.

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