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Être la nounou de ses petits-enfants : ce qu’il faut savoir avant d’accepter !

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C’est la rentrée et votre fille ou votre belle-fille n’a pas trouvé de mode de garde. Elle vous propose donc de vous occuper à plein-temps de vos petits-enfants. Vous les aimez beaucoup et et, habitant tout près, vous seriez bien tentée d’accepter. Avant de prendre votre décision, voici quelques repères de Christiane Behaghel, conseillère conjugale au Cler Amour & Famille.

Quand on est grand-parent, garder ses petits-enfants régulièrement, c’est un moyen de les voir grandir, de tisser des liens forts avec eux. C’est aussi une façon d’aider concrètement ses enfants. Combien de jeunes mères de famille courent le matin de la crèche au bureau, font les courses et les formalités administratives à l’heure du déjeuner, repassent par l’école à 18 h et affrontent ensuite à la maison leur deuxième journée (suivi des devoirs, bains, lessives, dîner…) ? Combien doivent s’organiser à la dernière minute lorsqu’un enfant est malade ou lorsque l’établissement scolaire annonce une “journée pédagogique”? Combien aussi n’arrivent pas à joindre les deux bouts ?

Face à de telles contraintes, quelle mère ou quelle belle-mère un peu disponible n’aimerait pas venir à la rescousse ? Mais c’est une chose est de dépanner en cas de coup dur, et une autre de venir de façon régulière, par exemple en récupérant les enfants le soir après l’école ou encore le mercredi. Et c’est également une toute autre chose que d’être instituée nounou à plein temps. Mère et grand-mère, conseillère conjugale, Christiane Behaghel nous aide à y voir clair.

A quelles conditions une grand-mère peut-elle être nounou à plein temps de ses petits enfants ?

Christiane Behaghel : Je vois quatre conditions :

1. Que les grands-parents soient en bonne santé. Facile quand on est jeune, la garde d’enfants petits devient plus fatigante avec l’âge. Elle l’est d’autant plus que l’on est sur le pont toute la journée, cinq jours d’affilée. Les enfants doivent comprendre que l’on n’a pas la même santé à 59 ans qu’à 69. Donner les bains par exemple est très fatigant. Le lieu de la garde est aussi à prendre en compte : si les grands-parents sont à la campagne avec un jardin clos dans lequel les enfants peuvent jouer librement, ce n’est pas la même chose que s’il faut occuper les enfants dans un appartement en ville.

2. Que les deux grands-parents soient bien d’accord entre eux. Parfois, la grand-mère voudrait accepter. Son mari n’est pas forcément dans le même état d’esprit. Il n’ose peut-être pas dire qu’il aspire à autre chose : s’engager à deux dans une association, voyager etc.

3. Qu’il y ait un plan B. Prévenir à l’avance sa fille ou sa belle-fille, et lui dire : “je te demande de prévoir une solution de rechange car je veux me garder la possibilité de partir faire une virée avec ton papa/ton beau-père”. Beaucoup de grands-parents doivent aussi veiller sur leurs propres parents âgés. Ils peuvent avoir besoin d’être auprès d’eux.

4. Que ce soit dans un temps limité et que les choses soient dites dès le départ : “je te dépanne pour un trimestre mais pas toute l’année”. Les conditions de la garde doivent être posées très clairement vis-à-vis des parents et vis-à-vis de la propre capacité de la grand-mère à y répondre.

Si la grand-mère est la nounou de ses petits-enfants, quelle est sa position par rapport à eux ?

Christiane Behaghel : Comme elle voit beaucoup ses petits-enfants, elle les connaît bien. Elle pourrait avoir l’impression d’avoir des droits sur eux et vouloir trop bien faire en suggérant ou en apportant des solutions, sans tenir compte de l’avis des parents. Je vois plutôt son rôle comme un relais. En première ligne, elle peut donc dire ce qu’elle observe pour aider les parents dans leur tâche d’éducateurs.

Quand les grands-parents gardent leurs petits-enfants, ils en ont la responsabilité. Quand ils “rendent” l’enfant, ils ne l’ont plus. Leur rôle se borne à celui de conseiller : “Je serais toi, je l’emmènerais chez le médecin”.

Quelle peut être sa relation avec les parents, qui ne sont pas ses employeurs mais ont tout de même des désirs ?

Christiane Behaghel : Elle peut prendre des “ordres” mais je les vois plutôt comme des consignes pratico-pratiques. Par exemple “donner un fruit au goûter”. Elle s’attachera à les suivre sans tricher. Cela peut poser parfois des problèmes si les parents exigent des choses comme emmener les enfants tous les jours au parc et que les grands-parents -à la longue- sont trop fatigués pour le faire. Ou bien encore s’ils râlent parce que les enfants sont trop devant la télé…

Je conseille d’établir la liste des consignes dès le départ. Souvent, sous prétexte que l’on est en famille, on pense que cela va de soi et on se tait. Mais les choses ressortiront d’une manière ou d’une autre. Les parents finiront par râler parce que l’un de leurs désirs n’est pas appliqué. Mieux vaut parler de tout cela tranquillement, ne pas être trop exigeant d’un côté et de l’autre, présumer de ses forces.

Si la grand-mère est nounou pour l’un de ses enfants. Ses autres enfants ne vont-ils pas trouver cela injuste ?

Christiane Behaghel : Il faut espérer que les autres enfants comprennent. Pour cela, il ne faut pas que cela dure trop longtemps. Que cette garde soit prise comme un coup de main. Une de mes amies allait chaque jour de la semaine chez un enfant différent, par souci d’équité. Ses filles et belles-filles étaient ravies. Mais l’amie était épuisée.

D’autre part, je me souviens d’une conversation avec un prêtre qui cherchait des dames pour faire le catéchisme à la rentrée. Non seulement, il ne trouvait pas de jeunes femmes mais les grands-mères n’étaient pas non plus disponibles car elles gardaient leurs petits-enfants !

Témoignage d’Anne, grand-mère de trois petites filles

“Ma fille n’a pas trouvé de place en crèche, ni de garde partagée pour son bébé de trois mois. Comme je suis puéricultrice de formation, que je garde des enfants régulièrement, elle m’a proposé d’être la nounou de sa fille. Je n’avais pas envisagé cette possibilité mais j’ai accepté pour un an seulement, le temps pour elle de trouver une solution satisfaisante. Je trouve aussi que garder un bébé est très facile. Cela me permet de faire plein de choses chez moi ou de l’emmener avec moi. C’est différent si l’enfant marche et qu’on doit aller au parc avec lui. Je suis heureuse de pouvoir profiter de ma petite-fille. De son côté, ma fille est très sereine. Elle sait par exemple que je ne l’appellerai pas si Inès est malade.

Je suis déclarée, j’ai un contrat comme n’importe quelle nounou. Cela permet à ma fille de toucher l’allocation de la CAF et à moi d’être couverte en cas d’accident. Je tiens aussi à ce que les horaires soient respectés parce que j’ai des activités en fin de journée. Si ma fille ne peut pas aller chercher le bébé à 16 h 30, elle doit prendre une baby-sitter. En revanche, j’ai divisé le salaire habituel par deux.

Concernant les règles de vie, ma fille m’a demandé par exemple de donner le biberon toutes les 4 heures. Je lui ai dit que ce ne serait pas possible d’être aussi strict sur les horaires et que ce serait la même chose en crèche. Comme nous sommes en confiance, c’est plus facile”.

Tags:
enfant
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