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L’archevêque d’Abuja : “La messe n’est pas un divertissement social”

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"Ni discothèque, ni divertissement". Le cardinal nigerian John Olorunfemi Onaiyekan a redit aux catholiques d'Afrique l'importance de veiller à la beauté et la solennité de la célébration eucharistique. Une exhortation qui ne manquera pas d'interpeller les fidèles des autres continents.

Les cardinaux d’Afrique sont décidément en pointe sur les questions liturgiques. Après le cardinal Robert Sarah qui rappelle régulièrement combien il est important de veiller à la beauté de la messe, c’est le cardinal John Olorunfemi Onaiyekan — archevêque de la capitale du Nigeria, créé cardinal par Benoît XVI en 2012 — qui s’est exprimé sur le sujet, le 11 août dernier.

Fidès, l’agence de presse des Œuvres Pontificales Missionnaires, rapporte ainsi les propos très précis tenus par le prélat, âgé de 73 ans, à l’occasion du 4e Congrès eucharistique national organisé par l’église du Ghana, qui a réuni à Jasikan près de 10 000 fidèles, venus de 20 diocèses différents de la région, du 7 au 13 août dernier.

Au cours de son intervention, le cardinal n’a pas hésité à utiliser des images saisissantes. “La messe n’est ni un divertissement social, ni une sortie en discothèque” a t-il ainsi déclaré. Toutefois, on ne saurait réduire son propos à une charge rigoriste, fermée à toute évolution ou adaptation culturelle.

Hommage au concile Vatican II

Mgr John Olorunfemi Onaiyekan a ainsi rendu hommage à l’héritage du concile Vatican II qui a donné la possibilité de dire la messe dans la langue d’usage et d’introduire des éléments culturels locaux. “Nous n’avons plus peur de creuser dans les patrimoines spirituels de nos ancêtres, nous trouverons facilement des trésors que l’esprit du Seigneur a mis dans l’esprit de nos peuples avant l’arrivée de la foi chrétienne”.

Aussi le cardinal ne rejette t-il pas, par exemple, les spécificités locales lors des célébrations. Mais celles-ci doit exclusivement servir à porter la prière et à la prise de conscience de la réalité eucharistique, à savoir la présence effective du Christ sur l’autel. “Même si nous faisons résonner les accents des tambours africains, il est toujours important de conserver la solennité que le Saint Sacrifice de la Messe mérite”.

L’attention que porte le cardinal à la belle liturgie relève avant tout d’un souci d’évangélisation : “Dans toute nouvelle période d’évangélisation, cependant, l’Eucharistie est célébrée et adorée et il ne peut y avoir d’évangélisation sans Eucharistie. Dès lors, aucune nouvelle évangélisation n’est possible si l’Eucharistie n’est pas prise sérieusement”, a t-il conclu.

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