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Comment les Augustines de Malestroit voient Jésus dans chaque malade

© Sophie Le Noen
Au service des malades, sœur Jeanne Aimée et son collègue Franck.
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À Malestroit, dans le Morbihan, une grande clinique s’élève à l'entrée de la ville. Elle appartient à la congrégation hospitalière des sœurs Augustines, "nées des besoins de l'Église, de la reconnaissance du visage de Jésus dans le pauvre et le malade".

Défilé de fauteuils et de déambulateurs à la messe de l’Assomption au couvent des Augustines de Malestroit. Sœur Catherine est allée quelques minutes plus tôt chercher les patients de la clinique qui désiraient assister à la messe. Entre la clôture et le couloir de la clinique, il n’y a qu’un pas, que 6 des 29 sœurs franchissent chaque jour.

Fondées au Moyen Âge par des femmes qui ont voulu lutter contre la misère du port de Dieppe, les Augustines sont des sœurs hospitalières. Répandues dans l’ouest de la France, elles sont particulièrement bien implantées à Malestroit, petite ville du Morbihan de 2400 âmes, où une grande clinique gériatrique est construite dans la continuité du monastère.

Accueillir les patients et leurs familles

“Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, notre “refondatrice”, Mère Yvonne-Aimée, est arrivée dans un “trou perdu”. Même moi je n’ai pas trouvé Malestroit sur la carte de Bretagne quand je suis venue la première fois !”, s’amuse sœur Martine, l’hôtelière. Jusqu’en 2003, l’établissement comptait des service de chirurgie et une maternité. Mais la direction a dû se rendre à l’évidence : compte-tenu de la démographie médicale et locale, pour survivre, il fallait devenir un établissement gériatrique. En dix jours, la maternité est devenue une unité de soins palliatifs.

Désormais, chaque jour, six sœurs quittent le cloître pour retrouver les patients. En unité de soins palliatifs ou à l’accueil, mais aussi à la cafétéria, comme sœur Miryam, 80 ans, qui sert croissants et cafés aux familles des patients. Toutes les sœurs, ou presque, ont à un moment ou à un autre, effectué une mission au sein de l’établissement. Mais il y a aussi la vie du monastère : cuisine, entretien ou bien encore hôtellerie qui bat son plein.

L’hôtelière, sœur Martine, s’affaire tranquillement, son téléphone à la main : jeunes en discernement ou en révision d’examens, mais aussi familles des patients… les chambres sont souvent pleines. “Je ne suis plus soignante à la clinique, mais ici aussi je m’occupe des autres”, dit-elle avant de repartir faire un lit à la hâte : la directrice de la clinique s’annonce.

Une vie de prière auprès des plus faibles

“Je ne suis pas rentrée au monastère pour faire carrière !” Sœur Roxane

Comme chaque matin, sœur Jeanne-Aimée enfile sa blouse d’infirmière pour entrer au service des plaies de longue durée. Nécroses, escarres… “c’est la médecine pauvre que personne ne veut pratiquer !”, explique la jeune sœur entre deux pansements. Franck, infirmier lui aussi, ne semble pas très gêné par le voile de sa collègue. Les taquineries vont bon train, jusqu’à ce que l’angélus sonne et que la religieuse file au réfectoire. “Il y a un juste milieu à trouver entre le travail, la vie de prière, et la vie communautaire” témoigne sœur Roxane, responsable de l’unité de soins palliatifs. “Je ne suis pas rentrée au monastère pour faire carrière !”

Vie de prière et travail auprès des plus faibles : “Nous sommes inséparablement tournées vers le Père et vers les hommes”, explique la prieure, sœur Marie Paul. Dans le sillage de saint Augustin, leur vocation au service de leurs frères malades est l’expression la plus fidèle de l’amour. “Nous pansons les plaies des corps… mais aussi des âmes”, conclut sœur Jeanne-Aimée.

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