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Burkina Faso : des prêtres à l’école du bienheureux Antoine Chevrier

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"Le prêtre diocésain dans la spiritualité du Prado" : c’est le thème d’une retraite prêchée à des prêtres burkinabé dans le cadre des sessions-retraites sacerdotales, organisées par la Commission épiscopale pour le clergé, durant les vacances d’été, du 20 au 28 août 2017, au Grand Séminaire Saint-Jean-Baptiste de Wayalghin (Ouagadougou).

Celles de cette année sont consacrées à la découverte des spiritualités comme entre autres, celle du Prado, fondé par le Bienheureux Antoine Chevrier (1826-1879), un prêtre français. Il est revenu à un prêtre pradosien, le père Paul Damiba, formateur au grand séminaire Saints-Pierre-et-Paul de Kossoghin (Ouagadougou), de présenter cette spiritualité à ses confrères participants. Ainsi, comme le fit jadis le père Antoine Chevrier à l’égard de ses compagnons, le père Paul a invité ses confrères à être, vivre et agir en tant que prêtre selon l’évangile.

Pour le père Chevrier, le prêtre, selon l’Évangile, est d’abord un véritable disciple de Jésus Christ. L’agir apostolique du prêtre est l’expression de sa communion avec le Maître. “Prêtre selon l’Évangile” et “Véritable disciple de notre Seigneur Jésus Christ” sont deux expressions interchangeables, comme le montre le titre de l’ouvrage phare du père Antoine Chevrier, Le Véritable disciple.

Le Seigneur envoie ses prêtres pour porter des fruits, des fruits abondants et durables (Jn 15, 8-16). Mais, pour produire ces fruits, il faut demeurer dans le Christ et se laisser tailler par le Père. En même temps, les fruits sont l’expression de l’être même du véritable disciple de Jésus Christ. “La gloire de mon Père, c’est que vous portiez du fruit en abondance et que vous soyez mes disciples” (Jn 15,8). Comment il y a une relation profonde entre “l’être disciple” et l’efficacité apostolique ? “La sainteté des prêtres est d’un apport essentiel pour rendre fructueux le ministère qu’ils accomplissent ; la grâce de Dieu, certes, peut accomplir l’œuvre du salut même par des ministres indignes, mais, à l’ordinaire, Dieu préfère manifester ses hauts faits par des hommes que leur union intime avec le Christ et la sainteté de leur vie habilitent à dire avec l’Apôtre : “Si je vis, ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi” (Ga 2,20).

Selon le père Chevrier, le chemin de la sainteté sacerdotale, c’est d’être de véritable disciple de Jésus, c’est-à-dire, de le suivre « de plus près » sur le chemin qu’il a pris pour devenir “l’Apôtre et le Grand Prêtre de la foi que nous professons” (Hb 1,3). Dans la lumière du mystère de l’Incarnation, Antoine Chevrier s’est décidé à suivre de plus près Jésus-Christ afin de travailler plus efficacement à la mission, au milieu des pauvres. Comment être prêtre selon l’Évangile sans entrer dans le dynamisme du “suivre Jésus-Christ” ?  L’apôtre est d’abord fondamentalement un disciple. (P.O n°2 ; Const. N° 1 – 5 ; V.D., p. 101). “Il suffit au disciple d’être comme le maître”. Il ne suffit pas d’imiter Jésus-Christ extérieurement. La vocation du prêtre est de le re-présenter, c’est à dire de le rendre présent parmi les hommes. C’est l’Esprit qui rend cela possible. Celui qui s’ouvre à l’action de l’Esprit pourra le re-présenter malgré les fragilités et les limites de toute personne humaine. Contempler le Modèle, jusqu’à ce qu’il vive en nous par son Esprit.

Cette contemplation du Christ, modèle parfait, suit un dynamisme que décrit le tableau de Saint-Fons à travers trois réalités fondamentales du mystère du Verbe fait chair. Ce sont : la crèche : (“Le prêtre est un homme dépouillé : Plus on est pauvre ; Plus on glorifie Dieu ; Plus on se rend utile au prochain”) ; la croix (“Le prêtre est un homme crucifié : Plus on est mort ; Plus on donne la vie”) et le tabernacle (“Le prêtre est un homme mangé : devenir du bon pain”)

Ce dynamisme du tableau de Saint-Fons donne aux prêtres la clé de tout le processus de leur vie sacerdotale : il s’agit pour eux de devenir du Bon Pain, de donner la Vie. L’union et la conformité avec Jésus Christ les fait entrer dans le courant d’amour du “prenez et mangez” de Jésus. C’est un amour dépouillé et crucifié, un amour qui se livre pour tous, sans posséder ou se laisser posséder par rien ni personne en exclusivité. Pauvre pour enrichir le plus grand nombre. Obéissant pour aimer jusqu’à l’extrême. Le prêtre est un homme qui cherche à devenir du Bon Pain pour tous ceux qui ont faim et soif de la justice de Dieu.

“Le prêtre est un homme manger”, aimait donc dire le père Antoine Chevrier dont le nom est profondément lié à l’histoire du catholicisme lyonnais dans sa dimension sociale. Vicaire au quartier de la Guillotière, il rachète une salle de bal, le Prado, pour accueillir les pauvres et évangélise les enfants du quartier. Il fonde en 1960 la Société du Prado pour incarner cette intuition forte. Celle-ci est aujourd’hui présente dans une quarantaine de pays et poursuit la même démarche. Béatifié par saint Jean Paul II en 1986, le père Antoine Chevrier a développé son idéal du prêtre et de la vie évangélique dans son livre intitulé Le Véritable Disciple de notre Seigneur Jésus-Christ.

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