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La Garde suisse se déclare prête en cas d’attentat

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En charge de la sécurité du Pape, la Garde suisse a affirmé, par la voix de son commandant, qu'elle était préparé si un attentat avait lieu au Vatican.

La Garde suisse pontificale — dernière Garde suisse encore existante, créée au XVIe siècle par le pape Jules II — était rassemblée ces 19 et 20 août à Soleure, en Suisse, pour leur 27e rassemblement. En plus des 110 militaires actuels, étaient également présents les 450 anciens gardes suisse. Le cortège, fanfare en tête, se rendant à la cathédrale St-Ours et St-Victor, a fait forte impression dans les rues de la vieille-ville de Soleure dimanche 20 août au matin, affirme le site Cath.ch. Deux jours après les attentats qui ont ensanglanté la Catalogne le 17 août, le colonel Christophe Graf en a profité pour déclarer que son armée est bien préparée à faire face aux menaces, notamment terroristes.

Jusqu’à présent, la Botte et le Vatican ont été épargnés par les attentats islamistes, notamment de l’État islamique (EI)« Ce n’est peut-être qu’une question de temps avant qu’un tel attentat se produise à Rome. Mais nous y sommes préparés », a expliqué celui qui dirige la garde depuis 2015. La menace pointée par Christophe Graf semble réelle. L’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient a récemment publié un photomontage qui circule sur Telegram, messsagerie très prisée des djihadistes, montrant un militant de Daech devant la coupole de Saint-Pierre en flammes. Toutefois, le Saint-Siège explique que le niveau de sécurité « est déjà très élevé ». Celui-ci a été augmenté après l’attentat de Barcelone, comme le rapporte La Croix. La police italienne, responsable de la sécurité aux alentours du Vatican, a nettement renforcé ses contrôles autour la place Saint-Pierre. Police et armées stationnent constamment sur la via della Conciliazone, la grande avenue qui mène au Vatican depuis le Tibre. La Garde suisse tient néanmoins à jouer un rôle de premier plan dans la protection du pape.

© Antoine Mekary / ALETEIA
La Garde suisse le 6 mai 2016.

Malgré l’aspect festif et amical de la rencontre qui s’est déroulée en suisse, l’assemblée générale a ainsi été l’occasion d’évoquer les sujets du moment notamment la formation religieuse et spirituelle des gardes ou la sécurité au Vatican et de rappeler que les gardes ne sont pas seulement un sujet photographique pour les touristes avec leur costume pittoresque, leurs épées et leurs hallebardes. La Garde suisse constitue une vraie troupe de protection formée aux techniques les plus modernes. Ainsi, comme le relève le site suisse, la formation initiale, menée en collaboration avec la police du Tessin suisse, a doublé. Elle est passée de deux à quatre mois. Les militaires y apprennent notamment le tir, la sécurité rapprochée, la protection incendie et les premiers secours. Les questions juridiques sont également au programme.

Christophe Graf, qui constate un « effet pape François », se félicite que plusieurs vocations sacerdotales et religieuses aient éclos durant le service à la Garde suisse. Selon lui, beaucoup de jeunes s’engagent dans la plus petite armée du monde, parce qu’ils cherchent leur orientation de vie et n’ont pas seulement un intérêt pour l’aspect militaire ou sécuritaire. Ces derniers s’engagent pendant minimum 26 mois à protéger l’évêque de Rome, y compris jusqu’au sacrifice ultime. Ils prêtent ainsi ce serment le 6 mai, en souvenir de ce jour de 1527, quand 147 gardes suisses furent tués par les lansquenets de Charles Quint en protégeant le tombeau de saint Pierre et le pape Clément VII (1523-1534).

Si la Garde parvient à motiver suffisamment de jeunes, notamment en quête  de spiritualité, d’après Christophe Graf, le commandant, inquiet face à l’évolution de la société toujours plus sécularisée, se demande si cela sera le cas dans dix ans.

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