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Traverser le cancer avec Zélie Martin

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À l’occasion de la sortie de nouvel ouvrage de LIFE éditions « Traverser le cancer avec Zélie Martin et la Vierge du Sourire », rencontre avec Guillaume d’Alançon, à l’origine de ce projet, qui nous présente ce petit ouvrage salutaire pour les malades en manque de soutien spirituel.

Aleteia : Quels sont les fruits de la prière lorsque l’on est atteint d’un cancer ?
Guillaume d’Alançon : Lorsque qu’une personne découvre qu’elle est atteinte d’un cancer, elle sent trembler les fondements qui la maintiennent en vie. Ce qu’elle savait intellectuellement, par les témoignages, elle est en mesure de le concevoir par elle-même : oui, ma vie est fragile et l’instant qui passe ne durera pas toujours. Elle fait ainsi l’expérience d’une pauvreté radicale. Une telle secousse constitue plus ou moins rapidement un traumatisme profondément déstabilisant. Que faire ? Que dire ? Comment vivre avec après un pareil choc ? Face à un tel constat de fragilité de la nature humaine, une fois considérées les possibilités de soin offertes par la médecine, il y a deux portes de sortie : le désespoir ou l’Espérance, la mort ou la vie. Le rôle de la prière apparaît alors vraiment. En se tournant vers Dieu, qui s’est manifesté aux hommes en Jésus-Christ, la personne malade est sûre que la vie a un sens plus profond que la seule satisfaction des besoins naturels. Il ne s’agit pas seulement de survivre pour un temps à la mort physique, mais de connaître la joie et la paix profonde que rien ne pourra altérer. Et seule la prière permet de demeurer dans cette certitude que « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu » et que nous ne serons jamais seuls. Mais qu’est-ce que prier sinon laisser Dieu prendre toute sa place en nous, en lui consacrant ce temps de silence et de solitude nécessaire à son action ? Pour ne pas blesser notre liberté, n’a t-il pas besoin de notre concours ? Ajoutons que les sacrements sont, de manière éminente, le lieu du travail de l’Esprit-Saint en nous. C’est lui qui prend la main pour nous ramener vers le Père.

Faut-il prier pour obtenir la guérison ou une “bonne mort” ?
Il faut prier pour aimer Dieu toujours plus. C’est en effet dans l’amour que nous trouvons la réponse à toutes nos questions et à toutes nos angoisses. Un père chartreux disait : « Plus on se rapproche de Dieu, plus on est heureux, plus on va vite vers Dieu”. Oui il faut prier pour vivre intensément uni à la volonté de Dieu, l’accepter petit à petit. Cela demande une humilité grandissante, comme est grandissant l’abandon en sa volonté sur nous. La prière pour obtenir la guérison, ou celle qui demande la bonne mort, doit être inséparable d’une attitude profonde d’abandon et de confiance en Dieu.

Que dire à Dieu lorsque la souffrance et la peur de la mort nous conduisent à la révolte ?
La souffrance et la peur de la mort font tressaillir notre nature humaine parce que nous n’avons pas été créés pour la souffrance, la douleur, la mort. C’est une conséquence du péché originel. Le Christ, lui-même, a pleuré lorsqu’est mort son ami Lazare, il a aussi connu l’angoisse lors de sa Passion et nous est donc infiniment proche, hormis le fait qu’il n’a jamais péché. Lorsqu’un sentiment de révolte surgit, il est bon de laisser jaillir l’émotion, les larmes, sans oublier de les évangéliser, c’est-à-dire d’offrir au Père cette souffrance, comme Jésus à Gethsémani. La question de la révolte devant le mal, la mort et la souffrance, nous rappelle celle de notre confiance en Dieu qui est père. S’il n’y avait qu’une chose à dire à Dieu dans l’épreuve, ce pourrait être celle-ci : « Seigneur, j’ai peur et j’ai mal, mais je cours me jeter dans vos bras » ou encore « Seigneur, je ne comprends pas, j’ai du mal à accepter… mais je vous aime et je veux rester fidèle à votre amour pour moi. »

Comment réagir lorsqu’un proche est atteint par un cancer ?
Plus nous sommes des priants, plus il nous sera aisé de trouver la bonne manière de réagir. Le plus beau cadeau que nous pouvons offrir à quelqu’un de notre entourage touché par cette maladie, c’est d’être un ami de Dieu. Si nous sommes dans la paix, celle-ci ne pourra être qu’être contagieuse. Point n’est besoin d’abondance de paroles, d’autant que la personne ne peut être réduite à sa maladie. Il est bon en effet de vivre normalement… Cette amitié avec Dieu ouvrira nos bras et nos mains pour trouver les gestes, la délicatesse…

En quoi Zélie Martin peut-elle servir d’exemple ?
Sainte Zélie Martin a connu le cancer. La neuvaine que nous proposons s’inspire de ses paroles et actions immensément riches et fécondes. Les personnes confrontées à cette maladie le sont toutes avec un degré divers et une perception qui leur est propre. Il ne peut être question d’appliquer un « protocole » uniforme mais d’avancer humblement et confiants sur un chemin de consolation et de guérison intérieure… aux heureuses conséquences physiques. Lorsqu’une personne connaît la paix de Dieu, son corps et sa psychologie sont moins soumis au stress. Sainte Zélie a connu les différentes phases du cancer à une époque où les soins étaient très insuffisants. Du Ciel, elle peut intercéder pour chacun.

Qui est la Vierge du sourire ?
Posée sur une commode de la maison de Louis et Zélie Martin, la statue de la Vierge du Sourire était vénérée par toute la famille. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, la petite dernière, écrira plus tard : « Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle… Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le “ravissant sourire de la Sainte Vierge”. Alors toutes mes peines s’évanouirent. »
La douleur de ceux qui sont affectés par le cancer a besoin de cette douceur de Notre Dame. Un regard, parti de son cœur, suffit pour consoler ceux qui en ont besoin. À condition de se laisser faire, comme un enfant.

Propos recueillis par Angélique Provost.

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