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Le pape François veut favoriser l’intégration des migrants

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Le souverain pontife a publié un message concernant la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié où il propose des mesures afin d'améliorer l'accueil.

À cinq mois de la Journée mondiale qui leur est dédiée, promue par l’Église catholique, et qui se déroulera le 18 janvier prochain, le pape François a donné des instructions afin d’améliorer l’intégration des migrants et des réfugiés. Le message publié par le Bureau de presse du Saint-Siège s’articule autour de 4 mots pour une « réponse commune » au problème migratoire : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Le souverain pontife à notamment défendu le regroupement familial — « y compris des grands-parents, des frères et sœurs et des petits-enfants — sans jamais le soumettre à des capacités économiques » et « offre de parcours de régularisation extraordinaire pour des migrants qui peuvent faire valoir une longue présence dans le pays ».

Dans le même temps, l’évêque de Rome se déclare opposé « à la détention pour ceux qui entrent sur le territoire national sans autorisation ». Dans les pays d’accueil, les étrangers doivent avoir accès « à l’assistance sanitaire nationale et aux systèmes de pension », estime le souverain pontife, qui rappelle aussi qu’ils doivent jouir de la liberté de leur pratique religieuse. Le pape François a également affirmé que « les expulsions collectives et arbitraires de migrants et de réfugiés ne constituent pas une solution adéquate, surtout lorsqu’elles sont exécutées vers des pays qui ne peuvent pas garantir le respect de la dignité et des droits fondamentaux », sans préciser qui était visé. Alors que les peurs liées aux attentats islamistes sont plus que jamais vives en Europe, le Pape a nié tout lien entre terrorisme et migrants, soulignant que « le principe de la centralité de la personne humaine (…) nous oblige à toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale », rapporte La Croix.

Favoriser l’accueil des migrants

Il préconise l’octroi de « visas temporaires spéciaux pour les personnes qui fuient les conflits dans les pays voisins ». Le message publié par le Saint-Siège énonce également « la garantie d’une subsistance minimum vitale » et le besoin de la liberté de mouvement pour les migrants, de la possibilité de travailler et de l’accès aux moyens de télécommunication, nous apprend I.Media. De même, l’accès à l’assistance sanitaire nationale et le système de retraites ne devraient pas être « limit[ées] ».

Pour finir, le souverain pontife a plaidé pour une intégration qui « n’est pas une assimilation qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle ». Il s’agit pour l’évêque de Rome d’un « processus de longue haleine » qui concerne ceux qui accueillent comme ceux qui sont accueillis, et qui peut être « accéléré à travers l’offre de citoyenneté dissociée des capacités économiques et linguistiques » et par la régularisation de sans-papiers « qui peuvent faire valoir une longue présence dans le pays ». Pour lui, cette intégration représente une opportunité « d’enrichissement interculturel général » pour les pays d’accueil. Ce message a reçu un accueil très mitigé, bien reçu à gauche et beaucoup moins à droite, avec des réactions parfois violentes sur les réseaux sociaux, notamment chez certains catholiques.

La Journée mondiale du migrant et du réfugié a été instauré en 1914 par le pape Benoît XV. L’Église catholique s’est toujours souciée de l’accueil des étrangers, rappelant régulièrement que Jésus s’est lui-même identifié à eux (Matthieu 25, 35). Par cette journée, elle cherche à rappeler certaines de ses valeurs universalistes. Pour le pape Jean Paul II, « la célébration annuelle de la Journée mondiale du migrant et du réfugié sera l’occasion de redoubler d’efforts… afin que nous puissions être aidés à vivre ensemble devant Dieu — au même moment — un jour de prière, d’action et de sacrifice pour la cause des migrants et des réfugiés ». De son côté, le pape François, depuis son arrivée au Vatican, a toujours tenu à prôner l’accueil et l’ouverture, notamment depuis son passage à Lampedusa, île italienne où ont échoué des milliers de migrants, le 8 juillet 2013.

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