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Un nouvel évêque redonne espoir aux syriaques orthodoxes

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L'archevêque Maurice Amseeh est arrivé le samedi 19 août dans la ville de Hassaké, ville du nord-est de la Syrie, quatre ans après la disparition du précédent évêque.

Événement majeur pour les syriaques orthodoxes de Hassaké, ville du nord-est de la Syrie, qui ont célébré le samedi 19 août l’arrivé du nouvel archevêque de leur communauté, Mgr Maurice Amseeh. Le dernier évêque de la communauté, Mouris Amsi, soutien du régime de Bachar al-Assad, avait dû fuir le pays, il y a quatre ans, à cause de la guerre civile entamée deux ans auparavant et qui a déplacé plus de la moitié de la population et tué 330 000 personnes. Dans certaines régions, les chrétiens, qui représentaient 5% de la population avant mars 2011, ont été des cibles privilégiées par Daech qui a détruit et profané nombre d’églises et de symboles chrétiens.

L’Église syrienne remonte à la première communauté chrétienne d’Antioche, mentionnée dans les Actes des Apôtres (chapitre 11) et devenue l’un des centres chrétiens les plus importants aux premiers siècles. Avec 1,2 million de membres, la communauté chrétienne de Hassaké représentent 15% des chrétiens de Syrie. Depuis le début de la guerre, la communauté chrétienne de Hassaké est divisée. Alors que l’évêque syriaque orthodoxe Mouris Amsi et l’archevêque syro-catholique de la ville, Jacques Behnan Hindo, ont défendu le régime syrien de al-Assad, d’autres chrétiens ont soutenu les Kurdes, notamment en combattant au sein de la milice du Conseil militaire syriaque (MFS). Aujourd’hui, la ville est partagée entre les Kurdes et le régime de Bachar al-Assad, qui ont chassé l’État islamique (EI) le 28 juillet 2015. Les premiers contrôlent la majeure partie de la province, qui appartient à « l’administration autonome » kurde, quand le second détient certaines zones.

Réunis ce samedi 19 août dans la cathédrale Saint-Georges, à Hassaké, où une grande photo d’al-Assad était accrochée à l’extérieur, les fidèles ont perçu l’arrivée de Mgr Maurice Amseeh comme un signe de résistance de leur communauté. « Il est vrai que beaucoup de gens sont partis, mais nous sommes toujours là, et ce qui s’est passé aujourd’hui est la preuve que nous sommes encore ici dans ce pays et que nous resterons », a déclaré Jenny Hakop, étudiante de 23 ans, à l’AFP. Pour eux, cette arrivée marque un véritable renouveau.

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