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Qu’est-ce qu’un campanile ?

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Pour certains il s’agit d’une chaîne de restaurants jalonnant le bord des routes. En réalité, il s'agit d’un élément architectural à proximité directe d’une église. Le plus connu des campaniles italiens étant bien sûr celui de Pise, cette fameuse tour penchée que tous les touristes tentent de soutenir avec leur main, l’instant d’une photo.

Deux acceptions différentes

L’Italie regorge de ces immenses tours distantes de quelques mètres des églises en haut desquelles sont installées des cloches, tandis qu’en France il ne reste que quelques spécimens du même style architectural comme à Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris. Le plus vieux campanile français serait celui de l’abbaye Saint-Pierre de Brantôme en Dordogne. De plus modestes exemples à Allauch (Bouches-du-Rhône) ou Sisteron (04) sont aussi des campaniles mais dans la deuxième acception du terme, c’est-à-dire des clochers surmontés d’un petit édifice la plupart du temps en fer forgé, dans lequel est suspendu une cloche. On trouve nombre de ces campaniles dans le sud-est de la France.

Pourquoi des campaniles ?

Qu’elles fussent carrées, à plusieurs pans ou rondes, les tours sont le plus souvent construites à côté de l’église et sont composées d’arcades disposées sur de nombreux étages. Plusieurs hypothèses expliqueraient la construction des campaniles en Italie à partir du VIIe siècle, soit que le clocher fut tombé à cause de la foudre ou que le terrain fut secoué par des tremblements de terre. D’aucun évoque une prise au vent moins importante et donc une moins grande fragilité quand il s’agit des campaniles en fer forgé que l’on retrouve davantage dans l’Hexagone.

Plus de 1000 campaniles en France

Le mot campanile provient de la région Campanie, au sud de l’Italie où de nombreux fondeurs de cloches avaient leurs ateliers. Du reste en latin, campana signifie cloche. Un beau livre photos, paru en 2010 aux éditions Equinoxe, recense en France plus de 800 campaniles mais non pas les grandes tours italiennes, simplement les édicules en fer forgé posés au sommet des tours d’église ou des bâtiments communaux. Les cloches appelaient aussi bien les fidèles à l’office Divin que les ouvriers à leurs travaux et sonnaient le milieu du jour.

Une beauté fragile

À l’instar des enclos paroissiaux bretons qui pouvaient être l’objet de rivalité entre villages, les campaniles italiens participaient largement à la gloire d’une cité. Seulement comme ils ne sont pas adossés à des édifices et qu’ils sont très haut, dépassant largement les toits des églises, un certain nombre d’entre eux s’affaissent ou s’écroulent comme ce fut le cas pour celui de la basilique Saint-Marc de Venise. Il se plia en deux pour s’écrouler sur la place éponyme, un 14 juillet 1902, quasiment 1000 ans après le début de son édification en l’an 911. En dix siècles, il avait déjà subi foudres et incendies à de multiples reprises mais toujours reconstruit au même endroit et agrémenté, à chaque fois, de plus beaux atours.

Pour en savoir plus : La France des campaniles, de François Mellé et Anne-Marie Joubert, Edition Equinoxe, 2010.

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