Aleteia

Qu’est-ce qu’une commanderie ?

Share
Comment

L’image des Templiers et des Hospitaliers est ancrée dans l’imaginaire collectif. De ces ordres militaires et religieux subsistent quelques vestiges riches d’enseignements quant à leur fonctionnement. Parmi ceux-ci, quelques unes des très nombreuses commanderies qui existaient en France et dans le monde.

La commanderie est indissociable des ordres religieux et militaires, aujourd’hui disparus, à l’exception de l’ordre souverain de Malte qui, bien que conservant un titre militaire, est constitué en organisation non gouvernementale. Ces ordres dédiés à la protection armée des lieux saints, des pèlerins et des intérêts de l’Église ne pouvaient, en effet, fonctionner comme des ordres purement religieux ni comme de simples armées. Les frères membres de l’ordre, moines-soldats ou appelés à d’autres fonctions, devaient pouvoir suivre la règle de l’ordre et demeurer fidèles à leurs vœux tout en satisfaisant les exigences logistiques de l’activité militaire. C’est ainsi que les commanderies, propriétés foncières sur lesquelles étaient établies non seulement un monastère, mais aussi une « ferme de rapport », c’est-à-dire une ferme éloignée des zones de confrontation, sont nées.

Il y avait donc un double intérêt à établir des commanderies sur le plus grand nombre de terres possibles : celui d’offrir un accueil aux moines-soldats, ainsi parfois qu’aux pèlerins sur leurs trajets, mais aussi et surtout celui de multiplier les sources de revenus de ces ordres particuliers. Car les commanderies étaient aussi des lieux de travail, où des paysans laïcs, parfois établis sur le domaine de la commanderie, œuvraient à la culture des ressources locales. C’est le produit de ce travail qui assurait la pérennité de l’ordre en plus des dons reçus. Le commandeur, membre de l’ordre dont la fonction était comparable à celle de l’abbé dans une abbaye, veillait avec le trésorier à la gestion des revenus et au prélèvement des impôts.

© Wikimedia
Commanderie de Coulommiers sur Marne.

Un atout logistique partagé entre prière et travail

La situation des commanderies fondées en France explique que leur architecture traduise très rarement leur vocation militaire. Loin de « l’avant », autrement dit des zones de combat, aucune fortification n’était nécessaire, contrairement aux commanderies fondées en Terre Sainte. Le travail, la prière, ainsi que le recrutement des frères et la réunion du chapitre constituant l’essentiel des activités des commanderies d’Occident. Quelques exceptions sont néanmoins à souligner, comme celle de la commanderie de Sours en Eure-et-Loir, fondée par l’ordre du Temple et fortifiée pour éviter les pillages. Mais l’intérêt militaire de ces établissements fonciers religieux n’était toutefois pas négligeable : c’est du travail dédié à l’équipement des moines-soldats que l’on y effectuait, et du soutien logistique permis par l’agriculture et les fonds récoltés, que dépendait le succès de leurs missions en Orient.

Voilà pourquoi les commanderies encore visibles, telles que celle de Coulommiers en Seine-et-Marne, étonnent tant. Si leur agencement ne fait pas instinctivement penser à l’œuvre d’un ordre militaire, ces petits villages n’évoquent pas non plus nécessairement la rigueur de la vie monastique. La destination particulière des ces établissements ne se comprend qu’à travers le fonctionnement particulier des ordres à la fois religieux et militaires, et principalement les ordres templiers et hospitaliers. La part de mythe et de mystère qui les entoure se retrouve, d’ailleurs, autour des commanderies et de leurs souterrains qui sont, à l’origine, de nombreuses et anciennes légendes.

Newsletter
Get Aleteia delivered to your inbox. Subscribe here.
[See Comment Policy]