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L’histoire de Micetto, le chat du pape Léon XII

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Si les chats ont souvent été traités injustement par l'Église, ce n'est pas le cas de Micetto, adopté par Léon XII et surnommé le "chat du pape".

Les chats n’ont pas toujours été en odeur de sainteté dans le christianisme. Bien qu’il n’apparaît jamais dans la Bible, le félin est longtemps assimilé aux cultes païens. Certes, saint Jérôme de Stridon, décédé en 420 ap. J.-C. et traducteur de la Bible, possédait un chat et le pape Grégoire Ier, dit “le Grand”, mort en 604 ap. J.-C. avait pour plus fidèle compagnon un chat aussi. Mais ces exemples font plus offices d’exception et un pape Grégoire peut en cacher un autre. Au XIIIe siècle, Grégoire IX va jusqu’à condamner les chats, au même titre que les crapauds, comme incarnation du Diable. À partir de 1233, toute personne qui possède un chat noir, déclaré “serviteur du diable”, risque alors le bûcher. Le mammifère serait d’après le souverain pontife paresseux et luxurieux. Les chats sont exterminés par millions. Quelques siècles plus tard, un chat devient célèbre au Vatican, Micetto, animal de compagnie de Léon XII, surnommé “le chat du pape”.

Né au Vatican en 1825, Micetto (“petit minet” en italien), n’est au départ qu’un chat de gouttière que rien ne prédestine à la célébrité. Pourtant, un jour, le chat gris-roux aux rayures transversales noires attire l’attention du 252e pape. Sous le charme, le souverain pontife décide de l’adopter. Léon XII a pourtant l’image d’un homme dur. Ordonné archevêque de Tyr en 1793, en pleine Terreur, il est marqué par la Révolution française, comme beaucoup d’hommes de son époque. En 1814, après avoir été nonce apostolique, il va porter les félicitations pontificales au nouveau roi de France, Louis XVIII, qui succède à l’empereur Napoléon Ier. Devenu pape en 1823, il soutient activement la fin du règne de Louis XVIII et celui de Charles X, qui hérite du trône de son grand frère en 1824. Durant son règne pontifical, Léon XII rétablit les ghettos juifs fermés par les révolutionnaires français, condamne la franc-maçonnerie et défend l’ordre moral. Durant tout ce temps, il a un compagnon inséparable : Micetto.

De 1825 à sa mort en 1829, le pape ne quitte plus le chat. Micetto assiste aux audiences accordées par le pape, se blottit contre lui lorsqu’il reçoit des visites. François-René de Chateaubriand, grand soutien de la Restauration et ambassadeur de France au Saint-Siège d’octobre 1828 à mai 1829, se prend d’affection pour le chat. Il raconte dans ses Mémoires d’outre-tombe publiées à titre posthume : « On l’appelait Micetto, surnommé le chat du pape. Il jouit en cette qualité d’une extrême considératon auprès des âmes pieuses ». Le coup de foudre entre le célèbre écrivain et le félin est tel qu’à sa mort, Léon XII décide de léguer son animal de compagnie au Français. Démarre alors une nouvelle vie pour le chat. Chateaubriand explique alors : « Le successeur de saint Pierre étant mort, j’héritai du chat sans maître, comme je l’ai dit en racontant mon ambassade de Rome. […] Je cherche à lui faire oublier l’exil, la chapelle Sixtine et le soleil de cette coupole de Michel-Ange sur laquelle il se promenait loin de la terre ». L’histoire ne nous dit néanmoins pas comment décède le compagnon de Léon XII et de Chateaubriand.

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