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Le martyre de saint Maximilien Kolbe à Auschwitz

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Martyr exemplaire à Auschwitz, saint Maximilien Kolbe a su donner sa vie par amour de son prochain.

Mort le 14 août 1941, Maximilen Marie Kolbe a été canonisé par le pape Jean Paul II le 10 octobre 1982, souhaitant faire de lui un modèle pour la société d’aujourd’hui et la nouvelle évangélisation. Deux miracles lui sont attribués : la guérison d’Angela Testoni, atteinte de la tuberculose, en juillet 1948, et celle de Francis Ranier, atteint de calcification artérielle, en août 1950. Jean Paul II met l’accent sur l’importance de la consécration de Maximilien Kolbe à la Trinité par la Vierge Marie et l’annonce de l’Évangile par les médias. Le pape en fait alors le saint patron des radioamateurs, des journalistes et des prisonniers politiques. Deux attributs qui rappellent à la fois son action médiatique et son martyre à Auschwitz, où il a su faire preuve d’une dignité exemplaire, malgré les souffrances.

Né Rajmund Kolbe en Pologne de deux parents tisserands et tertiaires franciscains très pieux le 7 janvier 1894, c’est une vision qui scelle son destin. Au cours de celle-ci, la Vierge propose au garçon turbulent deux couronnes : une blanche pour la pureté et une rouge pour le martyr. Il les accepte toutes les deux. Quelques temps après, des franciscains à la recherche de possibles vocations remarquent Rajmund et son frère aînés et leur proposent de les emmener à Lwow, alors en Pologne autrichienne, afin d’étudier. Le futur martyr se distingue par ses excellents résultats, sa grande piété et son sourire. Il se donne alors pour objectif d’« être un saint, le plus grand possible ». Il reçoit à 16 ans le nom de frère Maximilien Marie. En 1912, il est envoyé à Rome pour poursuivre ses études. Il est ordonné prêtre le 28 avril 1918 et devient docteur en philosophie et en théologie l’année suivante.

De la presse de masse au martyr

Saint Maximilien Kolbe désire ardemment à ce moment que toutes les couches de la société de son temps puissent bénéficier du progrès que représentent les médias. En 1917, il fonde la Mission de l’Immaculée, sorte de magazine mensuel spirituel qui défend notamment l’Immaculée conception. « De même que l’Immaculée est à Jésus, à Dieu, de même chaque âme va être par Elle et en Elle à Jésus, à Dieu, et cela beaucoup mieux que sans Elle », explique-t-il à propos de la Vierge. Il veut cependant annoncer plus largement l’évangile et fonde alors en 1922 Le Chevalier de l’Immaculée, quotidien d’actualité qu’il vend bon marché afin de toucher les plus démunis. C’est une vraie réussite, le journal tire à plus de deux cent soixante mille exemplaires et est même diffusé au Japon. Il crée alors sa maison d’édition et lance même une station de radio, toutes deux destinées à promouvoir le culte de la Vierge Marie. La montée du nazisme et la Seconde Guerre Mondiale vont cependant faire basculer sa vie.

Après des voyages au Japon et en Indes britanniques, il revient en Pologne. En 1939, il commence à héberger des réfugiés polonais catholiques ou juifs. Il est arrêté et battu avant d’être libéré. Il est définitivement arrêté par la Gestapo, le 17 février 1941. Son refus de renier le Christ lui cause du tort. Il est violement battu et transféré à Auschwitz le 28 mai 1941, sous le matricule 16670. Il a pour habitude de répéter à ses compagnons de malheurs que « seul l’amour est une force de création ». Or, « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13) et le prêtre a l’occasion de le prouver. En juillet 1941, un homme disparaît du bloc 14, où est enfermé le futur martyr. Les nazis sélectionnent dix hommes condamnés à mourir de faim, en représailles. Un d’eux se lamente alors : « Oh ! Ma pauvre femme et mes enfants que je ne reverrai plus ! ». Ces mots touchent le père Kolbe, qui déclare alors : « Je voudrais mourir à la place d’un de ces condamnés », en désignant l’homme malheureux. « Qui es-tu ? » demande le chef. « Prêtre catholique » répond-t-il. Maximilien Kolbe prend donc place parmi les dix. Il réussit à faire régner le calme et la piété, au moyen de prière et d’oraisons. Après deux semaines sans manger, seul le prêtre est encore en vie. Les nazis décident alors de l’exécuter le 14 août d’une injection de phénol dans le bras, avant de brûler son corps au four crématoire le 15 août.

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