Aleteia

Louis IX, le roi saint

Share
Comment

Il y a 720 ans, le 11 août 1297, saint Louis devenait le premier laïc canonisé. L'occasion de se pencher sur l'histoire d'un monarque pieux et épris de justice.

Né le 25 avril 1214 à Poissy, le quarante-quatrième roi de France, Louis IX, plus connu sous le nom de saint Louis, a été canonisé le 11 août 1297, sois presque 27 ans après sa mort à Tunis. Considéré comme saint de son vivant par les petites gens, le Capétien a contribué à fonder l’idée de l’incarnation d’un pouvoir politique et spirituel en un homme singulier et non plus seulement en un Dieu universel.

Petit-fils de Philippe Auguste et grand-père de Philippe le Bel, Louis IX est le cinquième enfant et le deuxième fils connu de Louis VIII, dit « Louis le Lion », et de Blanche de Castille. Il reçoit de celle-ci une éducation stricte et très pieuse. Elle met énormément l’accent sur la religion et la protection de l’Église, tout en le préparant à la fonction royale. En 1218, son grand frère Philippe décède, faisant de lui le seul héritier légitime du trône. Le 8 novembre 1226, alors qu’il n’a encore que 12 ans, son père meurt de dysenterie, après seulement trois ans de règne. Il est alors sacré roi, le 29 novembre 1226 à la cathédrale de Reims. Saint Louis devient, après Louis VIII, le deuxième roi capétien qui n’est pas sacré du vivant de son géniteur. C’est néanmoins Blanche de Castille qui exerce la régence du royaume.

Le nouveau monarque prend la tête de l’ost royale en 1230, à 16 ans, et devient alors chef militaire. Il n’exerce pleinement son règne qu’à partir de 1234, quand il est considéré comme majeur. Celui-ci est marqué par des réformes administratives importantes – qui affaiblissement notamment la féodalité –, une extension du royaume et des croisades. Le roi est également reconnu pour son sens de la justice et sa grande piété. Sa sagesse est alors renommée dans toute l’Europe, permettant d’augmenter l’influence de la France dans le Vieux continent. Dans ses Essai sur les mœurs et l’esprit des nations (1756), Voltaire note que le monarque a, durant son règne, « sut accorder une politique profonde avec une justice exacte », qu’il rend, selon la légende, coiffé d’un chapeau orné d’une plume de paon blanc sous un chêne à Vincennes.

Un roi pieux et sévère

« Très chrétien », le roi, qui assistait quotidiennement aux offices religieux, fait d’ailleurs construire la Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité à Paris, où sont conservées la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion, acquises lors de ses croisades à partir de 1239. Il n’hésite pas à expliquer que rien « ne saurait [le] séparer de la fidélité [qu’il] doit à [son] Dieu ». L’aumône fait également partie de ses priorités. Saint Louis fait preuve d’une grande générosité à l’égard des plus pauvres, qu’il reçoit parfois à sa propre table, après leur avoir servi la viande et le pain. « Si je dépense quelquefois beaucoup d’argent, j’aime mieux le faire en aumônes pour l’amour de Dieu que pour mes frivolités et choses mondaines », explique le roi.

Le sort des malades lui tient aussi à cœur. Il fait construire dans ce sens l’hôpital Quinze-Vingt. Louis IX fait cependant aussi preuve d’une sévérité extrême contre les non chrétiens ou ceux qu’ils considèrent comme mauvais. Les juifs sont par exemple chassés du royaume, les blasphémateurs se font percer la langue au fer rouge et les hérétiques sont brûlés vifs. Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux proche de Louis XIV dira de lui : « On voyait paraître dans ses actions et dans ses paroles la justice, la constance, la sincérité, la douceur pour l’ordinaire et aussi la sévérité quand les conjonctures le demandaient. »

Grégoire X, élu pape un an après la mort de Louis IX, le 1er septembre 1271, s’engage à le canoniser. C’est finalement son successeur Boniface VIII qui le fera, sous le règne de Philippe le Bel, initiateur de la sortie du pouvoir politique du religieux et opposant au Vatican. Le souverain est alors le premier non religieux canonisé. Boniface VIII met alors en avant les miracles posthumes qui lui sont attribués, ainsi que ses qualités évangéliques reconnues de son vivant. Sa fête est fixée au 25 août, anniversaire de sa mort.

Newsletter
Get Aleteia delivered to your inbox. Subscribe here.
[See Comment Policy]