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Centrafrique : l’imam appelle à déposer les armes au nom de Dieu et de tout le pays

© SIA KAMBOU / AFP
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Alors que la violence se répand dans plusieurs régions du pays, l’ONU met en garde contre un risque élevé de génocide.

Ceux qui sont impliqués dans les violences qui ensanglantent la Centrafrique “répondront du sang qu’ils versent actuellement”, a déclaré l’imam Oumar Kobine Layama, au nom de la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique. La plateforme, créée en 2012 et officialisée en 2016, réunit une quarantaine de responsables, dont le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, et le pasteur Nicolas Guerekoyame, président de l’alliance évangélique centrafricaine. L’imam, rapporte l’agence Fides, est intervenu suite à la publication d’un nouveau rapport de l’ONU concernant la situation de violence qui enflamme depuis plusieurs mois différentes zones de la République centrafricaine, divers groupes continuant de recevoir armes et munitions de pays voisins. Parmi les zones les plus touchées : Bangassou, Zemio, Obo, Mobaye, Batangafo et d’autres encore où les tensions sont de plus en plus fortes.

L’imam Layama a réaffirmé une nouvelle fois que la crise en cours n’est pas de nature religieuse mais politique. “Je demande, a-t-il déclaré, à ceux qui sont impliqués dans les violences de ne pas fournir d’occasion à ceux qui, pour des raisons politiques et d’intérêt personnel, déclarent que la crise est religieuse”. Il a demandé à tous “de déposer les armes au nom de Dieu et dans l’intérêt de leur pays”, annonçant enfin une visite des composants de la plateforme religieuse dans les localités en proie à la violence.

Cathédrale assiégée

À Bangassou, 2 000 habitants musulmans sont, depuis des mois, réfugiés dans la cathédrale à cause des menaces de mort qui pèsent sur eux de la part d’une milice anti-balaka (à majorité chrétienne) et défendus par des militaires marocains de la MINUSCA (Mission de l’ONU en Centrafrique). La moitié du reste de la population s’est enfuie, se réfugiant en République démocratique du Congo (RDC). Fin juillet, des affrontements et des épisodes de violence d’une rare gravité ont porté à la mort d’un casque bleu. “Tout a commencé le 21 juillet lorsque les antibalakas ont enlevé une jeune musulmane enceinte”, a rapporté l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre Muños. Selon une autre dépêche de Fides sur l’événement, “en réponse à cet enlèvement, une quinzaine de jeunes musulmans extrémistes ont enlevé deux opérateurs humanitaires de la Caritas et leurs familles soit une trentaine de personnes environ. La MINUSCA a réagi en libérant ces personnes. Le groupe a répliqué en attaquant la cathédrale, qui a subi de graves dégâts matériels, puisque les assaillants ont tenté de l’incendier mais heureusement sans succès”.

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Risque élevé de génocide

Avec plus d’un demi-million de déplacés, le pays risque une crise humanitaire de grande ampleur. L’ONU, pour la deuxième fois en sept mois ne cache pas sa crainte d’un génocide, tire la sonnette d’alarme : “Les signes avant-coureurs de génocide émergent en Centrafrique où les violences redoublent”, a estimé le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, le britannique Stephen O’Brien, en rendant compte auprès de l’organisation à Genève de récents voyages menés dans la région. “Nous devons agir maintenant, ne pas réduire l’effort de l’ONU et prier pour ne pas avoir à vivre en le regrettant”, a-t-il exhorté selon des propos rapportés dans la Tribune de Genève.

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