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Venezuela : cinq prêtres repoussent des blindés de la Garde nationale

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En marge des funérailles d'un jeune Vénézuélien célébrées ce 28 juillet, cinq prêtres ont décidé de se mettre en travers du chemin des blindés de l'armée prêts à donner l’assaut.

À Ejido, au Venezuela, des prêtres sont intervenus ce 28 juillet, à leurs risques et périls, pour tenter d’empêcher un nouvel affrontement entre la Garde nationale bolivarienne (GNB) et des manifestants, en marge de la cérémonie funèbre d’un jeune Vénézuélien, mort dans l’une des manifestations ayant actuellement lieu dans le pays. En quatre mois, les manifestations contre le président Nicolas Maduro auraient fait 113 morts sur l’ensemble du territoire, dont une dizaine le 30 juillet, en pleines élections des membres de l’Assemblée nationale constituante que l’opposition et différents secteurs sociaux avaient demandé au gouvernement d’annuler.

D’après les détails fournis par l’agence Fides, dans la ville d’Ejido, au sein de l’État vénézuélien de Mérida, les prêtres ont interrompu les obsèques et se sont rendus en direction des gardes nationaux pour leur demander de se retirer. Plusieurs clichés publiés sur le compte Twitter de la Conférence épiscopale du Venezuela, prouvent l’intervention des prêtres qui ont joué un rôle de médiateurs lorsque les chars de la GNB ont fait irruption dans la ville.

Élections “inutiles” et “nuisibles”

Deux jours plus tard, les élections ont bien eu lieu. Jour qui s’est vite transformé en une série de violentes manifestations dans l’ensemble du pays. Ces élections sont “inutiles, pas nécessaires et nuisibles pour le peuple vénézuélien”, scandaient les manifestants, dans le sillage du message de la Conférence épiscopale du Venezuela publié la veille. Le message appelait à la non-violence et au respect de leur rôle de la part des forces de l’ordre (Fides, 28 juillet 2017). “Ne faisons pas grandir la souffrance et l’angoisse de si nombreuses personnes qui veulent vivre en paix, faire écouter leur voix de protestation et que celle-ci soit respectée”, soulignaient les évêques qui ne cachent pas leur crainte de “dérive dictatoriale”. Leur texte s’achevait par deux exhortations : “Ne pas tuer” et “cultiver la vie”, au sein d’un peuple qui “partage le pain, les médicaments et la vie”. Pour l’Église, ce qui se passe au Venezuela n’a rien “d’un conflit idéologique entre la droite et la gauche”, mais il s’agit bien d’ “une lutte entre un gouvernement devenu une dictature et tout un peuple qui réclame la liberté”, avait déclaré devant la presse Mgr Diego Padron, président de la Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV).

Environ 9% des Vénézuéliens seulement ayant droit de vote se sont rendus aux urnes, soit 19 millions de personnes. L’Église catholique au Venezuela a fait savoir qu’elle rejetait le processus de la Constituante et ne reconnaîtrait pas l’Assemblée qui sera installée.

Réaction du Saint-Siège

Au lendemain des élections, rapporte Radio Vatican, les condamnations internationales se sont multipliées, à commencer par celles de plusieurs pays d’Amérique latine, du Mexique à l’Argentine en passant par le Panama, le Costa Rica, le Paraguay et la Colombie. Les États-Unis sont allés jusqu’à menacer le Venezuela de nouvelles sanctions.

Le 30 juillet dernier, le Saint-Siège a également réagi : “Le critère pour toute solution doit être uniquement le bien du peuple”, a affirmé le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin à l’agence italienne ANSA. Il a souligné que le Pape et le Saint-Siège s’étaient “efforcés” de trouver une solution “paisible et démocratique”. Il a rappelé chacun à “ses propres responsabilités”.

Le Pape, on le sait, est très attentif à ce qui se passe au Venezuela et suit de près l’évolution de la situation. À quelques jours de la fête de l’indépendance du Venezuela, le 5 juillet dernier, il avait assuré de ses prières “cette chère Nation” et exprimé “sa proximité aux familles qui ont perdu leurs enfants” dans les manifestations. Après l’angélus dominical, le Saint-Père a lancé un appel “afin que cessent les violences et que soit trouvée une solution pacifique et démocratique à la crise”.

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