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En Baie d’Audierne, la chapelle des surfeurs

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Surfeurs dans l'eau à la Pointe de la Torche, Audièrne
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A la fin de la terre en Finistère, une merveilleuse chapelle et son calvaire veillent sur un paysage de toute beauté, que fréquentent tous les amoureux de nature… et de glisse !

Ici on est vraiment au bout du monde. Depuis le phare d’Eckmühl jusqu’à la pointe du Raz, la mer a dessiné un arc de cercle de sable et de galets drossés à chaque vague. Gris, noirs, bleu, violets ou blancs, mouchetés, pailletés, opalescents, ventrus, allongés, plats ou bosselés, les galets s’éparpillent dans le sable blanc et hypnotisent le regard des marcheurs. Personne n’y échappe, et tous ramassent celui qui l’intrigue ou qui l’amuse. Plus tard, au creux de la poche, comme un talisman, il le caressera en pensant à la grande balade à pied sur cette plage interminable.

Spots de surf

Peuplé de surfeurs à l’affût de la vague qui les portera toujours plus loin, surveillé par des blockhaus en perdition, témoin du fameux mur de l’Atlantique qui n’en finit pas de faire naufrage en s’enfonçant doucement dans le sable, c’est le domaine de la glisse ! A marée basse, la mer se retire sur des kilomètres laissant aux chars à voile un espace infini pour leurs évolutions. Quelques heures plus tard, le retour de la mer et des vagues ramène les surfeurs, en particulier autour de la pointe de la Torche. Et les familles et baigneurs, amoureux de solitude et de nature, viennent profiter des lieux. Certaines plages comme celles de Tréguennec sont surveillées l’été de 13 à 19h.

La cathédrale des sables

La silhouette fantomatique de l’usine à broyer les galets de Tréguennec rappelle les travaux d’Hercule, qu’il a fallu réaliser pour construire les fameux blockhaus. Un peu plus loin, la belle chapelle de Tronoën et son calvaire, dite « la cathédrale des sables », veille sur toute la baie. Cette superbe chapelle gothique, posée sur la dune, marque le paysage de sa silhouette surprenante, avec son clocher flanqué de deux tourelles, qui coiffe le toit de la nef. Si l’on y vient au printemps le paysage est d’autant plus étonnant : les fameuses tulipes, que l’on cultive depuis une trentaine d’années, rayent le paysage d’une multitude de couleurs vives.

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La chapelle de Tronoën et son calvaire

Un calvaire monumental

L’exceptionnel calvaire, construit en 1450, est un livre de pierre à lui seul, qu’il faut lire dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre, pour suivre l’évolution des « chapitres » de la Bible. Les personnages surprennent par leur humanité : La Nativité y est représentée par la Vierge, nue, dans un lit, les mains ouvertes en geste de don absolu. A ces cotés, Saint Joseph… bien songeur. Quant à la Cène, on y voit Saint Jean, s’endormant sur l’épaule du Christ ! Et surplombant la croix du calvaire, l’ange de la tendresse, descend du ciel tout sourire vers le Christ, avec son geste si beau ; sa main droite posée à l’arrière de la tête couronnée d’épines, l’autre soulevant la lourde nappe des cheveux du crucifié. Une véritable bande dessinée de la vie du Christ en vingt tableaux et une centaine de personnages, passionnante, à déchiffrer avec des enfants pour réviser l’histoire sainte !

Le pardon de la glisse

Au traditionnel pardon breton de Tronoën, le troisième dimanche de septembre, se sont joints un certain nombre de sportifs du monde de la glisse. Cette fête traditionnelle s’est ouverte ainsi à toute une population jeune et souvent peu habituée à fréquenter l’église. Le contraste est saisissant entre ceux qui ont revêtu leurs plus beaux costumes bretons et ceux qui sont en combinaison de surf… Après la messe en plein air devant la chapelle et le calvaire, on va en procession jusqu’à la fontaine, où se déroule la bénédiction des planches. L’après-midi, après un grand pique-nique, les surfeurs partent avec leur planche jeter dans les vagues en souvenir de tous les péris en mer… Tronoën fait ainsi le lien entre les hommes et la mer, la terre et le ciel.

> Pardon de la chapelle Notre Dame de Tronoën, dimanche 17 septembre 2017, messe à 11h suivie de la bénédiction des planches.

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