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Couple : ne laissez pas la violence psychologique s’installer !

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Dès les premiers mois d'une relation, les signes avant-coureurs d'une relation nocive peuvent être décelés. Et l'issue n'est jamais positive... Apprenez à les détecter avant qu'il ne soit trop tard.

Nous entendons constamment parler de mauvais traitements et d’abus dans les couples. Selon les statistiques, il s’agit malheureusement d’un problème croissant qui remplit les colonnes de faits divers des journaux et autres médias. Et c’est précisément la raison pour laquelle la communauté scientifique commence à l’étudier sérieusement… Toutefois, tous les mauvais traitements ne s’accompagnent pas d’abus physiques, de coups ou de violence explicite. Il existe une violence beaucoup plus insidieuse, plus difficile à prouver, et qui en général est la base des autres violences : la violence psychologique.

Définition de la violence psychologique

La violence psychologique dans les couples se définit par un comportement pervers et destructeur que l’un des conjoints exerce sur l’autre, plus faible. La première caractéristique de ce type de violence est une asymétrie de la relation entre les conjoints, l’un dominant l’autre, et où le plus faible perd peu à peu tout sentiment de liberté. La victime, par peur ou par faiblesse, vit une relation toujours plus asphyxiante et destructrice. Il arrive très souvent que ces comportements débouchent sur l’abus physique.

Il est vrai que la violence psychologique n’a pas de genre : les personnalités possessives et manipulatrices se retrouvent chez les hommes comme chez les femmes. Toutefois, les statistiques montrent que les victimes de violence sont majoritairement des femmes, car elles sont souvent les plus fragiles dans un couple.

La violence est-elle liée à des cultures ou à des époques spécifiques ? Il ne s’agit pas uniquement d’un problème culturel. En effet, les violences physiques et émotionnelles ne sont pas liées à une culture ou à une classe sociale spécifique, à des mariages jeunes ou plus matures, et ne sont pas réservées aux femmes.

Ce qui est le plus effrayant, c’est qu’actuellement, à l’époque où les droits et la dignité des femmes sont un acquis social clairement défendu, les mauvais traitements n’ont pas diminué. Au contraire, parmi les couples de jeunes ou d’adolescents, cette génération qui a reçu une éducation basée sur l’égalité des droits entre hommes et femmes, on retrouve de plus en plus souvent des cas de violences physiques, psychologiques et sexuelles, d’humiliations sur les réseaux sociaux et de chantage de toute sorte.

Les premiers signes de violence psychologique

Quand peut-on déceler la maltraitance ? Avant d’être aspiré(e) dans une spirale de violence psychologique, il est possible de déceler les « choses étranges » dès les premiers mois d’une relation amoureuse. C’est le moment idoine pour mettre de la distance, voire pour rompre la relation. Il n’est pas rare de constater que la violence psychologique peut se profiler dès la première phase d’une relation, puis s’instaurer progressivement par le processus de séduction. Durant cette première phase, la victime est déstabilisée, perd peu à peu confiance en elle, puis toute spontanéité et liberté d’action.

C’est un processus insidieux et progressif, où la réalité devient de plus en plus confuse à cause de la manipulation exercée. De cette façon, la victime perd son sens critique et sa capacité à se défendre. Elle devient dépendante de son agresseur, qui exerce sur elle un pouvoir destructeur.

Quand la maltraitance s’installe dans un couple

La maltraitance commence toujours dans une relation inégale où l’un des conjoints finit par être dépendant émotionnellement de l’autre. C’est le premier “indice” à repérer. L’auteur de maltraitance cherche à avoir une grande emprise sur sa victime. Il contrôle l’argent dépensé, lui dit comment s’habiller, et l’empêche de passer du temps avec ses amis ou sa famille sans son consentement. Il a tendance à surveiller tous les déplacements, les rendez-vous et l’utilisation des réseaux sociaux de sa victime.

L’auteur de violence psychologique cherche également à ne donner de l’importance qu’à ses propres problèmes, minimisant ceux de son conjoint, et s’attribue toutes les réussites du couple, donnant l’impression que rien ne serait possible sans son aide. Avec le temps, ces personnes ne parlent qu’à l’impératif et tentent de contrôler l’opinion de l’autre, lui enlevant ainsi sa liberté et le rabaissant, et ce jusque dans les relations sexuelles.

La bonne nouvelle, c’est qu’une intelligence émotionnelle saine aide à déceler ces situations pour ne pas accepter ce qui n’est pas normal. L’intelligence émotionnelle est une ressource à renforcer afin de toujours garder une objectivité saine dans tous les types de relations.

Amour vrai VS amour pervers

La frontière est mince entre l’amour vrai et “l’amour pervers”, et il est primordial de pouvoir la distinguer. Le vrai amour n’admet aucune perversion. Dans une histoire d’amour sincère, il s’agit de donner, pas de posséder. Dans le cas contraire, l’égoïsme prédomine et non la générosité de l’amour. Quand on commence une relation amoureuse, on ne pense jamais pouvoir être victime de maltraitance. C’est triste, mais le désir de “garder le contrôle” sur certaines situations fait que beaucoup de couples tombent dans l’abime de la violence domestique. Et en général, lorsque la violence est permise, il est très difficile d’en sortir.

La relation de couple doit être caractérisée par la recherche commune de bien-être et de bonheur dans la réalisation des projets communs que sont l’éducation des enfants et l’épanouissement personnel. Les difficultés et les crises font partie de la vie et du développement des personnes, et par conséquent, de la vie de couple. En revanche, il faut pouvoir distinguer clairement une période de crise et une situation anormale permanente de relation perverse. Quand on oublie les éléments positifs qui constituent les fondements de la relation de couple, on perd de vue les paramètres qui permettent de déceler les relations toxiques.

 

Article actualisé en collaboration avec Javier Fiz Pérez, psychologue, professeur de psychologie à l’Université européenne de Rome, délégué au développement scientifique international et responsable du département de développement scientifique de l’Institut européen de psychologie positive (IEPP).

> Cet article est une traduction de la version espagnole d’Aleteia

Tags:
couple
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