Aleteia

Comment aider nos enfants à surmonter leurs peurs ?

© Yuganov Konstantin
Share
Comment

Se moquer d'un enfant qui a peur, sous-estimer son anxiété, taire ses émotions... Rien de cela ne résoudra ses problèmes... Bien au contraire ! Voilà plutôt comment il faut réagir, avec intelligence et bienveillance.

Oui, nos enfants aussi ont peur. Et que faisons-nous quand c’est le cas ? Nous leur donnons évidemment cette merveilleuse réponse toute faite : « N’aie pas peur ». Et nous pensons vraiment qu’avec cette réponse, leur peur va s’évanouir… Eh bien non, cela ne fonctionne pas comme ça !

Nous avons tendance à penser que, parce qu’ils sont jeunes, ils ne comprennent pas, ou qu’il s’agit de peurs enfantines, ou encore qu’ils doivent obéir quand papa leur dit de ne pas avoir peur. Or ces angoisses peuvent s’enraciner et avoir des conséquences à l’âge adulte. En leur donnant une réponse toute faite, nous ne les rassurons pas, au contraire, nous renforçons leur anxiété car ce qu’ils ressentent est bien réel à leurs yeux.

Ne pas taire les émotions d’un enfant

En tant que parents, nous devons nous montrer sensibles et chercher à comprendre les besoins de nos enfants afin de les orienter et de leur donner l’occasion d’apprendre par eux-mêmes à affronter avec assurance leurs propres détresses, leurs peurs et leurs émotions en général, et sans attendre qu’ils réagissent comme des adultes. Ce n’est pas simplement en leur disant d’être courageux qu’ils le deviendront. L’enfant pourra obéir, oui. Et peut-être y parviendra-t-il, mais seulement parce qu’il aura réprimé ses sentiments. Plutôt que de l’aider à faire face à ses émotions, ce mécanisme de défense lui apprend à réprimer ce qu’il ressent.

Si les parents répondent par la négative (« n’aie pas peur ») à leur enfant, celui-ci aura l’impression que les sentiments sont quelque chose de négatif. C’est donc mal de ressentir quelque chose. Son raisonnement ne se limitera pas au sentiment de peur, mais se généralisera à toutes les émotions qui peuvent lui causer un mal-être. Grave erreur !

Les enfants apprennent par l’exemple

Il est primordial que nous ne transmettions pas nos peurs à nos enfants. Si vous vous montrez constamment anxieux, vulnérable ou négatif, alors votre enfant développera ce même type de comportements. Le plus dangereux serait qu’il grandisse en pensant que c’est normal de vivre dans la peur.

La plupart des peurs infantiles disparaîtront avec l’âge…

Toutefois, au lieu de disparaître, certaines peurs vont s’enraciner et laisser des traces, souvent de manière inconsciente.

Je me souviens de l’époque où mon fils apprenait à conduire. Quand c’était moi qui l’accompagnais dans la voiture, nous finissions toujours par nous disputer et lui par être très stressé. J’étais très nerveuse, et pas parce qu’il conduisait mal. Lui me disait que je ne lui faisais pas confiance et qu’avec l’attitude que j’avais, il préférait ne plus conduire avec moi. Jusqu’à ce que je me rende compte de ce qui n’allait pas. J’ai une peur panique des voitures et des accidents, car j’ai perdu ma mère dans un accident de la route. J’ai discuté avec mon fils et je lui ai parlé de ce que j’avais découvert, que c’était mes peurs qui m’empêchaient de profiter des moments passés ensemble dans la voiture. Après lui avoir expliqué que ces peurs étaient les miennes, je lui ai promis d’être plus patiente et de lui faire confiance.

Comment surmonter une peur avec bon sens ?

A cause d’une mauvaise expérience, nos enfants peuvent abandonner une activité qu’ils affectionnaient pourtant. Le fils d’une amie adorait la natation et savait très bien nager. Mais un jour, il a failli se noyer. La peur que lui et ses parents ont ressentie était telle, qu’il n’a pas voulu remettre les pieds dans une piscine pendant très longtemps et ses parents ont respecté son choix. Ils n’ont pas insisté jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que c’est vital de savoir bien nager.

Ils ont fait quelque chose de très basique pour que leur fils retourne à la piscine. Il lui ont fait prendre des cours particuliers une fois par semaine. Les parents se sont montrés intelligents en ne lui mettant pas la pression pour éviter qu’il ne déteste l’eau, et encore plus rusés en le convainquant de reprendre la natation. De cette manière, il lui ont appris à affronter sa peur. Ces petits détails ne paraissent pas transcendants. Et pourtant, ces expériences restent en nous. Le jour où cet enfant se trouvera face à un nouveau défi qui lui fera peur, cette expérience lui reviendra en mémoire et lui donnera du courage.

Notre rôle en tant que parent est d’aider nos enfants à développer des mécanismes qui les aideront à surmonter leurs peurs. Si notre enfant nous dit qu’il a peur, alors il faut respecter son sentiment et, en adaptant notre discours à son âge, lui montrer avec amour que ce n’est pas mal d’avoir des émotions. Nous devons créer un environnement sécurisant pour qu’il nous parle de “ses peurs sans avoir peur”.

Une bonne manière de le faire est de lui demander comment est cette peur, si elle a un visage. Ou alors, de manière plus précise, qu’il nous dise exactement de quoi il a peur et quels sentiments cela lui génère. À la fin de la conversation, félicitez-le du courage dont il a fait preuve en acceptant ses sentiments. La peur est un sentiment difficile à admettre pour tout le monde. Cela peut être une bonne idée de partager vos peurs passées avec vos enfants et la façon dont vous les avez surmontées. Vous pouvez leur dire également que même à votre âge, certaines choses vous font toujours peur et que vous continuez à travailler dessus.

Apprendre aux enfants à se calmer seuls

L’une des grandes leçons émotionnelles à apprendre à vos enfants dans leur jeune âge, et à peaufiner avec le temps, est de savoir se calmer seuls quand ils perdent leur calme, s’énervent ou ont peur. Quand nos enfants sont petits, ils débordent d’imagination, et d’autant plus lors du coucher. C’est là que des monstres apparaissent, de différentes tailles, couleurs et formes. Cela peut nous paraître absurde en tant qu’adulte, nous avons même tendance à ne pas y attacher d’importance, mais cela en a à leurs yeux.

Si votre enfant est petit et que vous rencontrez le problème des monstres nocturnes, essayez l’exercice suivant. Juste avant de dormir, asseyez-vous quelques minutes à ses côtés et demandez-lui de dessiner le monstre qu’il voit la nuit, aussi clairement que possible. Qu’il prenne son temps et quand il a terminé, dîtes-lui de le détruire, en déchirant la feuille ou en la chiffonnant. Qu’il la jette ensuite à la poubelle en disant : “Au revoir monstre”. Ou ce qu’il souhaite lui dire. Rassurez-le en lui disant qu’avec ses super pouvoirs de dessinateur, il a détruit le monstre.

Vous pouvez également essayer la méthode suivante : au moment de dormir ou lorsqu’il se réveille la nuit et qu’il voit le monstre, dîtes-lui de le poursuivre des yeux et de l’attraper avec la main, de le mettre dans sa bouche et de le manger. Montrez-lui comment. Le but des deux activités est d’apprendre aux enfants à affronter leurs peurs jusqu’à les vaincre. Peu importe l’âge, les peurs se surmontent en y faisant face.

> Cet article est un traduction de la version espagnole d’Aleteia

Tags:
enfant
Newsletter
Get Aleteia delivered to your inbox. Subscribe here.
[See Comment Policy]