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5 façons de maîtriser son besoin incontrôlable de parler

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Il n'est pas indispensable de prendre la parole dans chaque discussion. Et notre valeur ne repose absolument pas sur le fait que nos arguments soient écoutés ou pas. C'est en tous cas ce dont notre confrère polonais a pris conscience... Voici sa réflexion.

“Béni soit celui qui, n’ayant rien à dire, n’en fait pas un motif pour parler”. J’aime citer cette phrase de Julian Tuwim (1894-1953, poète et écrivain polonais, ndlr) car elle me rappelle que moi aussi j’ai parfois cette tendance : un besoin incontrôlable de parler. Comment y échapper ? Comment ne pas y céder ? Existe-t-il des moyens éprouvés pour y parvenir ?

D’où cela vient-il ?

Comme chaque défaut, la loquacité excessive a plusieurs causes. En général, les psychologues estiment que c’est pour combler une solitude trop pesante, une habitude familiale ou tout simplement un trait de caractère. Me concernant, c’était un moyen d’attirer l’attention sur moi, celle de mes parents, et plus tard celle de mes amis ou de mon entourage. Le jour où j’ai compris qu’il n’était pas indispensable que je prenne la parole dans chaque discussion et que ma valeur ne reposait pas sur le fait que mes arguments soient écoutés ou non, ce jour-là, je me suis senti libéré d’un poids.

Celui qui parle sans arrêt n’écoute pas les autres

Nous avons tous dans notre entourage plus ou moins proche ce type de personnes qui profite de chaque occasion pour parler d’elle et de ce qu’elle fait. Ce n’est pas toujours conscient mais grâce à cette loquacité, elles ont l’impression de maîtriser la situation et leur interlocuteur. Ainsi la discussion ne part jamais en vrille ce qui par ailleurs donne un faux ou illusoire sentiment de sécurité.

Dans un tel contexte, il est très difficile d’avoir un véritable échange car une personne qui parle sans cesse mais ne donne pas accès à ses émotions ou sentiments. Au lieu de s’ouvrir à l’échange, elle se barricade. Je sais parfaitement de quoi je parle car pendant longtemps j’ai été un “bavard incontrôlable”, ayant réponse à tout. J’étais capable d’organiser des controverses compliquées et à n’en plus finir, uniquement pour être valorisé ou tout simplement accepté.

5 façons de vaincre son bavardage excessif

1.  Rechercher la cause. Posez-vous la question : d’où cela me vient-il ? Quelle en est la cause ? Qu’est ce que cela m’apporte ? Est-ce que je veux cacher quelque chose ? Est-ce que je veux vraiment me débarrasser de cette tendance à parler à n’en plus finir ?

2.  Mettre de l’ordre dans ses idées. Il faut essayer de maîtriser le chaos qu’il y a dans notre tête, mettre de l’ordre dans ses idées. Ce n’est pas facile mais il faut essayer. Avant une discussion importante, écrire sur une feuille de papier un plan et s’y tenir.

3. Entraîner sa concentration. On trouve sur internet un grand nombre d’exercices pour entraîner sa concentration. Elle est importante car la qualité de notre écoute en dépend.

4.  Attendre que l’émotion ne nous envahisse plus, ou moins. Prenez votre temps avant de prendre la parole et attendez de ne plus être sous une trop forte emprise de ses émotions. Respectez scrupuleusement le principe de communication numéro 1 : donnez à votre interlocuteur le temps de finir sa phrase ou ce qu’il a à dire avant d’avancer vos propres arguments.

5.  Demander aux proches. Discutez avec vos amis proches  afin qu’ils vous préviennent d’un geste discret ou d’un mot que vous êtes en train de vous épancher un peu trop.

Le  bavardage excessif, un talent gaspillé

“Si le droit de parler était le prix de l’or,

Qui voudrait l’acheter pour se louer lui-même ?

Mais les mots dans les airs prennent tous leur essor

Chacun prend ce qu’il veut, et suivant ce qu’il aime,

Il peut s’approprier avec impunité

Le mensonge odieux comme la vérité”

(Euripide, cité par Plutarque dans Oeuvres morales, Tome 2, “Comment on peut se louer soi-même sans s’exposer à l’envie”.ndlt)

Cette citation d’Euripide rend parfaitement l’essentiel de ce que je veux dire : nous avons été doté de la faculté du langage et il s’agit de ne pas la gaspiller en bavardages inutiles, commentaires, jugements hâtifs, reproches ou diffusions de rumeurs. Même si la réalité est dure, nous devons trouver les mots qui donnent du courage, de l’espoir, soulève de l’élan et encouragent à aimer.

Ne soyez pas bavards dans vos prières

Le flot de paroles tue la relation, y compris les plus profondes. Dans la vie spirituelle, il ne suffit pas d’être un beau parleur. Il faut avant tout savoir écouter. Pour vivre en accord avec Dieu, nous devons apprendre à garder le silence.

D’après mon expérience, la rencontre avec Dieu, la perception de Sa présence se passe toujours dans le silence. Il ne s’agit pas uniquement du silence consacré à la prière mais d’un retrait par rapport à notre quotidien. Cela exige de notre part de ne plus participer aux conversations mondaines pour mieux se concentrer sur nos conversations intérieures avec nous même et avec Dieu.

> Cet article est une traduction de la version polonaise d’Aleteia

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