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10 ans du Motu proprio : vers la paix liturgique ?

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Messe tridentine chantée pour sainte Jeanne d'Arc, chapelle Saint-Laurent, cathédrale de Strasbourg.
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Le Motu proprio Summorum Pontificum a célébré son dixième anniversaire ce 7 juillet. Par cet acte, le Pape souhaitait promouvoir un enrichissement mutuel entre les deux formes du rite romain.

Promulgué par Benoît XVI en 2007, le Motu proprio avait pour but de redéfinir le cadre juridique de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain. De nombreux espoirs en sont nés, chez des fidèles qui attendaient de bénéficier de ce rite dans leur église de quartier.  Depuis, chaque paroisse peut décider d’inscrire la messe traditionnelle dans sa vie liturgique. Ainsi, fidèles des deux rites cohabitent. Plus ou moins, et plus ou moins bien.

Pour beaucoup, en pratique, ce décret n’a pas été révolutionnaire : ceux qui fréquentaient la Fraternité Saint-Pierre ou l’Institut du Christ Roi n’ont pas modifié leurs habitudes. “Cela n’a pas changé ma vie !” s’exclame Marie-Amélie. “Mais je sais qu’ici, en région parisienne, le clergé s’est plutôt montré réticent face à la demande de messe extraordinaire.”

Une joie profonde

Ce geste du pape Benoît XVI a été une “joie profonde” pour Constance, qui n’avait alors que 18 ans : “J’ai pour lui une grande gratitude. J’ai connu, comme beaucoup d’autres, les regards de travers, les incompréhensions, les jugements. J’ai vu les prêtres de la fraternité Saint-Pierre, amis de la famille, obligés de célébrer la messe sur une commode dans une chambre de la maison.”

Aujourd’hui, la jeune femme (qui se rend la plupart du temps à une messe dans le rite ordinaire) se sent encore marginalisée. Mais peut-être un peu moins qu’avant. Pourtant pour elle, rien de si extraordinaire : “Nous ne sommes que des jeunes, ou moins jeunes, ayant soif de beauté et de sacré, de transcendance.” 

“Les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir réciproquement”

Une transcendance compatible avec le rite ordinaire. “Les deux formes d’usage du Rite romain peuvent s’enrichir réciproquement”, précisait Benoît XVI.

“La messe de saint Pie V (“extraordinaire”)  est pour moi une expression très solennelle de la majesté de Dieu” confie un moine bénédictin. “En faisant l’expérience de la liturgie dite ordinaire du Bienheureux Paul VI, je suis rentré dans la compréhension des textes de l’Évangile et de la Bible qui m’ont fait passer à une autre conception de Dieu : un Dieu qui nous demande certes de le servir, mais non pas parce que celui lui apporterait quelque chose, comme de la gloire. Au contraire, parce qu’en le servant nous sommes transformés en amour comme lui, participant ainsi à son bonheur divin.”

Pour lui, le Motu proprio signe l’apaisement de “rivalités”

C’était il y a dix ans la quête de Benoît XVI : une “réconciliation interne au sein de l’Église”. Dans sa lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio, il avait écrit :  “Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église et de leur donner leur juste place. “

Voici la lettre de Benoît XVI aux évêques, à l’occasion du Motu proprio.

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