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Le grand Rabbin, Haïm Korsia, et le cardinal Philippe Barbarin dialoguent sur la miséricorde

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Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, et le cardinal Barbarin.
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Au cours d’une session à Paray-le-Monial, en juillet 2016, des jeunes catholiques et des jeunes juifs se sont rencontrés, pour mieux se connaître et se comprendre. Cette rencontre a été inaugurée par le grand Rabbin de France, Haïm Korsia, et le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, avec pour thème : la miséricorde.

Cette session avait pour thème : « Découvrir le judaïsme, les chrétiens à l’écoute » et en particulier : « Les enjeux de la miséricorde dans le monde aujourd’hui ». Les participants, en écoutant le dialogue entre le Grand Rabbin de France, et le cardinal Barbarin, ont pu appréhender ce thème de la miséricorde, cher à la fois au peuple juif et au peuple chrétien. Dans un climat d’amitié, le cardinal et le grand Rabbin ont analysé le thème de la miséricorde sur le plan théologique, en s’appuyant que le sens des mots hébreux.

Le grand Rabbin débute son discours en commentant l’envoi de la messe catholique : « Allez dans la paix. » En fait, nous dit-il, « la messe vous confie une mission ». Le Talmud invite à aller vers la paix. La paix est un objectif à atteindre. La miséricorde, c’est un mouvement vers l’ autre. Cela se dit en hébreu : « Rahoum ». Dieu est miséricordieux, et Il nous invite à aller vers l’autre avec bonté, empathie et compassion. L’Éternel renouvelle tous les jours la création du Monde, et nous sommes invités à aller tous les jours vers l’autre. La miséricorde, c’est accepter l’inconnu, c’est faire confiance. Voici comment l’explique le Grand Rabbin : « Nous fautons, nous refusons parfois d’écouter ses paroles et ses commandements, mais Il nous dit : “Je vous fais miséricorde. Je sais que vous le ferez un jour, et en tout cas, même si vous ne le faites pas, vous aimeriez le faire et cela me suffit”. C’est aussi comme cela qu’il nous faut construire un lien avec les autres, pour être nous-mêmes porteurs de cette miséricorde qui nous vient de Dieu ».

Nous sommes le reflet de Dieu, et nous sommes invités à être miséricordieux avec les autres pour que Dieu le soit avec nous. Le Grand Rabbin, nous dit qu’il faut tout pardonner, surtout l’ impardonnable. L’homme est imparfait, donc on peut être miséricordieux. Il faut aussi se pardonner à soi-même. Être miséricordieux, c’est être en fait « bienveillant. » « Le temps messianique — nous dit-il — c’est le temps ou l’on manifeste de la miséricorde pour les autres. »

Dans son intervention, le cardinal Philippe Barbarin nous dit que Dieu nous aime à la fois comme un père et une mère. Il commente un passage du Livre de l’Exode (Ex 3, 7) : « J’ai vu la misère de mon peuple. » À l’image de Dieu, nous devons avoir nous aussi les yeux ouverts. Dans la parabole de Lazare et du riche, le riche n’a pas vu le pauvre Lazare (Luc 16, 19). Il faut voir, mais aussi s’arrêter. Pour le cardinal : « Jésus décrit de manière imagée le sens de sa mission de Salut. Il est descendu chez nous, il a fait un grand voyage, ce Samaritain. Et quand il a aperçu cet homme — qui symbolise l’humanité entière — à moitié mort dans le fossé, il s’est arrêté : “Il le vit et fut saisi de compassion”. On retrouve les trois verbes : voir, s’arrêter et prendre soin . » Le Cardinal nous dit encore : « Il nous revient en effet de répandre à notre tour cette miséricorde qu’il déverse quand il voit la misère de l’humanité blessée. »

Miséricorde est le nom de Dieu révélé à Moïse dans l’Exode (Ex 34, 6) : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». Pour le cardinal, c’est la plus belle définition du mot Miséricorde. Nous devons être le prolongement de cette miséricorde en tant que chrétiens ; nous devons être pris aux entrailles en voyant les gens souffrir. Il commente les différents mots de cette définition « Miséricorde », « lent à la colère » (il est parfois bon que Dieu se mette en colère pour nous montrer notre péché et nous en sauver), « plein d’amour et de vérité. »

Le cardinal Barbarin explique enfin le pape Jean Paul II a dit à la fin de son pontificat, que le fil rouge de son ministère, c’est la miséricorde. Le pape François a aussi mis le mot « miséricorde » dans sa devise.

Alors que l’année de la miséricorde voulue par le pape François, est terminée, ce petit livre parait au bon moment pour nous faire replonger dans les grâces de la miséricorde. Un petit livre à garder et à méditer régulièrement.

Miséricorde est son nom. Dialogue du Grand Rabbin Haïm Korsia et du Cardinal Philippe BarbarinEditions Emmanuel, Amitié Judée-chrétienne de France, mai 2017, 73 pages, 7 euros.

http://www.laprocure.com/misericorde-est-nom-dialogue-haim-korsia/9782353896349.html.html

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