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Décès de Joachín Navarro Valls, porte-parole et grand ami de Jean Paul II

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L'ancien porte-parole du Vatican s'est éteint à l'âge de 80 ans. Il reste étroitement associé à la figure du saint Pape auprès de qui il travailla pendant 22 ans.

Joaquín Navarro-Valls, médecin, journaliste, mais surtout l’inoubliable porte-parole de Jean Paul II, puis de Benoît XVI pendant un an, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, de 1984 à 2006, est décédé le 5 juillet à l’âge de 80 ans, suite à une longue maladie, ont annoncé les médias italiens dans la soirée. “Joaquin Navarro. RIP : Grace under pressure” (Grace sous pression), a écrit, en anglais, l’actuel directeur du bureau de presse, Greg Burke, dans un message posté sur Twitter en citant une phrase d’Hemingway  “le courage c’est la grâce sous pression” dans le Vieil homme et la mer.

Puis apparaît une photo de saint Jean Paul II, serrant le bras et la main de son porte-parole et ami, tous les deux en train de rire, suivi de la légende “Joaquin Navarro, 1936-2017. Continue de sourire” (“Keep Smiling”).

“Joachin Navarro Valls,  maître de la communication au service de l’Eglise”, titre Radio Vatican, ce jeudi 6 juillet, au lendemain de son décès, en rapportant les paroles d’hommage de son prédécesseur, le père Federico Lombardi. “J’ai connu personnellement Navarro-Valls quand je suis arrivé au Vatican comme directeur des programmes de Radio Vatican, en 1991”, écrit l’ancien directeur de Radio Vatican et porte-parole du Saint-Siège, et aujourd’hui président de la Fondation Ratzinger-Benoît XVI. Le jésuite garde le souvenir d’un homme “agréable, amical et cordial”. Tout le monde connaissait Joaquín Navarro-Valls, affirme-t-il, comme étant “Le porte-parole brillant et compétent du Pape”, dénomination qu’il juge “tout à fait appropriée”. Il était très proche de Jean Paul II, avait une grande confiance en lui”, confirme-t-il, et s’il est devenu “une des grandes figures de ce pontificat”, il le devait bien entendu ” à sa visibilité publique évidente”, mais aussi à son rôle actif comme intervenant et conseiller” auprès du Pape. Père Lombardi lui reconnaît également «  un vrai génie » dans sa manière d’annoncer et de présenter les nouvelles, un exercice, dit-il, qu’il pratiquait “de façon brillante, attrayante et concise”.

Premier laïc, nouveau visage

Comme le rappelle La Stampa, Joaquin Navarro Valls, espagnol, fut le premier laïc et premier non italien à occuper un tel poste. Membre de la prélature de l’Opus Dei, il vécut dans les années 70, en contact étroit avec le fondateur S. Josemarìa Escrivá de Balaguer, à Rome, dont il deviendra le porte-parole. Mais ce brillant étudiant en médecine et psychiatrie, fut également torero, journaliste pour divers quotidiens, correspondant de guerre et, enfin, président de l’Association de la presse étrangère en Italie avant d’être appelé par Jean Paul II à la direction du bureau de presse du Saint-Siège. Devenant son compagnon de route et porte-parole pendant 22 ans, “son conseiller, son politique, son ambassadeur”, comme il le révélera au détour de ses nombreuses interviews.

Sur les réseaux sociaux, tant de photos et messages de prélats, journalistes, employés du Saint-Siège disent “adieu” et “merci” à “leur grand chef” Joaquin Navarro Valls. Des messages plein d’affection pour cet homme dont la position de laïc donna un nouveau visage à la communication vaticane, en la faisant entrer dans le concert des médias du monde entier. Il fut remplacé à ce poste par le père Federico Lombardi, ancien directeur de Radio Vatican, au bout de 22 ans, soit en 2006, un an après l’élection de Benoît XVI. Une démission, à 69 ans, qu’il réclamait depuis quelques temps déjà, avait-il confié un jour à des journalistes, avouant regretter parfois  de ne pouvoir approcher le Pape quand il voulait, et donc d’accomplir correctement la mission qui lui avait été confiée.

Jean Paul II, 22 ans d’amitié et loyaux services

Joaquín Navarro-Valls partageait en effet avec Jean Paul II les moments les plus délicats de l’histoire, des moments historiques, comme la chute du Mur de Berlin, en 1989, et le rapprochement avec Cuba, un des derniers remparts du communisme. Mais il affronta aussi avec lui des scandales comme, en 1998, l’assassinat du commandant de la Garde suisse pontificale, de sa femme et le suicide de la jeune recrue qui les avait tués ; la crise des abus sexuels aux États-Unis ; l’affaire Milingo, ancien archevêque zambien, un temps en poste à la curie, qui pratiquait des exorcismes publics parallèlement à son ministère épiscopal. Sans oublier le drame de l’attentat au Pape sur la place Saint-Pierre, un jour d’audience générale. Tant de moments délicats, mais entrecoupés également de moments plus privilégiés, complices, comme ces excursions en montagne dont Jean Paul était très friand ou ces longs moments de prière.

Et les JMJ ? Les premières JMJ… lancées par Jean Paul II sous forme de rencontres internationales à Rome lors de l’Année sainte 1983-1984 puis comme grande rencontre internationale hors d’Italie, pour la première fois, en 1987, à Buenos Aires en Argentine. Et qui de cette génération ne se souvient pas des visites historiques au Vatican du président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, en 1989, et de Fidel Castro, en 1996 ? Et de tous les voyages officiels, entre 1979 et 2004 ? Souvent cinq par an… Soit plus d’une centaine dont, peut-être, le plus symbolique fut celui qu’ils effectuèrent en mars 2000, à Jérusalem, pour poser un geste fort de réconciliation entre juifs et chrétiens. Joaquin Navarro fut de tous ces voyages, participa aux grandes conférences de l’ONU (Caire, Pékin, Istanbul … ), mais eut à partager aussi les moments les plus douloureux de sa maladie, et annoncer la nouvelle la plus difficile, sans doute, de sa carrière : son décès, le 2 avril 2005.

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