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Trois fois meurtrière, elle cherche la rédemption sur le chemin de Saint-Jacques

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Atteinte de schizophrénie paranoïde, auteur d’un triple meurtre, Noelia de Mingo s’est engagée sur les routes de Compostelle après des années d’internement en centre psychiatrique.

En 2003, Noelia de Mingo, souffrant de problèmes psychiatriques, est interne en rhumatologie à l’hôpital universitaire de la Fondation Jiménez Díaz à Madrid. Alors qu’elle n’avait pas pris ses médicaments, elle fait une crise psychotique, se saisit d’un couteau de quinze centimètres, tue trois personnes et en blesse six autres.

Après onze années d’internement dans un centre psychiatrique, elle est remise en liberté conditionnelle. Au cours de cette période, elle suit un programme strict afin de trouver la voie de la guérison. C’est ainsi que dans le cadre de son traitement curatif, elle part sur le chemin de Saint-Jacques.

Avec des éducateurs et des fonctionnaires du centre de Fontcalent, elle marche pendant une semaine jusqu’au tombeau de l’apôtre. “Au cours de ce voyage expiatoire, elle se rend avec d’autres internes jusqu’à Lugo, point de départ de ce pèlerinage très spécial. Puis ils cheminent ensemble pendant une semaine, à raison de vingt kilomètres par jours. Comme pour n’importe quel pèlerin, ils s’étaient préparés minutieusement pour affronter ce défi et mieux supporter l’effort jusqu’à Saint-Jacques, rapporte le site El Español. Non contente de son expérience sur la route de Compostelle, Noelia de Mingo renouvelle l’expérience du pèlerinage en se rendant à Caravaca de la Cruz, un sanctuaire de la région de Murcie qui abriterait un morceau de la Vraie Croix. À l’issue de ces deux expériences, Noelia présente des signes manifestes de mieux-être, voire de guérison.

Le chemin de Saint-Jacques et les prisons espagnoles

Encouragés par les institutions pénitentiaires, les pèlerinages sur le chemin de Saint-Jacques de détenus espagnols sont aujourd’hui quotidiens. C’est le cas pour les prisons de Pampelune, Palencia, Soria, Madrid VII (Estrema), Ségovie et Brieva (Ávila), Lugo-Bonxo ou encore Palma de Majorque.

Aumônier du centre pénitencier de Majorque, Jaume Alemany part une fois par an pendant huit jours sur le chemin de Saint-Jacques depuis Sarriá accompagné de douze détenus. “Cette expérience est pour eux une marque de confiance à respecter. C’est un véritable tournant”, a-t-il déclaré au journal ABC. Il explique également qu’il ne s’agit pas simplement d’une activité récréative mais bien d’une étape faisant partie du processus de réinsertion : “Je ne souhaite pas y emmener les prisonniers les plus exemplaires. Il n’est pas question là d’une récompense mais d’une thérapie. Ce cheminement doit être fait avec ceux qui en ont le plus besoin ou susceptibles d’en tirer le meilleur profit”.

Le chemin de Saint-Jacques et la santé mentale

Les centres et collectifs liés à la santé mentale sont également nombreux à choisir d’intégrer le pèlerinage de Compostelle à leur programme de réinsertion sociale. La Confédération pour la santé mentale en Espagne, œuvrant dans ce sens depuis 2003, souhaite qu’il soit un moyen de “restaurer l’image des personnes victimes de maladies mentales en montrant leurs vraies capacités et réclamer un traitement complet”.

Le cas de la réinsertion de Noela de Mingo divise largement l’opinion publique. Personne ne doute cependant des bienfaits des pèlerinages, et plus particulièrement de celui vers Saint-Jacques, sur la santé mentale et la réinsertion sociale. Un chemin spirituel de dépassement et de rédemption qui aide de nombreuses personnes à retrouver une place dans la société.

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