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Pourquoi devenir prêtre en 2017 ?

Frère Emmanuel
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Le premier a été ordonné ce 24 juin. Le second le sera ce dimanche 2 juillet. Philippe Saudraix et Emmanuel Dumont expliquent comment ils ont répondu à l’appel du Seigneur.

Philippe a été fraîchement ordonné le 23 juin dernier à la cathédrale de Nanterre. À 36 ans, ce normalien se destinait plutôt à devenir professeur d’histoire. “Ma famille n’est pas du tout catholique, mes parents ne sont pas mariés à l’église” explique celui qui a rencontré le Christ sans le vouloir : “Je suis rentré dans une église par hasard, pendant la messe. J’ai entendu “Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri”. Cela m’a retourné !”

Cinq ans plus tard, le voilà baptisé : “Je ne voulais pas du tout devenir prêtre”. Mais la volonté de Dieu le rattrape seulement deux mois après.

À 30 ans, il entre au séminaire et part étudier les Écritures saintes en Italie. Une douche froide pour ses parents qui ne comprennent pas. “Cela ne s’est pas très bien passé, mais vous savez, il y a des familles pratiquantes chez qui l’acceptation de la vocation est aussi très compliquée !” relativise le père Philippe.

Père Philippe

Samedi dernier, ses parents étaient présents, dans les premiers rangs. “J’ai pu leur donner la paix du Christ” ; mais ils ne sont pas venus à sa première messe : “Cela ne m’a pas attristé. Je me suis plutôt réjoui de les voir présents à l’ordination.”

Emmanuel, lui, dira sa première messe en famille, à Saint-Brieuc. Un retour aux sources pour ce dominicain de 37 ans : “Je voulais rendre grâce pour ce que j’y ai reçu”.

Il sera ordonné prêtre le 2 juillet avec quatre autres frères, en la cathédrale de Notre-Dame de la Treille à Lille. Frère Emmanuel a déjà sept ans de vie religieuse derrière lui. “Pour les frères, le cœur de la vie religieuse, ce sont les voeux solennels.” Si certains frères dominicains ne sont pas ordonnés, frère Emmanuel a reçu l’appel au sacerdoce au sein de sa communauté. “Ce que ça change pour moi ? Je m’identifierai plus au Christ de la Croix, au Christ de la Cène…”

Frère Emmanuel a grandi dans une famille catholique. “D’une manière ou d’une autre, un tiers des catholiques se posent la question de la vocation religieuse. Je faisais partie de ce tiers ! Mais la question m’a poursuivie et j’ai fini par y répondre.”

Pourquoi avoir choisi les dominicains ? “J’étais attiré par la vie monastique, tout en restant sensible à l’urgence apostolique de l’Église. J’ai trouvé chez les dominicains cet équilibre entre vie de prière au chœur et vie active dans le monde, avec un intérêt pour la recherche intellectuelle”. Quand on lui demande s’il ne serait pas un peu stressé de célébrer la messe et devenir confesseur, il répond spontanément : “Complètement !”.

Prêtres en 2017, en paroisse ou en communauté, Emmanuel et Philippe sont pourtant de la même veine que les prêtres d’hier. Dans un don total, ils veulent annoncer la miséricorde de Dieu. Leur vocation est avant tout leur envoi dans le monde : à Évry ou à Rome en études, ils ne sont plus que des instruments du Bon Dieu. “L’amour de Dieu doit être annoncé au monde” : dans des chemins de vie différents, Emmanuel et Philippe n’ont désormais plus que cela à cœur.

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