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Comment surmonter sa honte d’avoir une phobie

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Quand une phobie sévit, il est facile de sentir que nous échouons non seulement psychologiquement, mais aussi dans notre vie spirituelle. Notre collègue américain, psychologue nous explique comment surmonter nos phobies.

Pour des millions de personnes, les phobies ne sont pas seulement source de peur mais aussi de honte. Si vous avez déjà été intensément effrayé d’être enfermé dans un endroit exigu, de rencontrer des chiens dans votre voisinage ou encore de prendre l’avion, ce n’est pas facile d’admettre à quel point cette phobie peut affecter votre vie.

Souvent, les enfants dissimulent moins leurs phobies, mais nous – jeunes, comme âgés – croyons que les phobies sont un signe de faiblesse ou d’un intellect compromis. Les chrétiens sont souvent élevés avec l’idée qu’ils ne devraient pas avoir peur car Dieu prendra soin d’eux. Alors lorsqu’une phobie sévit, il est facile de sentir qu’on échoue, non seulement psychologiquement, mais aussi dans sa vie spirituelle.

Les phobies touchent tout le monde

En réalité, les phobies sont très communes et touchent tous types de personnes. Certains qui soufrent de phobies, ont eu une expérience traumatique qui a précipitée cette peur de longue date. Mais dans mon travail en tant que psychologue, je constate que plusieurs personnes ont simplement eu une expérience désagréable ( pas forcément dangereuse ) qui a provoqué un mécanisme d’évitement d’une situation qui s’est transformée en peur panique. Si vous avez déjà été effrayé par un chien menaçant, il est facile de voir comment le fait d’éviter les chiens d’une façon générale est la réponse la plus sure et simple à cet évènement.

Par définition, une phobie est une peur extrême ou irrationnelle qui impacte, de manière significative, la vie d’un individu ou cause une détresse émotionnelle. A la différence des autres types d’anxiété ou de craintes raisonnables, une phobie est définie par quelques caractéristiques propres. Premièrement, elle est associée avec une réaction émotionnelle intense, pratiquement à chaque fois, qu’une situation ou un objet spécifique est rencontré. En second lieu, une personne ayant une phobie ira aux grands moyens pour éviter la cause de leur peur, même si elle entraîne des inconvénients importants ou des difficultés. Troisièmement, le degré de la peur elle-même est disproportionné par rapport au véritable danger qu’il existe.

Bien que les caractéristiques des phobies sont similaires entre elles, les types sont différents. Alors que certains peuvent avoir une peur intense de certaine expériences (comme être dans un ascenseur), d’autres peuvent avoir de vives réactions face à des animaux ou d’autres évènements environnementaux (tels que les tempêtes). Certaines personnes peuvent avoir la phobie d’être jugées négativement alors que d’autres peuvent s’inquiéter qu’ils auront une crise de panique au milieu d’une large foule et qu’ils ne seront pas capable de s’échapper. Quoi qu’il en soit, la peur est intense et pénible.

Pour surmonter les phobies, quelques approches sont régulièrement utilisées.  La plus commune est la technique d’exposition progressive qui encourage la désensibilisation systématique. Plus simplement dit, on enseigne aux personnes à créer une « hiérarchie des peurs » tout en les exposant graduellement à des situations de plus en plus difficiles, jusqu’à ce qu’elles atteignent les situations les plus redoutées ( par exemple caresser un chien).  Les techniques cognitivo-comportementales sont aussi souvent utilisées avec  des thérapies d’exposition où on apprend aux personnes des moyens d’apaisement (respiration profonde, relaxation progressive des muscles,  recensement des pensées) à utiliser au fur et à mesure qu’elles progressent dans la hiérarchie des peurs.

Les médicaments peuvent être utiles à certains moments pour réduire suffisamment le niveau d’anxiété, afin de pouvoir utiliser les techniques naturelles citées au dessus, mais ne sont pas une ligne de défense. Même l’exposition in-vitro ou l’exposition virtuelle, est utilisée lorsqu’une personne imagine être exposée à l’objet de la peur ou les circonstances, et les techniques d’utilisation pour développer une plus grande tranquillité. Néanmoins, les traitements les plus efficaces réclament toujours un certain degré d’exposition directe pour être efficace sur la longue durée.

Peu importe la technique que vous utilisez, et malgré vos désirs et intentions, la honte et la gêne que vous ressentez à propos d’une phobie peut vous laissez paralysé. Arrêtez vous une seconde sur les moments où vous vous êtes sentis seul dans votre lutte et avez eu peur qu’admettre aux autres que vous souffrez de votre phobie, vous ferait paraître comme faible, ou incompétent. C’est à ces moments que la vertu du courage devient important et que nous avons besoin de nous rappeler que même les plus grands saints étaient affectés par des moments de lâcheté et de découragement. Au final ils ne sont pas définis par ces luttes mais plutôt par leur persistance à aller de l’avant.

Il y a quelque chose d’autre que vous devriez savoir, un corps de recherche émergeant suggère que nous pourrions être responsable de la honte que nous ressentons. Des recherches ont prouvé que peu de gens indiquent qu’ils condamnerait les autres pour une réaction phobique (ou pour toute autre raison psychologique), mais croient que beaucoup d’autres les condamnent pour les mêmes raisons.

Il y a de potentiel facteurs dans les méthodes de recherches qui pourraient avoir affecté ses résultats. Néanmoins, il y a des preuves qui suggèrent que la gêne ou la honte qu’une personne ressent à propos d’une phobie – ou n’importe quel autre trouble psychologique – est plus un produit de notre propre conscience que le reflet de ce que les autres pensent de nous.

Même si, d’une certaine manière, ce peut être un message frustrant, je le vois comme un message d’espoir. Parce qu’en tant que psychologue, j’ai de multiples fois constaté que lorsque les gens sont authentiques, transparents et humbles concernant leurs problèmes, ils sont souvent surpris de voir à quel point les gens sont compréhensifs et les acceptent malgré leur vulnérabilité.

Tout le monde ne lutte pas contre une phobie, même s’il y en a beaucoup plus que ce que vous ne pouvez penser. Mais nous vivons tous avec des peurs, et nous nous ferions tous une faveur si nous si nous nous efforcions de reconnaître où est la peur et partions à la recherche de la réponse la plus efficace. À bien des égards, Franklin D. Roosevelt avait raison de dire ce qui suit : “premièrement, laissez moi affirmer ma conviction que la seule chose que nous avons à craindre est la peur elle-même – sans nom, iraisonnée, terreur  injustifiée, qui paralyse des efforts nécessaires pour convertir la retraite en avancée.”.

N’oubliez pas. Il a prononcé ces mots au milieu de la Grande Dépression, un moment durant lequel les gens avait beaucoup de peur. Malgré tout, il a reconnut ce que les études psychologiques ont révélé ; c’est à dire que seulement lorsque la retraite est tournée vers l’avancée nos peurs commencent à s’effacer. Et nous reconnaissons ce que notre foi a à dire : « quand tu as peur, n’oublie pas que je suis avec toi, quelque soit l’endroit ou que tu aille. »  [Joshua 1:9)

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