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Boue et feuilles de bananiers : les Philippins honorent saint Jean-Baptiste

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Lors du "Taong Putik", les Philippins se couvrent de boue et de feuilles de bananiers pour célébrer saint Jean Baptiste qui prêchait en peau de bête dans le désert.

Les Philippins — catholiques à 80% — vouent une dévotion particulière à saint Jean-Baptiste, dont la fête, le 24 juin, est l’occasion de grandes démonstrations populaires. Mais les plus fervents sont probablement les habitants de Biblicat, dans la commune d’Aliaga, à 100 km au nord de Manille. Les fidèles se couvrent de boue, puis de feuilles de bananiers, partant en procession et récoltant des aumônes sous forme de cierges, qui sont ensuite allumés sous la statue de Jean-Baptiste.

Ils honorent la pauvreté du dernier prophète

Pour célébrer la pauvreté de celui qui se nourrissait de miel sauvage et de crickets, vêtu d’une peau de bête, les “hommes de boue” convergent vers l’église au petit matin, pour la messe d’action de grâce, qui se tient aux premières lueurs du jour. Après la célébration eucharistique, la procession reprend, précédant la statue de saint Jean-Baptiste, portée par quatre des dévots boueux. Ils se lavent à la fin de cette marche avant de rejoindre leurs familles, pour la suite de la fête.

Rappel du baptême à coup de lance à incendie

La dévotion à celui qui baptisa le Christ, se manifeste dans tout l’archipel par des démonstrations festives, où les chrétiens s’arrosent copieusement, le 24 juin. À San Juan, au nord du pays, les pompiers participent à la manifestation en mettant à contribution leurs lances à incendie… Ces manifestations populaires ne sont pas sans rappeler la “fête de l’eau” des bouddhistes, qui au mois d’avril s’arrosent pour marquer la fin de la saison sèche. Mais la tradition spécifique des Mud people “hommes de boue” d’Aliaga n’a pas d’équivalent. Même son origine est obscure.

Deux interprétation d’une même fête

Selon une légende locale, les premiers habitants du village auraient apporté avec eux une image de saint Jean Baptiste, qui aurait chassé tous les serpents venimeux du site. D’où le nom de “Biblicat” qui vient du mot ilocano “biclat” pour “serpent”. Mais selon une autre interprétation, cette fête serait le rappel d’un évènement survenu pendant la seconde guerre mondiale. Des soldats japonais s’apprêtaient à exécuter tous les hommes du village, tandis que les femmes priaient saint Jean-Baptiste. Une averse diluvienne survint et les Japonais furent persuadés qu’il s’agissait d’un signe céleste et renoncèrent à l’exécution. De joie, les habitants se roulèrent dans la boue, se changeant en mud men et promirent de commémorer l’évènement chaque année.

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