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Wim Wenders : “La parole du Pape compte énormément”

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Le réalisateur des "Ailes du désir", président de l’Académie européenne du cinéma, prépare un film consacré au pape François. Il répond aux questions d’Aleteia.

Les œuvres de Wenders, de Paris, Texas (1984) à Si loin, si proche ! (1993) en passant par  des documentaires comme Buena Vista Social Club ont exercé et exercent toujours une influence majeure sur des millions de cinéphiles dans le monde. Même la nouvelle génération est concernée, comme l’hommage de Shakira au film Les Ailes du désir au début de sa dernière chanson.

Pour quelle raison ce réalisateur récompensé à Cannes, Venise ou encore aux British Academy Film Awards (BAFA) a-t-il eu l’idée de faire un film sur Jorge Mario Bergoglio, fondé sur des heures de tournage avec le Pape, grâce à l’intercession de Mgr Dario Viganò, préfet du Secrétariat pour la communication du Saint-Siège ?

Interrogé par Aleteia en marge du Festival de Cannes, le cinéaste a expliqué les raisons de sa démarche : “Je n’aurais jamais imaginé réaliser un film sur le pape François. Il ne s’agit pas d’une biographie, cela s’avèrerait inutile pour lui comme pour nous. Mais depuis le début de son pontificat sa parole compte énormément. Ses déclarations marquent les esprits, c’est un homme qui tient parole”.

Lors d’un entretien avec la presse organisé par la Diaconie de la Beauté à Cannes, Wenders a expliqué que la proposition de monseigneur Viganó avait été suivie d’un long entretien entre les deux hommes.

“J’ai finalement pris la décision de me concentrer sur les paroles du Pape en réalisant un film qui s’intitulera Le pape François – Un homme de confiance. Nous n’en sommes encore qu’à la réalisation, c’est pourquoi je ne peux en dire davantage pour le moment. Le film a pour objectif de donner à entendre ses mots, des mots qui comptent aujourd’hui dans une société où la communication est plus que jamais malmenée”.

Le film sera distribué dans le monde entier par Focus Features (groupe NBC Universal). Aucune date de sortie n’a pour le moment été annoncée.

La vocation du cinéaste

Quel est le secret pour réaliser un film “qui compte” ? À cette étape de la production, c’est la question qui se pose irrémédiablement lorsque l’on s’adresse à Wenders.

“Je peux répondre à la fois comme cinéaste et comme public”, a-t-il déclaré. “En tant que cinéaste il est impossible de programmer l’impact d’un film sur le gens. Il est très courant de sortir du cinéma déçus par un film sur lequel nous fondions de grandes attentes. À l’inverse, il peut nous arriver d’être chamboulés par un film qui nous paraissait insignifiant de prime abord. Nous ne pouvons donc pas prévoir les films qui comptent”.

“Mais parfois des miracles surviennent : un film cher à un réalisateur peut également finir par séduire le public. Dans ces moments-là le film appartient à tous : le public et le cinéaste mettent leurs sentiments à l’unisson”.

“Je crois que la seule chose qui compte c’est cette miraculeuse recherche commune de joie et de sens. Toucher le cœur du public au moment où il en a besoin. Et heureusement cela ne peut pas se prévoir. Heureusement, car l’industrie cinématographique ne produirait alors uniquement que des films qui comptent” a-t-il ajouté, arrachant un sourire à son auditoire.

“Un film qui compte est un petit miracle car il aide les gens à vivre mieux, à comprendre davantage comment poursuivre leur route. Cela devient une question complexe de nos jours. Lorsqu’un film nous marque, nous voyons les choses d’un autre œil. Ce sentiment nous habitera peut-être temporairement ou nous accompagnera toute notre vie. J’ai essayé de réaliser des films marquants. J’y suis parfois arrivé. Certains de mes films au lieu d’attirer les critiques, comme je l’avais imaginé, ont marqué les esprits. Cela est imprévisible”.

Wenders conçoit la vocation du cinéaste de cette manière : “Lorsqu’il réalise un film, le cinéaste cherche à comprendre ce qu’il y a au-delà des images, derrière les apparences. Il faut chercher le message caché. C’est l’un des rôles du cinéma, même si cela n’est pas toujours possible et qu’il n’est pas nécessaire de le faire systématiquement. Parfois cependant le septième art manifeste cette capacité à transcender la vie, la réalité, la beauté, la violence… Il permet de regarder derrière les apparences, de ne pas se limiter à la surface belle ou cruelle de l’image”.

Tags:
cinema
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