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Saint Josémaria Escriva : une vie pour l’œuvre de Dieu

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Fêté par l’Église le 26 juin, anniversaire de sa naissance au Ciel, le fondateur de l’Opus Dei fut un personnage décrié et combattu. Mais la vérité de sa vie éclate dans ce sobre récit entièrement mis à jour.

Jean Paul II l’avait qualifié de « saint de la vie ordinaire » en le canonisant, le 6 octobre 2002. Mais prenons garde à bien interpréter cette expression : en effet, la vie ordinaire, celle de tout un chacun, est toujours une aventure pleine de péripéties et, de la naissance à la mort, ne perd jamais sa dimension dramatique ou, si l’on préfère, dynamique (« drama » en grec signifie : action) ; quant à la sainteté, elle échappe toujours par quelque trait à « l’ordinaire » puisque l’Église la distingue et la donne en modèle. Quelle qu’en soit sa forme, la sainteté consiste à marcher « au pas de Dieu ».

La sainteté pour tous

Chacun à son rythme, certes ! Mais Josémaria Escrivá de Balaguer était un sprinter. Il avait 16 ans quand il répondit oui à sa vocation sacerdotale, 26 lorsqu’il fonda l’Opus Dei, le 2 octobre 1928. Et c’est encore en pleine action qu’il fut foudroyé par un infarctus à Rome, le 26 juin 1975. Il laissait derrière lui « l’œuvre » dont il disait qu’elle n’était pas la sienne mais celle de Dieu, et qui comptait déjà 60 000 membres, dont environ un millier de prêtres, répartis sur les cinq continents.

L’idée ou plutôt l’inspiration maîtresse reçue à Madrid par le jeune abbé Escrivá, c’est que la sainteté n’est pas réservée aux prêtres, religieux et religieuses, mais que les fidèles laïcs y sont eux aussi tous appelés, au sein de leurs occupations familiales et professionnelles et non malgré elles. Loin de s’en détourner pour vaquer à des œuvres pieuses, il s’agit de les accomplir parfaitement pour « convertir en vers héroïques la prose de chaque jour », car telle est l’œuvre que Dieu entend réaliser chez un laïc pour son propre salut et celui du monde. Si cette idée de l’apostolat des laïcs paraît banale aujourd’hui, c’est qu’elle s’est imposée comme une évidence au concile Vatican II dont Josémaria Escrivá de Balaguer fut l’un des précurseurs.

Simple instrument entre les mains de Dieu

Le plus fascinant dans cette biographie du fondateur de l’Opus Dei, c’est la détermination faite de renoncements et d’abandons héroïques à la volonté divine dont Josémaria Escrivá de Balaguer ne se départit jamais tout au long de sa vie. Les pages consacrées à sa traversée de l’effroyable guerre civile espagnole sont particulièrement éloquentes : comment a-t-il pu se soucier très concrètement, jour après jour, de l’avenir d’un mouvement à peine naissant et déjà controversé au sein de l’Église espagnole, alors que lui-même était devenu un proscrit et que sa famille, restée à Madrid, était en danger de mort comme tous ceux qui ne reniaient pas leur foi ? Ni la guerre civile, ni les passions républicaines et franquistes et autres embûches de la politique, ni les calomnies, ni une santé fragile due à un sévère diabète, ne sont venues à bout de la confiance du fondateur de l’Opus Dei dans l’avenir d’une œuvre dont il se savait simple instrument entre les mains de Dieu.

François Gondrand a vécu près du fondateur de l’Opus Dei. La biographie qui lui a consacré était déjà parue en huit langues. La voici remaniée et mise à jour grâce à de nouveaux documents et témoignages, dont les pièces des procès en béatification et canonisation. Pas de plaidoyer pro domo dans ce récit : rien que des faits, des actes, des paroles, des écrits, la meilleure des apologies !

Au pas de Dieu, Saint Josémaria Escriva fondateur de l’Opus Dei, François Gondrand, éditions Artège 432 pages, 22,50 euros.

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opus dei
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