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Elles ont choisi de travailler dans l’Église

© Ben White / Unsplash
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Vocation ou hasard de la vie ? À différents postes, dans diverses institutions, des femmes laïques s'appliquent dans un travail peu ordinaire... Témoignages.

Très nombreuses dans les postes de service, soit à la base de l’Église, les femmes se font de plus en plus rares lorsqu’on monte les échelons. Comment devient-on salariée de l’Église ? Travailler au sein de l’Église est-il un emploi comme un autre ? Quel est l’avenir des femmes au sein de l’Église ? Témoignages et éléments de réponse.

L’Église : vocation ou hasard de la vie ?

Travailler au sein de l’Église est souvent lié à une vie spirituelle, une foi profonde. Si vocation n’est pas tout à fait approprié, l’Église ne se met pas sur la route de tous. « Ce n’est jamais un hasard, pense Anne-Isabelle, mariée et mère de quatre enfants, qui travaille au service de la catéchèse à la maison diocésaine de Nanterre et qui collabore à l’écriture d’une lettre pour les enfants. Toutes les personnes qui travaillent au sein de l’Église ont une foi très forte, ils sont actifs dans l’Église. J’ai fait de la catéchèse pendant une dizaine d’années tout en écrivant des histoires pour les enfants et puis j’ai vu passer une annonce pour un poste de Responsable audiovisuel. Cela me permettait de travailler en équipe dans les deux domaines qui m’intéressent : la transmission de la foi et les enfants. »
Devenir salariée de l’Église, c’est aussi parfois un joli coup du destin. « Mon mari m’a fait part d’une petite annonce pour travailler au sein d’une congrégation de religieuses, raconte Sylvie, mariée et mère de deux enfants. Je ne suis pas hyper pratiquante et ma seule expérience avec les sœurs remonte à mon accouchement dans un hôpital catholique. Je me souviens de l’atmosphère, très sereine, de ce lieu. Travailler avec les sœurs, c’est un peu comme rendre visite tous les jours à mes tantes, c’est un emploi comme un autre dans un environnement bien particulier. »

Beaucoup de femmes dans un univers masculin

Avec une baisse significative du nombre de prêtres, les laïcs prennent de plus en plus part au fonctionnement de l’Église. À commencer par les femmes qui représentent trois quarts des laïcs ayant une lettre de mission dans les diocèses de France métropolitaine (source La Croix, mai 2015).
« L’Église est un monde d’hommes, confie Anne-Isabelle. Plus on monte en grade, plus l’environnement est masculin. Les postes de pouvoir sont davantage confiés à des hommes, les prêtres en sont le premier exemple. » La présence massive des femmes dans les postes de service et le fait de donner un pouvoir centralisé aux prêtres donne aussi une image très masculine de l’Église aux fidèles.
Les postes à responsabilité sont davantage destinés aux hommes alors que les femmes sont aujourd’hui compétentes et aptes à exercer des fonctions haut placées. « Beaucoup de femmes arrivent à l’Église très formées, elles sont plus difficiles à diriger, analyse Anne-Isabelle. Elles ont envie d’être respectées et ont les capacités d’un réel pouvoir. »

Un environnement bienveillant et enrichissant

Loin d’une recherche permanente de résultat, l’Église permet un cadre de travail où la bienveillance est souvent de mise. « En travaillant chez les sœurs, je me sens utile, raconte Sylvie. Elles relativisent beaucoup et elles ont une perception différente de la vie qui m’a permis de surmonter de nombreuses difficultés. Il y a toujours quelqu’un pour vous dire « merci » et cette reconnaissance au quotidien est très importante selon moi.»
Travailler au sein de l’Église apporte aussi une autre richesse. « Le principal salaire est invisible : c’est l’abondance des rencontres, l’humilité de certains, la profondeur des autres, témoigne Anne-Isabelle. On voit aussi l’Église se construire et c’est très intéressant. C’est une formation intense. Il suffit de passer une porte pour entendre des discussions riches, des témoignages captivants. »

Un travail avec une grosse part de bénévolat

« Il y a beaucoup de bénévolat dans l’Église, avec de nombreuses heures supplémentaires, se désole Anne-Isabelle. C’est pourquoi il y a très peu de jeunes en début de parcours… Et davantage de gens encore actifs avec de grands enfants à la maison. On travaille tard le soir ou le week-end, c’est un engagement de toute la famille. C’est donc un travail qu’on fait pendant quelques années (6 ans en moyenne) avant de retourner dans le monde « normal » du travail. Au bout d’un certain temps, on fatigue un peu. »

Un avenir plein de promesses pour les femmes

En plein mouvement, l’Église est en train d’évoluer. À la tête de ce changement, la volonté du pape François de défendre la place des femmes dans l’Église. Une impulsion nécessaire même si elle demande une prise de conscience générale pour une réelle évolution des mentalités. « Tout ça est forcément en train de changer et ce n’est pas sans problème, témoigne Anne-Isabelle. Le pape François pousse les femmes à être vraiment prises au sérieux. Il place aussi des femmes à des postes de pouvoir. Le changement s’opère doucement mais sûrement. » Lucide sur les failles de l’Eglise, Anne-Isabelle n’en oublie pas pour autant son attachement, plus fort et plus profond que le reste : « L’Église c’est comme une vieille famille : on râle beaucoup, on s’engueule parfois mais on ne se quitte pas ! »

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