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Lettre à Laura : “Je suis aussi passée par là, l’euthanasie n’est pas une réponse à ta dépression !”

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Dépressive et désespérée comme la jeune Belge au même âge, une Italienne dénonce le cynisme des médecins et prie pour que l’on explique à Laura le seul remède capable de la sauver : l’Amour de Dieu !

Milly Gualteroni est Italienne. Elle a aujourd’hui 58 ans. Mais à l’âge de 24 ans, elle se sentait comme
Laura, qui sera euthanasiée cet été : une jeune femme en bonne santé physique qui ne supportait plus sa vie et voulait mourir ! Après avoir lu l’histoire dramatique de la jeune Belge qui a fait le tour des médias du monde entier, elle a décidé de lui répondre en postant sa lettre sur le site italien 
tempi.it : "Moi aussi j’étais comme Laura, j’ai vécu ce qu’elle a vécu. Son histoire ne peut me laisser indifférente car si, à l’époque de mes 20 ans, il avait existé en Italie une loi comme celle qui est en vigueur en Belgique, je ne serais certainement plus ici pour le raconter", explique-t-elle. Et puis un jour le mystère de Dieu est entré dans sa vie et l’a délivrée…

Dépressive et désespérée comme Laura

Comme Laura, Milly a souffert pendant des années de
dépression endogène, maladie chronique caractérisée par une profonde modification des comportements, de l’humeur dans le sens de la tristesse, de la souffrance morale, la perte de l’estime de soi et le fort désir de disparaître. Et comme Laura, elle venait d’une enfance  difficile, marquée de violents traumatismes comme le suicide de son frère aîné, d’un tir de fusil dans la tête, et celui de son père, médecin, atteint d’un cancer, qui s’était jeté par la fenêtre de l’hôpital. Comme Laura, Milly a accumulé dépression sur dépression, lesquelles se sont transformées peu à peu en comportements suicidaires : "J’étais tombée dans un tel gouffre que j’ai eu trois fois la tentation d’en finir". L’Italienne vit un cauchemar que seuls des médicaments – aussi modernes que nocifs – et des thérapies psychologiques, permettront de tenir sous contrôle, mais seulement en apparence : "Pendant des années, j’ai vécu mon cauchemar derrière un masque impeccable, menant une vie apparemment équilibrée, (…) mais ma dépression était là et je portais en moi la conviction que mon existence était un échec", confie-t-elle aux lecteurs, mais surtout à Laura.

Dieu entre dans sa vie

Et puis, au moment où la dépression semblait prendre définitivement le dessus, voilà que le mystère de Dieu pénètre soudainement sa vie et la bouleverse : ce Dieu fait homme parmi les hommes que "j’avais supprimé comme on supprime un rabat-joie, dans la recherche du plaisir et du prestige. (…) Il s’est présenté à moi, avec violence, comme un Amour capable de me délivrer des liens qui m’empêchaient de regarder mon existence en face". Aujourd’hui, Milly a 58 ans et elle comprend Laura, se sent proche d’elle comme personne, mais en veut terriblement à ces trois médecins – dont l’un est membre d’une fameuse association pro euthanasie – qui ont décidé "qu’elle souffre de manière insupportable et doit pouvoir mourir". Elle se dit "horrifiée" par leur inconscience.

Contre le cynisme des médecins qui nuisent à leurs patients

À ces médecins, Milly rappelle les principes fondamentaux de leur profession, de la mission à laquelle ils sont appelés et qu’ils "ont l’air d’ignorer", comme bâtir et entretenir des relations médecins/patients qui "ne nuisent pas". Or, que font-ils ces médecins qui précipitent Laura dans la mort ? Ils nuisent ! "Mais ces professeurs ne savent-ils pas que le suicide est avant tout une tentative désespérée de communiquer ? Un cri de détresse pour exprimer un vide existentiel ? Un manque ou le désir de bâtir des relations authentiques avec soi-même et avec les autres ? Le besoin de panser de profondes blessures ?" Pour Milly, la réponse donnée à Laura – "il est juste que tu meurs" – relève du cynisme et ne fait que souligner l’extrême condition de solitude de Laura. Oui, Milly en veut énormément à ces médecins qui, "sous de faux sentiments de pitié, sont en fait des bourreaux".

 

Elle relève quatre contradictions dans leur récit : ils disent n’avoir aucun doute sur les capacités de Laura à prendre une telle décision. "Une personne équilibrée", disent-ils comme s’ils ignoraient que les personnes déprimées peuvent se cacher derrière un masque et se montrer lucides, d’une lucidité perverse qui prend le dessus sur l’esprit, quand la souffrance devient insupportable, si perverse que l’on est prêt à tout pour y mettre fin. Comme s’ils ignoraient que les idées suicidaires ont beau être cachées, elles sont toujours accompagnées d’un angoissant, obscur travail intérieur, dans lequel ni la liberté de conscience ni la liberté de choix n’a de place. Ces médecins, dénonce Milly, dérogent au premier des devoirs d’un adulte : éduquer ! Car face à une jeune fille de 24 ans qui dit : "Je veux mourir", la seule réponse qu’un adulte peut lui donner est "non".

 

Mais voilà, pour voir tout cela, il faudrait sortir de ce "scientisme matérialisme obtus" qui réduit la personne à son symptôme, ne donnant aucune signification à l’ampleur du mal, réduisant la souffrance à un simple résultat d’échanges biochimiques à l’intérieur du cerveau. 

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